Présentation

Droit des spectacles vivants (théâtre, opéra...)

Dimanche 18 septembre 2005

LE DROIT DU THEATRE :

Vous trouverez de très nombreuses informations juridiques sur les deux sites suivants:

Le site du Centre National du Théâtre: http://www.cnt.asso.fr/

Le site de la direction de la musique, de la danse du théâtre et des spectacles du ministère de la culture et de la communication : http://www.culture.gouv.fr/culture/dmdts/index-dmdts.htm

Par Théâtre Passion
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Jeudi 13 octobre 2005


RDDV présente son “action en faveur du théâtre”

Mercredi 5 octobre, le Ministre de la culture et de la communication a détaillé devant les représentants du théâtre public et privé une série de mesures et d’initiatives intitulée “action en faveur du théâtre” et qui s’articule autour de trois axes : l’ouverture, le rayonnement et la lisibilité.

Parmi les mesures annoncées liées à la formation, nous retiendrons notamment la création d’un diplôme d’État d’enseignement du théâtre (D.E.).

En ce qui concerne les aides à la production, le seuil d’engagement de l’État est porté à 10 000 € (20 000 € s’il s’agit de la création d’une œuvre nouvelle).

De nouveaux dispositifs voient également le jour en faveur des compagnies indépendantes. Citons une aide à la maquette de 5 000 € et un système de compagnonnage proposé aux jeunes artistes au sein de compagnies conventionnées.

Au chapitre du rayonnement du théâtre, Renaud Donnedieu de Vabres souhaite “renforcer les actions d’éducation artistique, valoriser le théâtre en amateur et encourager les nouvelles écritures d’aujourd’hui en favorisant leur production scénique et leur diffusion auprès du plus large public”.

A propos de la lisibilité, le Ministre envisage de clarifier les missions du réseau théâtral et les labellisations. Il s’agit de développer "une politique de contractualisation sur des bases plus dynamiques" avec l’ensembles des structures aidées, des compagnies conventionnées aux Théâtres Nationaux.

Ainsi, vis à vis des compagnies conventionnées, les conventions qui arrivent à échéance à partir de 2006 seront examinées au regard de la qualité artistique ainsi que des quatre critères suivants : volume d’activité, rayonnement territorial, dynamique en faveur de l’emploi, compagnonnage.

Dans le même esprit, le Ministre assigne à ses services d’étendre à toutes les scènes nationales, sans exception et dans les plus brefs délais, le processus de contractualisation sur quatre ans.

Le Ministre attribue à ces mesures les moyens nouveaux affectés au théâtre en 2006, et évalués à près de 7M€, répartis entre crédits centraux et déconcentrés.

Le mercredi 5 octobre 2005

COMMMUNIQUE

Le théâtre, art collectif par excellence, est aujourd’hui en pleine effervescence et la profession théâtrale est morcelée.
Soulignant la volonté de tous d’aboutir au 1er janvier 2006 à un système pérenne de soutien à l’emploi et d’indemnisation du chômage des artistes et des techniciens, le Ministre a pour premier objectif de renouer les fils du dialogue entre les artistes, les responsables de lieux de création ou de programmation, et les publics.
Parce que le théâtre est fort de sa diversité et de l’alliance entre les créateurs, les compagnies indépendantes, les structures institutionnelles et les lieux alternatifs, le Ministre a présenté un plan d’action qui repose sur trois axes :

1. L’ouverture
. Ouvrir et diversifier les voies d’accès aux métiers et à la transmission du théâtre
. Renforcer les modes d’expérimentation et de production entre les artistes et les lieux en créant notamment des dispositifs nouveaux en faveur des compagnies indépendantes.
Exemple : une aide à la maquette et un compagnonnage proposé aux jeunes artistes au sein des compagnies conventionnées

2. Le rayonnement
. Renforcer les actions d’éducation artistique et valoriser le théâtre en amateur
. Encourager les nouvelles écritures d’aujourd’hui en favorisant leur production scénique et leur diffusion auprès du plus large public
. Prolonger le « Temps des arts de la rue »
. Lancer une réflexion sur le théâtre jeune public
. Célébrer au coeur de la soixantième édition du Festival d’Avignon, le soixantième anniversaire de la décentralisation théâtrale

3. La lisibilité
. Clarifier les missions du réseau théâtral et les labellisations
. Renforcer la permanence artistique et créer des pôles de diffusion au sein des théâtres.
C’est à cet ensemble de mesures et d’initiatives que seront consacrés les moyens nouveaux affectés au théâtre en 2006, et évalués à près de 7M€, répartis entre crédits centraux et déconcentrés.
Le Ministre a également annoncé à la profession théâtrale l’organisation de trois rendez-vous publics qui jalonneront la saison 2005/2006 et qui ont pour objectif de multiplier les occasions de rencontres et d’échanges entre professionnels et publics :
. 27 mars : au Studio-Théâtre de la Comédie Française, autour de la création contemporaine
. 15 mai : au Théâtre National de Chaillot, sur la transmission et l’enseignement du théâtre
. 17 juillet : au coeur du Festival d’Avignon, pour un grand rassemblement de la communauté théâtrale.

DISCOURS DU MINISTRE

Discours de Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication,
prononcé lors de la conférence de presse sur l'action en faveur du théâtre
le mercredi 5 octobre 2005

Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,

 

Je suis très heureux de vous accueillir ici, rue de Valois, où le théâtre, art public par excellence, a toute sa place. Car vous le savez, c’est ici, dans ce salon des Maréchaux, que depuis mon arrivée au Ministère de la Culture et de la Communication, j’ai tenu à placer le spectacle vivant et toutes celles et ceux qui le font, au cœur de mon action. D’abord, en vous recevant tout au long de l’année, vous, artistes, représentants des collectivités, responsables de lieux, techniciens, permanents et intermittents du spectacle. Ensuite, en suscitant, pour la première fois dans l’histoire de la République, le premier débat parlementaire sur le spectacle vivant, à l’Assemblée et au Sénat, qui ne soit pas un débat seulement budgétaire.

J’ai présenté ici mon budget, il y a exactement une semaine. Un budget qui est l’instrument et l’expression d’une politique. Et cette politique est d’abord fondée sur une vision du rôle de l’art dans la cité, qui se décline en actions, que je vais maintenant vous présenter.

C’est aussi ici même que siège le conseil national des professions du spectacle, comme c’est ici que s’est tenue le 29 septembre une très importante réunion des partenaires sociaux, la seconde à regrouper au ministère de la culture et de la communication l’ensemble des organisations professionnelles et interprofessionnelles. Je ne laisserai pas des interventions isolées, qui n’ont rien à voir avec les enjeux professionnels du spectacle vivant, empêcher le dialogue entre les partenaires sociaux. J’ai toute confiance dans notre volonté commune d’aboutir à la mise en place d’un système pérenne de soutien à l’emploi et d’indemnisation du chômage des artistes et des techniciens au 1er janvier 2006.

Comme l’écrit joliment Robert Abirached dans le second tome de son ouvrage Le Théâtre et le Prince : « Le théâtre a gardé l’essentiel de son rayonnement, parce qu’il exige des regards en état d’alerte ».

Oui, le Ministère de la Culture et de la Communication, comme le Ministre que je suis, demeurent en état d’alerte permanent. Depuis dix-huit mois, vos questions, vos doutes, vos espoirs, comme les rapports des experts indépendants et les propositions de mon administration nourrissent ma réflexion et l’action que je veux mener au service du théâtre, car l’Etat est là, avec tous ses partenaires, pour servir l’art, et non pour s’en servir.

 

D’autant que le théâtre est un art collectif par excellence. Et s’il n’est guère de discours sur le théâtre, aujourd’hui, qui n’en déplore la crise, c’est un mot commode qui recouvre des points de vue très disparates. Pour ma part, j’ai fait le constat du morcellement de la profession théâtrale. C’est pourquoi je me suis fixé pour premier objectif de renouer les fils du dialogue entre les artistes, les responsables de lieux de création ou de programmation, et les publics.

Cet objectif est essentiel. Comme on l’a vu encore cet été, le théâtre, dans notre pays, est en pleine effervescence. Sa capacité à tendre un miroir à la collectivité et à nous interroger, avec une extraordinaire acuité, sur notre lien aux autres comme sur la complexité du monde, le rend incomparable, irréductible et précieux.

Notre théâtre fait preuve d’un incroyable dynamisme qui se mesure à la force du désir de la scène chez les jeunes, au foisonnement de ses équipes artistiques, à la diversité des techniques et des arts qu’il met en scène, à la variété de ses lieux de représentation, de la salle à l’espace public ou privé, à sa présence sur l’ensemble du territoire et à sa notoriété internationale, permettant un accès de plus en plus large au spectacle.

L’organisation du théâtre en France est unique. Elle est au cœur de « l’exception » française dans le domaine de la culture, qui fait école en Europe et dans le monde et que je préfère appeler diversité culturelle. C’est un mot, un concept, une ambition politique, qui se traduisent en actes et en actions et qui font, à une voix près, l’unanimité des pays du monde, comme j’ai pu le constater hier après-midi en plaidant à la tribune de la conférence générale de l’Unesco, réunie en ce moment même à Paris pour adopter la convention internationale sur la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques.

Alliance d’artistes individuels, de compagnies indépendantes, de structures institutionnelles ou de lieux alternatifs, notre organisation théâtrale tire ainsi sa force de sa diversité même.

Pourtant, encore récemment, à l’occasion d’une rencontre organisée rue de Valois avec les acteurs du Jeune Théâtre National, j’ai pu prendre la mesure des difficultés des artistes sortis des écoles qui peinent à voir leur travail appuyé par des lieux ou épaulé par leurs pairs.

Lors de nombreux rendez-vous, j’ai pris également conscience qu’il n’est pas toujours facile d’être jeune créateur, auteur dramatique ou compagnie indépendante. Et je sais qu’il est souvent douloureux, pour un directeur de théâtre, de devoir sans cesse arbitrer entre des propositions artistiques toujours plus nombreuses et riches, comme il est parfois complexe pour le public de s’ouvrir à la nouveauté et de trouver ses repères dans le foisonnement des spectacles à l’affiche.

J’ai donc décidé de multiplier les occasions de rencontres et d’échanges entre artistes, institutions et publics.

Je voudrais d’abord rappeler trois vérités simples qui me semblent parfois oubliées :

- Tout artiste de théâtre qui demande à être aidé ponctuellement ou régulièrement par l’Etat, souhaite, du même coup, nouer avec la population une relation particulière. Il signifie que, par son travail sur la langue ou les langages scéniques, il veut développer les sensibilités, éveiller les consciences et contribuer à une meilleure connaissance de soi, donc de l’autre.

- Tout lieu de théâtre qui bénéficie du soutien de l’Etat pour sa construction ou son activité reçoit, dans le même temps, une responsabilité nationale : celle d’accueillir dès leurs premiers pas, et tout au long de leur vie, des artistes soutenus par la collectivité. Il s’engage aussi à créer les conditions d’une riche rencontre entre ces artistes et la population de son territoire.

- Enfin, toute personne qui décide d’aller à la rencontre d’artistes de théâtre, dans un lieu de représentation théâtrale, choisit de rompre avec le repli sur soi et l’individualisme. En même temps qu’elle devient membre d’un public, elle s’affirme aussi comme pleinement citoyenne, c’est à dire partie prenante d’une communauté qui réfléchit à son destin. A ce titre, elle a aussi pour responsabilité de convaincre et de séduire ceux qui n’ont pas encore trouvé le chemin des salles de spectacles. En art, ce n’est pas la publicité mais le public qui crée le public.

C’est donc pour vous tous, auteurs, acteurs, metteurs en scène, compagnies de théâtre, de cirque ou de rue, aidés à un titre ou à un autre par le Ministère de la culture et de la communication ; c’est pour vous tous, théâtres nationaux, centres dramatiques nationaux, scènes nationales, scènes conventionnées et lieux subventionnés par l’Etat ; et c’est aussi pour vous tous, spectateurs sans qui le spectacle n’existe pas, que j’ai voulu ce « plan d’action en faveur du Théâtre ».

Pour vous relier davantage et pour que renaisse un esprit de curiosité réciproque, il nous faudra rassembler les énergies et associer, comme c’est déjà très souvent le cas, les partenaires naturels du service public de la culture que sont l’Etat et les collectivités territoriales. Il nous faudra aussi inventer de nouveaux dispositifs, dégager de nouveaux moyens, accepter certaines remises en cause.

Ce pari exigeant est au cœur de mon projet politique pour le théâtre, que je veux mettre en œuvre dès l’an prochain, et qui se décline selon trois axes, trois piliers :

- l’ouverture ;
- le rayonnement ;
- la lisibilité.

Et je vous fixe d’ores et déjà trois rendez-vous importants :

- le 27 mars, au Studio-Théâtre de la Comédie-Française, autour de la création contemporaine, de sa production et de sa diffusion ;
- le 15 mai, au Théâtre National de Chaillot, sur la transmission et l’enseignement du théâtre ;
- le 17 juillet, au cœur du Festival d’Avignon, pour interroger les politiques théâtrales publiques à l’occasion d’une journée consacrée au soixantième anniversaire de la décentralisation théâtrale.

Premier axe : l’ouverture

Vous m’avez très souvent entendu prononcer ce mot : c’est qu’il revêt pour moi une valeur symbolique et politique forte afin de décloisonner la culture et d’en étendre les territoires.

Dans le domaine du Théâtre, comme dans les autres, tout passe d’abord par la découverte et la formation.

- C’est ainsi que se concrétise enfin une initiative forte et indispensable : proposer aux jeunes, partout en France, une offre de découverte et d’enseignement du théâtre, au même titre que pour la musique et la danse. La réalisation d’un volet « théâtre » dans chacun des « schémas départementaux de développement des enseignements artistiques » qui seront produits à l’avenir, constitue une nouveauté et un enjeu importants, que l’Etat accompagne et accompagnera plus fortement encore dans les mois qui viennent.

- C’est ainsi également que sont organisées, au moment où je vous parle, les épreuves du premier Diplôme d’enseignement d’Etat du Théâtre, le D.E.

850 candidats de tous âges ont été admis à passer les épreuves précédant l’obtention de ce diplôme et je suis fier et ému de voir l’engouement qu’il suscite dès la première année de sa mise en place. J’ai d’ailleurs décidé de réunir le 15 mai 2006, au Théâtre national de Chaillot, l’ensemble des candidats reçus afin d’échanger avec eux sur le sens et l’importance qu’ils accordent à la sensibilisation et à la formation au Théâtre dans notre pays.

Je veux toutefois d’ores et déjà rappeler avec force, en réponse à certaines inquiétudes exprimées ici ou là, que ce diplôme ne conditionne en aucune manière l’accès à l’activité d’enseignement et qu’il ne saurait être exigé pour participer à des projets d'éducation artistique ou culturelle. En l’attente de la nouvelle session qui se déroulera en 2007, je resterai vigilant sur le respect des principes qui ont guidé la mise en place du D.E : valoriser, mais, en aucun cas, exclure. Et c’est en parallèle que j’engagerai, dès 2006, la nécessaire réflexion sur la mise en place d’un nouveau Certificat d’aptitude aux fonctions de professeur d’art dramatique.

- De la même manière, je veux redire solennellement devant vous que la création, en 2006, d’un diplôme national de comédien ne s’apparentera en aucune façon à la mise en place d’une quelconque carte professionnelle. Il y a un an, lors des entretiens sur le spectacle vivant de Saint-Denis, j’ai dit sous le chapiteau du cirque Fratellini qu’en ce qui me concerne je ne serai jamais partisan de cette carte: je le redis, un an après, rue de Valois.

Délivré en partenariat avec une Université, ce diplôme aura essentiellement pour vertu de ménager aux comédiens qui le possèdent une possible reconversion si leur carrière devait être interrompue. Utile, il ne sera pas un sésame pour la scène : le talent seul, et la persévérance, continueront de prévaloir. Et il en sera de même pour les futurs metteurs en scène, même si les expériences de l’Unité nomade ou du Théâtre National de Strasbourg montrent que ce qui traditionnellement ne s’apprend pas peut tout de même se transmettre.

- C’est pour mieux préparer au long parcours du métier d’acteur que les dispositifs d’insertion continuent d’être soutenus et analysés par le ministère de la culture et de la communication.

Ainsi, tout en demandant que les projets de formation en alternance ou ceux portés par des groupements d’employeurs soient étudiés et renforcés, je me félicite particulièrement des résultats de l’enquête coordonnée par le Jeune Théâtre National sur : le devenir professionnel des artistes issus des écoles signataires de la plateforme de l’enseignement supérieur pour la formation du comédien.

Cette enquête, qui sera très prochainement rendue publique, prouve que la formation favorise l’insertion, ce qu’il n’est pas inutile de rappeler à l’heure où la réflexion sur les métiers est intense.

- Je conclurai sur la formation, en rappelant que depuis la disparition de l’Association Nationale pour la Formation et l’Information Artistiques et Culturelles (Anfiac), la profession culturelle a vu éclore des dizaines de formations au métier de directeur d’établissement artistique et culturel. J’ai donc demandé à la Direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles (DMDTS) d’analyser l’offre existante et de présenter, dès le début de 2006, des hypothèses de structuration d’une offre nouvelle de formation continue, en parfaite adéquation avec les besoins et les réalités du secteur.

A ce très important volet de l’action de l’Etat consacrée à la formation théâtrale, il faut ajouter la perspective de créer un diplôme d’Etat d’enseignement du cirque, très attendu par le métier, qui pourrait être mis en place en 2006/2007. Et je n’oublie pas la Formation avancée itinérante aux arts de la rue, ouverte en 2005, dont les sortants présenteront leurs travaux de fin d’étude en 2007.

Ainsi, grâce à tous ceux - formateurs, élèves en voie de professionnalisation ou amateurs - qui transmettent ou reçoivent un savoir, la circulation des expériences et des sensibilités favorise l’ouverture, qui est mon objectif.

Mais cela ne suffit pas.

Je veux maintenant évoquer la deuxième partie de mon programme d’ouverture : mieux accompagner les compagnies indépendantes.

En 2005, sur 630 compagnies de théâtre aidées par l’Etat, 321 bénéficient d’un conventionnement et 309 ont reçu une aide à la production.

Ces équipes, aidées ponctuellement ou régulièrement, ne sont pourtant qu’une partie de toutes celles qui aspirent à recevoir un soutien du Ministère de la Culture et de la Communication : car rappelons-le, les compagnies indépendantes sont le levain du théâtre français.

Elles naissent spontanément, poussées par le désir de développer un projet artistique et parfois disparaissent, faute souvent de s’être convaincues elles-mêmes, ou d’avoir su convaincre les autres, de la nécessité de leur proposition.

L’Etat doit accompagner avec une attention redoublée ces aventures fragiles et essentielles, car c’est souvent à leur début que les fulgurances artistiques sont les plus fortes et les écueils les plus grands.

Pour autant, il n’est pas rare que de nombreuses équipes parviennent à inscrire leur activité dans la durée, tout en demeurant peu ou pas subventionnées.

Cinq innovations vont donc intervenir en 2006, dont le détail vous est présenté dans le dossier qui vous sera remis dans quelques minutes. Elles doivent permettre d’accompagner les premiers pas d’un artiste isolé, de mieux prendre en compte la réalité du travail des compagnies non conventionnées et de resserrer les liens avec les théâtres autour de projets expérimentaux.

1°) d’abord, donner plus de moyens aux compagnies pour créer et pour jouer : le plancher de l’aide à la production dramatique sera fixé à 10 000 €. Il sera même porté à 20 000 € pour les projets les plus ambitieux fondés sur la création d’une œuvre nouvelle, en particulier celle d’un auteur vivant.

Cette hausse est conçue pour que soit mieux pris en compte le temps de travail consacré à la création. Son entrée en vigueur se fera progressivement à partir de janvier 2006, car il faudra mobiliser des fonds nouveaux afin que le relèvement du plancher n’entraîne pas une baisse mécanique du nombre de projets aidés.

Par ailleurs, l’aide à la reprise sera encouragée, offrant aux équipes artistiques un cadre budgétaire qui leur permette d’organiser des tournées pour une deuxième exploitation de leurs spectacles.

2°) ensuite, instaurer une nouvelle aide, l’aide à la maquette pour les compagnies ou les artistes indépendants d’un montant fixe de 5000 € auxquels devront impérativement s’ajouter au moins 5000 € supplémentaires venus d’un théâtre ou d’un lieu partenaire.

En amont de l’aide à la production, cette aide sera souple et permettra à un artiste ou à une équipe artistique d’entrer en contact avec un lieu, autour d’une démarche d’expérimentation et de recherche.

Présentée devant des spectateurs, cette maquette reflètera, mieux que tout autre dispositif, la rencontre qui m’est particulièrement chère entre un artiste, un lieu et le public.

3°) en troisième lieu, valoriser les projets individuels : lorsqu’il ne lui est pas nécessaire de se doter immédiatement d’une compagnie, un artiste peut placer son projet à l’abri d’un producteur indépendant ou d’une structure. Désormais, ces « accompagnateurs » de projets pourront obtenir, à la demande de l’artiste, une aide à la production ou à la reprise.

Créer une compagnie devient alors un vrai choix artistique et pas simplement une obligation juridique.

4°) en quatrième lieu, proposer un compagnonnage aux jeunes artistes au sein d’une compagnie conventionnée : dans l’esprit de la rencontre et de l’ouverture, les compagnies qui bénéficient de moyens significatifs de l’Etat pourront accompagner les premiers pas d’un artiste plus jeune et le guider tout au long de la réalisation d’un premier spectacle. La transmission des savoirs et la mise à disposition des outils d’un côté, la disponibilité et la curiosité de l’autre, seront au cœur de la rencontre entre deux artistes, l’expérimenté et le novice. Les compagnonnages favorisant des périodes longue d’emploi seront particulièrement valorisés et suivis de moyens nouveaux.

Je demande à la DMDTS de proposer pour 2006 une nouvelle circulaire sur l’aide aux compagnies qui récapitulera ces évolutions.

5°) en cinquième lieu, valoriser les résidences d’artistes ou de compagnies : toutes les démarches favorisant la résidence d’une compagnie ou d’un artiste dans un lieu font l’objet d’une circulaire que j’adresserai prochainement aux Directeurs régionaux des affaires culturelles. Sans détailler les mesures qui y figurent, je tiens à dire ici mon attachement à tout ce qui contribue au partage de l’outil théâtre.

A ce titre, je suis particulièrement fier d’avoir confié au Théâtre national de l’Odéon, dont la salle historique du 6ème arrondissement de Paris rouvrira en avril prochain, le soin de programmer définitivement les ateliers Berthier. Georges Lavaudant, que je tiens à saluer, a pris en effet la décision de renouveler et d’amplifier en 2006 l’accueil de projets des écoles de théâtre, préfiguré cette année au mois de juin avec le Jeune Théâtre National. De plus, grâce à sa seconde salle, l’Odéon hébergera, outre la compagnie d’André Engel, un jeune artiste en résidence chargé auprès du directeur de missions artistiques et culturelles et accompagné dans une production personnelle. En plus du grand théâtre national qu’il était déjà, l’Odéon devient ainsi un lieu de professionnalisation des jeunes artistes.

Un soutien particulier sera également apporté aux compagnies qui s’associent pour un temps long à un territoire donné, sous forme d’une résidence-association.

Cette résidence-association fera l’objet d’un contrat sur deux ou trois années associant le ou les artistes, le lieu d’accueil, l’Etat et une ou plusieurs collectivités territoriales. Elle constitue ainsi, pour les compagnies, un nouveau mode d’accompagnement qui pourra s’articuler avec l’aide à la production ou le conventionnement proposés par le Ministère de la Culture et de la Communication.

L’ensemble de ces propositions, destinées à associer les artistes aux compagnies, les compagnies aux lieux, les lieux aux artistes ou les compagnies aux territoires doivent, elles aussi, améliorer la circulation des personnes et des œuvres et leur rencontre avec des spectateurs, partout où ils se trouvent.

Et cela, c’est aussi le sens du deuxième axe, du deuxième pilier sur lequel je m’appuie pour fixer l’action du Ministère de la Culture et de la Communication en faveur du théâtre : le rayonnement.


Deuxième axe : le rayonnement

Rayonner, c’est faire qu’il y ait du théâtre partout et pour tous.


- Cela passe d’abord par la présence du théâtre dans les établissements scolaires, à condition que soit préservé l’esprit du partenariat entre artistes et enseignants.

Sur l’éducation artistique, je serai ainsi amené à m’exprimer avec mon collègue Gilles de Robien, Ministre de l’Education nationale, lors d’une conférence de presse que nous tiendrons ensemble le mercredi 19 octobre, à l’école du Louvre. pour installer le Haut conseil pour l’éducation artistique et culturelle.

Puis nous nous rendrons en commun à Nantes, pour les « assises nationales de l’éducation artistique théâtre/spectacle vivant » organisées par l’Association nationale de recherche et d’action théâtrales (ANRAT) le samedi 12 novembre : une actualité chargée qui montre la détermination du Gouvernement à ne pas faiblir sur ce sujet essentiel pour le présent comme pour l’avenir.

- Cela passe ensuite par une nouvelle considération portée à ce que j’appellerai le théâtre en amateur et non le théâtre amateur. Lorsque j’aurai rappelé que cette pratique a concerné en 2003 près de 550 000 personnes, j’aurai justifié, s’il en était besoin, l’impérieuse nécessité pour l’Etat de travailler sur ce réseau de compagnies ou d’individus qui expriment une certaine idée du théâtre, partout en France.

Reconnaître et faire connaître les troupes ou compagnies d’amateurs est important, de même qu’il faut clarifier le cadre juridique régissant la présence des amateurs sur scène : un projet de loi est en cours d’élaboration dont le texte fait l’objet d’une large concertation, en vue de son examen au Parlement en 2006.

Rayonner, c’est faire aussi, et surtout, que tous les genres de théâtre soient représentés.

- Au premier rang de cette préoccupation, je place le soutien aux écritures et aux auteurs.
Quelle que soit la qualité de notre dispositif d’aides publiques en faveur de l’écriture et du montage des œuvres d’auteurs vivants, le sentiment demeure vif que le théâtre qui s’écrit au présent n’est pas assez joué ou tarde à l’être.

Le 16 janvier 2006, je réunirai les institutions qui travaillent à la connaissance et à la communication des œuvres dramatiques [SACD, Ecrivains associés du Théâtre, Centre national des écritures scéniques de la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, Aux nouvelles écritures théâtrales, Théâtre ouvert, Théâtre du Rond-Point, Mousson d’été, Théâtre de l’Est Parisien, Centre National du Théâtre, Centre National du Livre, A mots découverts] pour lancer des ponts entre elles et établir un catalogue précis des besoins et des manques. J’étudierai toutes les suggestions et je ne m’interdirai aucune initiative pour renforcer la présence du théâtre vivant sur les scènes de France.

D’ores et déjà, j’ai demandé à la SACD d’étudier des modalités de rapprochement entre les aides à la création dramatique de l’Etat et son nouveau fonds d’aide à la création. Par ailleurs, comme vous le savez, j’ai lancé cette année un premier « Grand prix de littérature dramatique », destiné à valoriser le texte de théâtre édité. Ce prix sera naturellement reconduit en 2006, toujours sous l’égide d’Aneth, et élargi aux textes édités francophones.

Mais le plus essentiel à mes yeux consiste à rapprocher l’écriture du plateau, c’est à dire à favoriser le montage des textes d’auteurs vivants.

Je l’ai dit, le plancher des aides à la production des compagnies indépendantes sera rehaussé à 20 000 € pour doter de manière significative les spectacles les plus ambitieux tirés d’œuvres nouvelles. Je veillerai à ce que les résidences ou les aides à la maquette profitent aux auteurs vivants. Et dans le cadre de la refonte du contrat de décentralisation dramatique, la présence ou la part significative de créations d’auteurs vivants au sein des centres dramatiques nationaux sera accrue.

Constatant enfin que les rencontres avec les auteurs, pourtant nombreuses et chaleureuses - j’étais moi-même au mois d’août à Pont-à-Mousson et j’ai pu constater la qualité du travail effectué par Michel Didym et son équipe - ne produisent pas toujours l’effet escompté auprès des compagnies et des programmateurs, j’ai décidé d’inviter personnellement le réseau théâtral français à la manifestation « premières lignes », organisée par la DMDTS au Studio-Théâtre de la Comédie française.

Je vous donne donc rendez-vous, du 21 au 26 mars prochain, pour entendre des textes écrits ou traduits avec l’aide de l’Etat. Et le 27 mars, au Studio-Théâtre de la Comédie Française, je réunirai les professionnels de la production et de la diffusion pour réfléchir avec eux sur les suites à donner à cette manifestation. Je convierai également la presse à ce rendez-vous, car votre rôle, Mesdames et Messieurs les journalistes, est essentiel, pour soutenir et faire connaître les œuvres d’aujourd’hui. Je souhaite en effet qu’il ne se passe pas trois ans, comme c’est trop souvent le cas, avant que les textes lus soient transformés en spectacle sur l’une de nos scènes ou dans l’un de nos théâtres nationaux !

Pour autant, je voudrais qu’on n’oublie pas que le théâtre d’aujourd’hui, c’est aussi, pour reprendre une formule du Théâtre 95 de Cergy-Pontoise, celui des « contemporains de leur temps ». Je serai donc attentif à ce que la priorité accordée aux auteurs vivants ne prive pas le public de la nécessaire confrontation avec les œuvres de notre patrimoine théâtral. Pour les jeunes et les moins jeunes, la langue de Molière, de Racine, de Corneille ou de Marivaux doit encore résonner dans tous les lieux possibles.

Et c’est pourquoi, je veux redire ici que, dans mon esprit, aucun lieu ne doit être interdit au théâtre, qu’il soit classique ou contemporain. Notre patrimoine doit être ouvert à toutes les créations, à toutes les expressions artistiques. Je réfléchis à multiplier les occasions de mêler patrimoine et création et je vais constituer un groupe de travail avec le centre des monuments nationaux, comme je l’ai fait pour le cinéma, afin d’étudier les conditions d’une diffusion accrue de l’art dramatique dans des lieux du patrimoine où d’ordinaire il n’est pas présent.

- Vous ne vous étonnerez pas, dès lors, que je continue d’accorder une attention particulière au théâtre qui s’écrit et s’inscrit dans l’espace public. Je veux simplement rappeler ici mon engagement de construire en trois ans une active politique de soutien aux arts de la rue. Le Temps des Arts de la rue, que j’ai lancé à Marseille le 3 février dernier, court toujours et s’affirmera, je le redis, dans la durée. Il se poursuivra donc tout naturellement en 2006 avec des mesures nouvelles et des actions élargies, décrites dans le dossier de presse.

- En parallèle, je ne laisserai pas l’année des Arts du cirque sans suite et je demanderai à la DMDTS, en concertation avec les collectivités territoriales, de dresser un bilan des chantiers en cours ou abandonnés et d’estimer ceux qu’il faut ouvrir ou prolonger. Je pense en particulier à l’accueil des chapiteaux en centre ville, une question qui préoccupe aussi bien le cirque traditionnel que le nouveau cirque. Je pense aussi à la place forte et singulière qui sera accordée au Cirque ou aux Arts de la rue dans la programmation du Grand Palais : l’installation des machines de François Delarozière, dans le cadre de Paris Quartiers d’été 2006, ou un projet avec les Arts Sauts, qui me tient très à cœur, sont déjà au programme.

- Je souhaite, pour conclure, qu’un éclairage particulier soit apporté au théâtre pour le jeune public. Les questions que pose la perception par l’enfant du texte, de la scène et des artistes sont à revisiter. Le réseau artistique français est riche en lieux, festivals et troupes dont l’activité principale ou ponctuelle est tournée vers les petits et les adolescents.

J’aimerais qu’un grand colloque se prépare pour la fin de l’année 2006, à l’image de ceux qui sont organisés au Théâtre du Rond-Point sur les arts de la parole.

Sur ce sujet primordial, le temps est venu en effet de mettre en œuvre une évaluation régulière des conditions économiques et professionnelles qui président à l’élaboration et à la diffusion de l’offre de spectacles vivants à la jeunesse.

Et je souhaite que ne soient pas oubliés, dans la réflexion, les Arts de la marionnette, trop souvent associés dans l’esprit du public au seul théâtre pour les enfants.

Une telle observation nous permettra de reprendre un dialogue constructif avec l’un des secteurs les plus dynamiques et à la fois méconnus de la création contemporaine.

J’en viens maintenant au dernier point de ce qui constitue pour moi le rayonnement, et que j’appellerai, pour filer la métaphore scientifique, la « nécessité du laboratoire ».

- Un art qui ne cherche pas est un art mort. Le théâtre, pas plus qu’un autre, ne peut se croire sauf, s’il n’interroge pas sans cesse sa propre existence. Parmi les sujets qui le taraudent, il y a son rapport à l’image, aux nouvelles technologies, et aux autres disciplines artistiques. Je ne souhaite pas devant vous développer ces thèmes qui mériteraient d’autres espaces et d’autres moments.

- Cependant, je veux d’abord vous donner rendez-vous le 10 octobre, au Théâtre de la Madeleine à Paris, où j’aurai l’occasion de conclure une journée consacrée aux rapports entre théâtre public et théâtre privé. Je rappellerai alors l’attachement que je porte à ces deux secteurs complémentaires pour le public et, de plus en plus, pour les artistes. Et je redirai combien je tiens à ce moment précieux des Molières qui fêteront en 2006, avec une image rénovée, leur vingtième anniversaire.

- Je veux aussi vous confirmer toute l’importance que revêt à mes yeux la place du spectacle vivant, et notamment celle du théâtre, à la télévision. Au delà de la signature du contrat d’objectifs et de moyens du groupe France-Télévisions, c’est toute la réflexion en amont sur la forme et les modalités de la captation du théâtre qui est lancée. Et avec elle la conquête de nouveaux publics, ceux de demain !

Je veux enfin vous informer de ma décision de fêter un très important et très émouvant anniversaire : celui de la décentralisation théâtrale.
C’est en 1946 que fut conçu le premier centre dramatique national, la Comédie de l’Est.

J’ai donc choisi de célébrer le soixantième anniversaire de la décentralisation théâtrale, à Avignon, au cœur des manifestations que la direction artistique organisera pour la soixantième édition du Festival.

Un aller-retour avec l’histoire sera proposé au public, dans un lieu mythique du Festival, au cours d’une longue journée de midi à minuit, le lundi 17 juillet. Je souhaite qu’à cette occasion la communauté artistique se trouve rassemblée dans toute sa diversité. Acteurs, auteurs, metteurs en scène, connus ou non, feront vivre des textes d’aujourd’hui, et des textes de notre patrimoine, pour célébrer le théâtre.

Pour préparer ce moment, qui concerne l’art théâtral autant que la politique culturelle, un comité de pilotage sera mis en place dès le mois prochain, sous la présidence d’honneur de Gabriel Monnet qui a bien voulu accepter ma proposition. Organisé autour d’un coordonnateur, il sera formé d’un conseil d’artistes, d’un conseil de scientifiques et d’un conseil d’observateurs avec qui les contacts sont d’ores et déjà avancés.

J’attache la plus haute importance à cette manifestation qui marque le démarrage d’un chantier qui s’achèvera en 2009, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la naissance de ce ministère.

D’ici là en effet, plus attaché à l’ouverture qu’il ne l’était, rayonnant davantage, le ministère aura aussi travaillé à rendre sa politique plus lisible.

Troisième axe : la lisibilité

Camus le dit : « Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde ». Il faut donc rendre plus lisible l’action de l’Etat en précisant pourquoi il s’engage dans des conventions avec des compagnies et pourquoi il se lie par des contrats avec des lieux du réseau théâtral.

- Pour les compagnies dramatiques, la convention est devenue au fil des ans un gage de talent et la preuve d’une progression sur les barreaux de l’échelle sociale. Or, il ne s’agit pas bien évidemment pas de cela, mais d’un contrat passé entre une équipe artistique et l’Etat dans un but précis.

A l’occasion du réexamen d’une convention en vue de son éventuel renouvellement, chaque Direction régionale des affaires culturelles sera ainsi amenée à partir de 2006 à réexaminer le lien qui l’unit à chaque compagnie au regard de sa qualité artistique ainsi que des quatre critères suivants :

- le volume d’activité,
- le rayonnement territorial,
- le dynamisme en faveur de l’emploi,
- le compagnonnage.

Les prochaines conventions conclues avec les compagnies indépendantes intégreront donc, en plus de l’évaluation de la qualité artistique, des objectifs évaluables dans ces domaines.


- Pour les lieux, le travail est un peu plus complexe. 300 théâtres environ, sur les 900 que comporte le pays, bénéficient d’une aide financière de l’Etat, qui a noué avec eux des liens particuliers sur des modes différents. Tout au long de notre histoire se sont ainsi créés 5 théâtres nationaux, 30 centres dramatiques nationaux, 6 centres dramatiques régionaux, 1 centre dramatique national en préfiguration, 2 établissements assimilés centre dramatique, 2 centres de production jeune public, 70 scènes nationales, 76 scènes conventionnées et de nombreux théâtres sans label comme à Paris le Rond-Point, la Cité Internationale, la Bastille, ou encore à Toulouse le Théâtre Garonne, par exemple. Des institutions, auxquelles il faut ajouter des pôles pour les arts du cirque ou les récents centres nationaux de production des arts de la rue dont le nom évoluera sans doute prochainement.

Alors je veux le dire solennellement aux professionnels et aux observateurs qui s’interrogent et débattent depuis de longs mois sur la question des noms : chacun des théâtres soutenus par l’Etat relève pour moi d’une seule et symbolique appellation, celle de « Théâtre que l’Etat reconnaît ».

Et cette reconnaissance entraîne des droits et des devoirs réciproques, différents selon les lieux, qu’il s’agit aujourd’hui de redéfinir avec méthode et, parfois, avec courage.

C’est pourquoi, je propose d’abord de clarifier deux fonctions essentielles que ces théâtres remplissent ensemble ou séparément : la production et la diffusion d’une part, la programmation et l’action culturelle de l’autre.

La Production suppose des moyens financiers pour payer les répétitions, pour financer - ou mieux encore pour réaliser - la construction des décors, la fabrication des costumes, la création des lumières et pour acheter les premières représentations du spectacle ; elle suppose des lieux de répétition adaptés au projet, des lieux de travail et d’hébergement pour les artistes et techniciens et une véritable disponibilité des équipes permanentes du lieu à son égard.

De même, étroitement liée à la production, la question de la permanence artistique se pose dans les théâtres nationaux et les centres dramatiques nationaux, car elle favorise sur un territoire une relation étroite et personnalisée entre des artistes et la population, permet de démultiplier les collaborations avec les équipes indépendantes, ouvre une réflexion sur le répertoire, et renforce les liens entre la création, les tournées et les actions culturelles ou d’éducation artistique.

J’ai lancé la mise à l’étude des conditions d’un renforcement de la permanence artistique, car sa mise en œuvre ne dépend pas exclusivement de l’accroissement de moyens financiers. L’adaptation physique du lieu à la présence d’un auteur, d’un groupe d’acteurs ou d’un ou plusieurs créateurs du plateau, le choix des œuvres qui justifient leur engagement, la durée et la nature du contrat qu’il faut signer avec eux, font également partie de la réflexion lancée en étroite concertation avec l’Etat et les collectivités territoriales, comme c’est déjà le cas notamment à Saint-Etienne, Nice ou Valence. Dès 2006, de nouvelles expériences de permanence seront ainsi menées. Elles seront dotées de moyens nouveaux.

Corollaire de la production, la circulation des œuvres constitue à l’évidence le maillon faible de la chaîne du spectacle vivant. C’est à elle qu’il faut accorder la plus grande attention en aidant les lieux qui le souhaitent à structurer de véritables « pôles de diffusion », composés de personnels formés, dotés d’outils techniques de recensement et de connaissance des réseaux, aptes à se déplacer en France, en Europe ou au-delà de nos frontières, pour trouver et sensibiliser des lieux à la coproduction, au préachat ou à l’accueil de leurs spectacles.

Des personnels capables enfin d’être à l’écoute des équipes indépendantes situées sur leur territoire et d’accompagner l’organisation de leur tournée dans ou hors de l’institution. Je pense par exemple aux salles polyvalentes en zone rurale ou dans les quartiers, aux friches, aux lieux du patrimoine, aux entreprises dotées d’une salle de spectacle, mais aussi aux prisons, aux hôpitaux.

La constitution de ces pôles de diffusion pourra être proposée à l’occasion de la signature ou de la prolongation du contrat liant un théâtre à l’Etat. Une évaluation des besoins du lieu sera réalisée, en partenariat avec l’Office national de diffusion artistique à qui je souhaite confier, en plus de son remarquable travail d’accompagnateur de projets, une véritable mission « d’expert de la diffusion » au service des théâtres, menée en liaison avec les DRAC.

La Programmation, enfin, exige un vrai savoir-faire dans le domaine, essentiel, de la médiation, c’est-à-dire une attention portée à toutes les formes d’action culturelle favorisant la rencontre entre le spectacle et toutes les catégories de public ; elle suppose la pratique, affirmée, d’achat de représentations en série, la pluridisciplinarité des choix, l’attention spécifique portée aux spectacles pour le jeune public ainsi qu’aux formes lourdes et innovantes (troupes, textes d’auteurs vivants, théâtre de rue, cirque, arts mêlés) par nature plus déficitaires que les autres.

Pourtant, ce travail de présentation réfléchie et accompagnée des œuvres à des spectateurs qu’il faut sans cesse conquérir, est paradoxalement considéré comme moins noble que celui favorisant la création ou la diffusion. Dans le domaine théâtral, la politique de conventionnement sera donc menée en priorité avec les lieux animés d’un véritable souci d’élargissement des publics, de mise en œuvre de projets artistiques dans les lieux dits de l’exclusion, d’ouverture aux formes esthétiques les moins représentées sur les scènes françaises, ou d’accueil d’artistes européens ou venus des pays francophones.

Ainsi, qu’un théâtre soit lié à l’Etat par une convention, par un contrat de décentralisation dramatique, par un contrat d’objectif, par un statut d’établissement public ou par un simple financement, il doit, parce qu’il engage d’une certaine manière l’argent public et donc l’Etat, produire et diffuser, programmer et conquérir de nouveaux publics. Il doit aussi, j’y insiste, assurer l’emploi d’artistes et de techniciens, dans des conditions exemplaires. Je sais que mes services, DMDTS et DRAC, y veilleront tout particulièrement.

Cette clarification établie, viendra alors une seconde étape : celle de la réévaluation du réseau théâtral français.

Il s’agira de vérifier la pertinence de chaque label qui, je le rappelle, chacun à sa façon, favorise la reconnaissance d’un théâtre par l’Etat. D’ores et déjà, par exemple, une refonte du contrat de décentralisation dramatique sera très prochainement soumise aux directeurs de centres dramatiques nationaux, intégrant notamment la rédaction d’un projet d’établissement, tel qu’il a été expérimenté à Dijon, un appel à candidature public rendant plus transparents les renouvellements de direction et une durée du mandat plus clairement établie.

De la même manière, les labels « scène nationale » ou « scène conventionnée » seront-ils précisés non seulement au regard de leurs missions respectives, déjà fixées par circulaire, mais aussi en fonction de la capacité des lieux qui en sont dotés de respecter au mieux leur cahier des charges.

C’est ainsi que la décision de nommer « scène nationale », « scène conventionnée » ou même « centre dramatique national » de nouveaux établissements comme, à l’inverse, celle de reconsidérer la légitimité de l’une ou l’autre de ces dénominations, sera-t-elle prise après une évaluation précise du lieu, en tenant compte également d’un nécessaire équilibre de leur répartition sur le territoire national. Partout où cela se justifie, la possibilité d’associer un artiste à la codirection d’un théâtre sera également examinée et valorisée.

A l’image de l’art du théâtre, en constante évolution, l’institution théâtrale ne saurait rester figée. Pas plus que ne devra rester figé le Ministère de la Culture et de la Communication.
La lisibilité de son action passe aussi par un regard critique sur sa propre organisation et sur ses propres procédures.

Ainsi que je l’ai indiqué à Strasbourg, lors de ma conférence de presse consacrée à la musique puis mercredi dernier, ici même, lors de la présentation du budget de la culture et de la communication, j’ai donc décidé de lancer une réforme de la Direction de la Musique, de la Danse, du Théâtre et des Spectacles.

J’ai confié à l’inspection générale de l’administration de la culture, en plein accord avec Jérôme Bouët qui participe activement à la réflexion, une mission d’analyse du fonctionnement de la DMDTS conduite par Madame Anne Chiffert et Monsieur Dominique Chavigny. J’attends leur rapport et leurs propositions avant la fin de l’année. Les professionnels du spectacle, dans toutes les disciplines seront largement associés à cette réflexion afin qu’elle aboutisse à une réforme que je souhaite mettre en œuvre avant la fin du premier semestre 2006.

Je souhaite enfin que des conclusions opérationnelles soient tirées du rapport que m’a remis Emmanuel Wallon sur les centres de ressources du spectacle vivant. Et que soient inventés des outils d’expertise statistique mieux partagés entre les professionnels, les DRAC et la DMDTS.

Enfin, je tiens à vous indiquer que parmi les 22 millions d’euros de mesures nouvelles affectées en 2006 au spectacle vivant, près de 7 millions d’euros iront au théâtre. Jérôme Bouët me rendra à la mi-novembre ses propositions d’arbitrage sur la part des crédits qui seront gérés en centrale et ceux qui seront déconcentrés dans les DRAC. Et je veillerai personnellement à ce que les initiatives annoncées se traduisent dans le quotidien des artistes, des lieux et du public.

Je veux pour conclure vous dire un mot de l’Europe et des réseaux de diffusion que nous allons développer dans les mois et les années à venir, afin que l’ouverture, le rayonnement et la lisibilité dépassent nos frontières et permettent à nos œuvres et à nos artistes de circuler au sein de l’Europe. C’est dans cet esprit, celui de la construction d’une Europe très concrète, celle des projets artistiques, que j’ai proposé la création d’un groupe de coopération sur le théâtre qui pourra notamment mobiliser des moyens pour le surtitrage.

J’ai dit, en commençant, que le théâtre, art du texte, du corps, du sens et du geste, exige de nous des regards en état d’alerte. Il est vrai que le théâtre, c’est étymologiquement le lieu d’où l’on voit. Continuons à voir et à agir ensemble, au-delà de nos frontières, au-delà de nos murs, au-delà de tous les cloisonnements, au-delà de nous-mêmes, pour assurer dans notre société, dans notre cité, dans notre vie, la présence renouvelée et si nécessaire du théâtre.

Je vous remercie.

Par Ministre de la culture
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Jeudi 13 octobre 2005

Création, diffusion et public : l’Île de France, laboratoire paradoxal du spectacle vivant

Interview de Jean Claude Pompougnac, Directeur d’Arcadi, réalisé par Gilles DUMONT de Webthea le 6 octobre 2005 :

La création d’Arcadi, il y a un peu plus d’un an et demi, s’est accompagnée d’une réflexion sur les objectifs de ce nouvel établissement. Quelle est aujourd’hui la politique régionale de l’Île-de-France en matière de spectacle vivant ?

La politique régionale pour le spectacle vivant ne passe pas exclusivement par Arcadi. À l’issue des dernières élections régionales qui sont intervenues quelques mois après la création d’Arcadi début 2004, l’exécutif régional a très vite décidé de développer une politique spécifique conduite directement à partir des services de la Région. Cela nous a conduit à affiner le projet original d’Arcadi.

Aujourd’hui Arcadi a trois grands objectifs. Un premier objectif est de proposer aux équipes artistiques professionnelles des services d’information, de conseil et d’orientation. À cet effet, nous venons d’ouvrir un Relais information et conseil.

Le deuxième objectif, qui reprend les activités de Thécif et d’Ifob, est un programme d’aide à la création et la diffusion dans le domaine du spectacle vivant. Arcadi intervient en tant que coproducteur. Ce choix de coproduire les spectacles nous donne immédiatement une responsabilité quant à leur diffusion sur le territoire francilien ce qui peut signifier ensuite une diffusion sur le territoire national. La création et la diffusion sont intimement liées. Concernant le théâtre, nous recevons environ 180 demandes d’aide à la production chaque année et nous avons les moyens d’en aider une quarantaine. C’est justement parce que nous sommes limités dans les moyens que nous pouvons mobiliser dans l’aide à la création et à la diffusion que le Relais information et conseil est ouvert à tous. C’est une juste contrepartie du caractère sélectif de tout dispositif d’aide à la création.

Le troisième objectif consiste à la fois à développer des outils de connaissance de l’environnement social, économique, géographique dans lequel se déploie l’activité artistique et culturelle. Par exemple, nous venons de lancer une enquête sur les besoins des compagnies de théâtre en Ile-de-France et avons donc envoyé un questionnaire à 1500 compagnies de la région. Il est indispensable de mieux les connaître et d’identifier précisément leurs besoins. Dans notre contribution à l’observation culturelle, nous portons un regard plus attentif à l’innovation. Nous souhaitons nous intéresser de manière privilégiée aux personnes qui expérimentent de nouveaux rapports entre les créateurs et les populations, à la présence artistique dans le champ social, dans les quartiers comme dans de nouveaux territoires. Ces services mutualisés offerts aux équipes artistiques se développeront au fur et à mesure. Nous allons ainsi proposer un répertoire en temps réel des lieux de travail et de répétition disponibles pour les compagnies.

La société évolue et la décentralisation se poursuit. Les politiques et les missions des régions en matière culturelle sont-elles aussi en train d’évoluer ?

En effet, elles évoluent sur la base d’un vieux principe républicain qui est la libre administration des collectivités, en particulier dans les domaines où il n’y a pas de blocs de compétences clairement identifiés par la loi ou par l’organisation administrative. La tradition en France, en ce qui concerne le spectacle vivant, est que chacun - Etat, région, département, commune ou intercommunalité - est libre de développer, ou pas, ses responsabilités, d’être très timide ou très offensif.

À l’heure actuelle, nous voyons les régions s’engager de manière significative et poursuivre le développement de ce qui existait déjà. Mais il y a toujours cette question liée à la clarification des responsabilités des uns et des autres qui reste posée.

C’est pourquoi le choix de création d’un EPCC (Établissement Public de Coopération Culturelle) par la Région Île-de-France avec comme partenaire l’Etat, en l’occurence la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles), est en principe assez prometteur. Cela permettra de trouver des solutions adaptées à la région en coopération avec l’Etat, dans le cadre d’un véritable dialogue. Je dis “en principe” car en réalité nous en sommes au tout début.

Dans les autres régions, les logiques de développement sont très différentes d’un territoire à l’autre. Il y a notamment une réelle difficulté à choisir entre aider les lieux ou aider les équipes artistiques. Les deux sont légitimes, mais cela ne résout pas la question de la circulation nationale des œuvres et des projets, et c’est cela le vrai problème. Il ne sert à rien d’additionner des politiques régionales. La création artistique n’a pas de frontière administrative : quand un spectacle est intéressant, il n’a pas vocation à être enfermé dans 4 départements. Nous sommes dans un pays qui a des traditions de classification un peu scolaires ; prix d’honneur, prix d’excellence, national, régional, local, etc. Si j’étais à la tête d’une compagnie de théâtre enthousiaste, qui croit en ce qu’elle fait, je n’accepterai pas d’être enfermé dans une dénomination de compagnie régionale qui signifie toujours un peu “deuxième division”.

Parmi les 3 missions dont vous nous avez parlé, vous avez évoqué un relais information et conseil destiné à s’adresser au plus grand nombre. Qu’allons-nous y trouver ?

On y trouve d’abord et avant tout de l’écoute. On y trouve pour le moment deux personnes chargées de prendre en considération toute demande auprès d’Arcadi. Nous sommes aux abonnés présents quelle que soit la question posée. On y trouve une écoute de gens très compétents pour éventuellement diriger le public vers des lieux où il pourra trouver les meilleures réponses.

En général, un centre de ressources, ne distribue pas d’argent pour la création et la diffusion. Et quand un lieu distribue de l’argent pour la création et la diffusion, il ne fait pas d’information et de conseil. Il m’a semblé audacieux et important dans la période actuelle de prendre ce risque. Cela nous oblige, bien entendu, à être particulièrement transparents sur nos procédures d’aide.

Il y a des centaines de compagnies à Paris et en Île-de-France qui cherchent à être soutenues. En théâtre, vous en aidez une quarantaine en qualité de coproducteur. Comment vont se faire les choix ?

Tous les choix, faits par l’établissement et qui vont donner lieu à un engagement financier, sont éclairés par des comités artistiques consultatifs constitués de professionnels. Y siègent notamment des artistes, des diffuseurs et des journalistes. Nous avons un panel d’au minimum 5 personnes : un ou deux directeurs de théâtre, une compagnie, un critique de la discipline concernée, par exemple. Les procédures sont différentes suivant les disciplines et les projets.

Nous menons actuellement un travail de réflexion sur le calendrier de ces comités pour qu’ils soient les plus efficaces possibles. Les moyens budgétaires sont dégagés, une fois que l’on a dit “ce projet est artistiquement intéressant”.

D’une certaine manière, l’ampleur de notre contribution peut relever du cas par cas. Être coproducteur c’est avoir le droit de regarder comment est monté le budget de production. Nous sommes à l’opposé d’une logique de subventions. Quand un projet nous intéresse nous pouvons simplement le soutenir à parité avec d’autres ou, au contraire, devenir un partenaire majoritaire.

Qu’est-ce qui, pour ces comités, est artistiquement intéressant ?

Dans la plupart des cas, nous n’avons pas d’a priori majeur concernant les genres. Disons que la ligne qui se dégage c’est que nous sommes attentifs aux écritures contemporaines. Pourtant, un comité artistique est l’expression de plusieurs voix : la discussion et la confrontation produisent quelques fois des effets inédits par rapport à ce que certains pourraient imaginer être une ligne. Je ne parle jamais d’excellence artistique car je trouve que c’est un concept totalement pervers et je suis réservé quand on parle de ligne éditoriale car cela peut couvrir les préférences d’individus ou de petits groupes parfois discutables.

Il faut garder une marge de liberté qui est en réalité un effet lié à la confrontation des points de vue. De plus, la composition de ces comités est renouvelée périodiquement, sinon, on referme rapidement l’espace de discussion et autant donner la responsabilité du choix à un directeur artistique.

Cet été à Avignon, Arcadi a organisé un débat sur le thème de la diffusion des spectacles. Où en est votre réflexion sur ce sujet ?

Le système est bloqué. Paradoxalement si les financeurs et les co-producteurs savent encore aider les équipes à créer des spectacles, nous ne savons plus les aider à circuler. Le diagnostic est là. Arcadi a d’ailleurs été créé au moment du rapport Latarjet. Il y aurait une certaine lâcheté à se désintéresser de la diffusion, sous prétexte qu’on intervient sur l’aide à la création. Nous avons cette chance d’intervenir aussi bien sur la production que sur la diffusion.

Quant nous écoutons les artistes, et nous l’avons bien vu cet été, le problème, pour eux, ce sont les programmateurs : difficiles à joindre, à les faire se déplacer, frileux ou opaques dans leur choix... Nous, que pouvons-nous faire ? Assez vite, j’ai été conduit à supprimer deux festivals. Il s’agissait en quelque sorte d’une super programmation régionale, ce qui me mettait en situation d’être à la fois juge et partie. Sortir de la compétition entre festivals, cela me semble indispensable si je veux que notre intervention soit efficace dans un système en crise, efficace auprès des équipes artistiques et des publics.

Maintenant, l’idée principale est de mettre toutes nos forces de travail, nos compétences, nos outils de communication au service des œuvres que nous avons décidé d’aider. C’est aussi une forme de label. Deuxièmement, nous suscitons des intelligences de coopération entre des lieux suffisamment distants géographiquement sur le territoire francilien pour monter des « mini-tournées ». Nous dégageons également de la conviction et des moyens pour favoriser les séries de représentations. Car, la difficulté est que les artistes n’arrivent pas à diffuser leur spectacle et, quand ils arrivent enfin à être programmés, ils ne trouvent qu’une date ou deux. Nous menons aussi une réflexion concernant la question de la scène parisienne. Permettre une diffusion nationale, demande de travailler sur la durée. Si on “fait un coup”, ça ne peut pas fonctionner.

Il y a aussi des théâtres qui ont une réflexion relative à leur zone de chalandise et qui misent sur l’intérêt qu’il y a à prendre le risque de faire dix dates pour diversifier le public susceptible de venir, quitte à ne pas remplir la salle. Nous en sommes à une phase de débat, de dialogue avec les lieux pour faire alliance avec les uns et essayer de convaincre les autres. Nous avons pour cela des moyens économiques ce qui est toujours attractif. Nous essayons de réintroduire une logique de coopération, de travail en réseau, par rapport à la question de la diffusion.

Quel est votre point de vue aujourd’hui sur la situation du spectacle vivant ?

Ce que je peux dire sur la situation du spectacle vivant en région Île-de-France ne vaut absolument pas pour l’ensemble du territoire national. La région Île-de-France connaît une hyper concentration des difficultés liée tout simplement à une hyper concentration des équipes. Mais le paradoxe c’est qu’il y a en même temps un très grand nombre de lieux de diffusion et un public potentiel extrêmement large. D’une certaine manière, on peut considérer la zone Île-de-France comme une espèce de laboratoire paradoxal de cette tension entre la richesse de l’offre portée par les équipes artistiques, la richesse des lieux de diffusion et le fait que cela se heurte à une impasse, malgré tout.

Chaque jour quand je regarde où sont les tensions, je suis bien obligé de me dire que, de toute façon, il n’y a pas assez d’argent public investi dans le dispositif. Ensuite, où faut-il mettre la barre ? 2 % du budget de l’Etat, 1 % du PIB ?

Certes, ces « nouvelles frontières » budgétaires ouvrent des perspectives, mais je suis fonctionnaire et d’une certaine façon, contraint au pragmatisme. Ce qui m’importe au moins autant que les problèmes de financement, c’est de mettre en regard la montée en puissance du désir de création des équipes artistiques et la fréquentation des publics.

Les politiques publiques de ces 15 ou 20 dernières années étaient fortement axées sur l’aide aux artistes. Dans le même temps s’est produit un phénomène indiscutable, le développement des pratiques en amateur. Ceci est-il l’effet paradoxal de cela ? Je n’en sais rien. Mais je constate qu’on était parti pour augmenter les spectateurs et finalement on a développé les amateurs. Dans la même période, on constate une élévation du niveau de formation et une nette augmentation du temps libre.

Je ne nie pas qu’il y a évidemment des obstacles sociologiques et culturels qui continuent d’exister. Mais j’observe aussi que les conditions de vie de l’individu contemporain font qu’il consacre moins de temps au spectacle vivant qu’aux loisirs proposés par les industries culturelles d’une part et qu’il a d’autre part le désir de faire soi-même de la musique, du théâtre ou de danser. Il convient de réfléchir à long terme. On comprend alors qu’avoir des spectateurs demain passe nécessairement par l’école. Il y a là un vrai problème. L’école produit sans doute des performances extrêmement intéressantes, l’école s’est démocratisée, mais elle n’a pas su démocratiser l’accès aux pratiques artistiques traditionnelles comme aller au théâtre.

La démocratie culturelle passe par l’école ?

Je pense que c’est incontournable. On peut facilement constater qu’il n’y a pas de commune mesure entre le niveau de formation des étudiants et leur fréquentation des théâtres. Il y a beaucoup plus d’étudiants qu’en 1946 mais, proportionnellement, on ne les retrouve pas dans les théâtres. Les théâtres ne sont pas simplement vides de classes populaires, ils sont aussi vides de classes moyennes. Des gens qui, par ailleurs, ont des formations et des compétences élevées.

Évidemment, il faut engager des politiques volontaristes d’aide à la création, à la diffusion et à l’élargissement des publics (qui dépendent du ministère de la culture ou des collectivités). Mais laisser de côté l’école est à mon avis une absurdité, car c’est fondamentalement là que tout se joue. Et, à cet égard, nous avons des politiques en accordéon.

Je constate qu’il n’y a pas d’éducation à la position de spectateur. Cette position est aujourd’hui quasi naturelle face à l’écran de télé, d’ordinateur ou de jeu vidéo, mais pas face à une scène dans une salle de spectacle. Conjointement, nous voyons se développer toutes sortes de fêtes et d’événements en plein air comme si Rousseau avait définitivement convaincu les décideurs et certains professionnels qu’il faut remplacer le spectacle par la fête. C’est une des réussites incontestables des politiques culturelles de ces 20 dernières années. Il y a des festivals partout, mais cela ne règle absolument pas le fond du problème ; pas plus d’ailleurs que l’économie du spectacle vivant, pervertie par cette logique festivalière.

Site site Web d'ARCADI : http://www.arcadi.fr/

Par Théâtre Passion
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Samedi 15 octobre 2005

Le Théâtre
 

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Méta

Le portail spectacle

Théâtre désigne à la fois l'art et le bâtiment dans lequel se déroulent les spectacles de théâtre.

Au sens figuré, théâtre désigne un lieu où se déroule une action importante. Exemple : un théâtre d'opération (militaire).

Aujourd'hui, à l'heure des Arts dits pluridisciplinaires, la définition de l'art du théâtre est de plus en plus large (jusqu'à se confondre avec l'expression spectacle vivant), si bien que certains grands metteurs en scène n'hésitent pas à dire que pour qu'il y ait théâtre, il suffit juste d'avoir un lieu, un temps, un acte et un public.


Sommaire

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Origine

Dans l'histoire du théâtre, c'est à l'époque grecque antique qu'apparaît le theatron. Il désigne alors l'hémicicle destiné aux spectateurs, un théâtre est donc à l'origine un lieu d'où le public observe un spectacle. À la renaissance, la signification s'étend non seulement à l'ensemble de l'édifice de spectacle, scène comprise, mais également à l'art dramatique. Ce n'est qu'après la période du théâtre classique que le terme désigne aussi la littérature écrite spécialement pour la représentation théâtrale.

L'art

Il s'agit de spectacles dans lesquels des acteurs incarnent des personnages pour un regard extérieur (le public), dans un temps et un espace limités. Les dialogues écrits sont appelés pièces de théâtre, mais il peut y avoir également du théâtre sans texte écrit ou même sans aucune parole. Dans la création contemporaine les frontières entre les différents arts de la scène (théâtre, mime, cirque, danse...) sont de plus en plus ténues, si bien que certains professionnels n'hésitent pas à remplacer le mot théâtre par les mots spectacle pluridisciplinaire, ou spectacle vivant, mettant ainsi l'accent sur le métissage des disciplines.

L'acteur

L'acteur de théâtre est difficile à définir car dans notre vie quotidienne nous sommes tous acteurs. Mais plutôt des acteurs sociaux, car nous vivons en société. Nous changeons de rôle plusieurs fois par jour : au travail, en famille, entre amis, etc. Ces rôles font partie de notre être, ils sont constituants. Mais nous exagérons parfois le jeu. Les rôles sociaux sont indispensables : ils donnent de la cohérence à la société, donnent une place à chacun. Ils sont rassurants.

Le réel acteur de théâtre ne joue en général qu'un seul rôle à la fois, clairement défini, cohérent et généralement bien plus que dans la vie réelle. L'acteur sait qu'il n'est pas réellement le personnage. Les rôles de théâtre ne sont donc pas constituants. Un acteur s'investit cependant dans son rôle avec sa personnalité et son vécu. C'est souvent cela qui rend le rôle plus fort, meilleur. Cela n'empêche que certains acteurs sont accusés de trop jouer tous leurs personnages de la même manière, de cabotiner. Ce problème du paradoxe sur le comédien est clairement exposé par Diderot.

Acteurs mythiques de théâtre

Dynasties d'artistes de théâtre

Le Personnage

Au théâtre comme au cinéma, un personnage est joué par un acteur mis dans les circonstances/situations créés par un texte ou proposées par la vision d'un metteur en scène/réalisateur.

voir Personnage de théâtre

Qu'apporte le théâtre?

Pourquoi, si nous jouons déjà naturellement des rôles, nous sommes-nous mis à jouer du théâtre? De façon générale, comme nous le rappelle Aristote dans « La Poétique », nous réagissons différemment dans la vie, et face à une œuvre d'art. Un cadavre en décomposition nous horrifie, mais une nature morte nous ravit. Il y a donc un pouvoir propre à la représentation (mimésis), au jeu, qui nous permet d'appréhender avec plaisir ce qui autrement nous pose problème.

Nous jouons donc du théâtre pour faire face aux mystères et conflits qui nous inquiètent. Par exemple, nous cherchons à créer un miroir social, un reflet plus ou moins caricatural de la société, qui permet de mieux la comprendre, et de mieux dénoncer ses imperfections : ce rôle politique était particulièrement évident dans la Grèce antique (cf : La paix d'Aristophane par exemple). Mais on peut aussi se souvenir de cette citation du Hamlet de Shakespeare « for any thing so overdone is from the purpose of playing, whose end, both at the first and now, was and is, to hold, as 'twere, the mirror up to nature » ; le théâtre est aussi un miroir tendu à la nature : le spectateur, comme l'acteur, vient chercher une réponse, se construire une identité. Enfin le théâtre peut avoir un effet cathartique, servant d'exutoire aux passions qui ne sont pas autorisées par la société. Le théâtre peut aussi être un divertissement, sans autre objectif de changer les idées à ses spectateurs, par l'utilisation du comique, notamment.

Voir aussi

Genres théâtraux

(voir Genre théâtral)

Auteurs célèbres d'œuvres théâtrales

(Voir aussi Dramaturge)

Théâtre antique

Théâtre classique

Théâtre moderne

Articles connexes

Par WIKIPEDIA
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Dimanche 11 décembre 2005

Le budget consacré par l'Etat aux spectacles vivants au titre de 2006

La direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles (DMDTS) a pour mission essentielle d'encourager la création et le renouvellement des formes d'expression artistique, de soutenir la diffusion des œuvres du spectacle vivant sur le territoire national et de démocratiser l'accès aux œuvres et aux pratiques artistiques.

Elle favorise la création, notamment par le biais de commandes, d'aides aux projets (montage, traduction d'œuvres) et de résidences d'artistes, et soutient les formes nouvelles d'expression artistique (musiques actuelles, arts de la piste, arts de la rue). Elle finance également les recherches liées à la création musicale.

La politique d'aide à la création et au soutien d'œuvres s'appuie sur un réseau constitué de :

- neuf établissements publics :

· l'Opéra National de Paris, l'Opéra comique et 5 théâtres nationaux (4) ;

· la Cité de la Musique qui comprend un musée et une salle de concerts (110.000 spectateurs en 2004) ;

· l'Établissement public du parc de la grande halle de la Villette ;

- 39 centres dramatiques nationaux et régionaux, 19 centres chorégraphiques, 13 maisons d'opéra de production, 24 orchestres permanents, 69 scènes nationales et 15 centres et studios de création et de diffusion ;

- environ 860 compagnies dramatiques et chorégraphiques et 250 ensembles musicaux indépendants.

1.- La poursuite de la progression des moyens

Hors dépenses de personnel, les moyens destinés au spectacle vivant sont estimés pour 2006 à 601,57 millions d'euros, en progression de 2,1 %. La rémunération des agents spécifiquement dédiés aux spectacles vivants devait représenter, en 2006, un coût global de 7,18 millions d'euros.

 

MOYENS EN FAVEUR DU SPECTACLE VIVANT

(hors personnel)

(en millions d'euros)

LFI 2005

PLF 2006

Évolution
(en %)

Dépenses de fonctionnement :

276,15

280,85

+ 1,70

- dont subventions aux établissements publics

232,85

268,93

+ 15,49

- dont autres opérateurs

11,92

11,92

-

Dépenses d'intervention :

296,01

314,55

+ 6,26

- dont interventions centrales

46,51

50,25

+ 8,04

- dont interventions déconcentrées

248,11

259,75

+ 4,69

Dépenses d'investissement

9,39

6,16

- 34,30

Total

589,22

601,56

+ 2,09

Source : ministère de la Culture et de la communication.

a) Les dépenses de fonctionnement

Les dépenses de fonctionnement, qui correspondent à des subventions, s'élèvent à 279,17 millions d'euros en autorisations d'engagement et 280,85 millions d'euros en crédits de paiement.

Les établissements publics devraient bénéficier de 267,25 millions d'euros en autorisations d'engagement et 268,93 millions d'euros en crédits de paiement. Ces crédits comprennent une dotation de fonctionnement et une dotation d'investissement.

Les crédits de fonctionnement destinés aux établissements publics progressent d'environ 11 millions d'euros, pour atteindre 244 millions d'euros. Les mesures nouvelles correspondent à :

* l'évolution de la masse salariale, à hauteur de 4,9 millions d'euros, dont 3,15 millions d'euros pour l'Opéra national de Paris ;

* des mesures nouvelles, pour 6,2 millions d'euros.

Ces moyens supplémentaires devraient bénéficier à :

- la Comédie Française (0,1 million d'euros pour couvrir les coûts induits par la réforme de la grille des sociétaires) ;

- le théâtre de l'Odéon (1,17 million d'euros pour permettre la réouverture de la salle Claudel et le maintien de l'activité de la salle Berthier) ;

- le théâtre de la Colline (0,2 million d'euros pour couvrir le coût de fonctionnement en année pleine du bâtiment de la rue des Prairies) ;

- l'Opéra Comique (1,38 million d'euros afin, d'une part, de couvrir les coûts supplémentaires induits par sa transformation en établissement public et le retour à une pleine activité, et, d'autre part, d'accompagner la production de spectacles lyriques et l'accueil de concerts et de récitals) ;

- le Centre national de la danse (0,15 million d'euros pour la pérennisation de 12 emplois précaires) ;

- la Cité de la musique (2,3 millions d'euros pour la réouverture de la salle Pleyel, destinés à couvrir les dépenses induites par 24,5 emplois équivalents temps plein, le loyer, les frais de fonctionnement et les charges artistiques) ;

- l'Établissement public de la Grande Halle de la Villette (0,3 million d'euros destinés, dans le cadre du contrat d'objectifs et de moyens, à l'organisation de manifestations culturelles).

Enfin, un montant de 0,6 million d'euros est prévu pour les caisses de retraite de l'Opéra national de Paris et de la Comédie Française.

Les crédits destinés à l'investissement s'inscrivent en revanche en baisse : ils passent de 25,90 millions d'euros en autorisations d'engagement et 31,14 millions d'euros en crédits de paiement en 2005 à, respectivement, 23,28 millions d'euros et 24,96 millions d'euros en 2006. Les subventions d'équipement courant (14,15 millions d'euros en autorisations d'engagement) sont reconduites voire légèrement réduites, sauf celles de l'Opéra de Paris, augmentées de 1,4 million d'euros pour la réfection du système de sécurité incendie de l'Opéra Bastille et celle du théâtre national de Chaillot (+ 0,39 million d'euros). Outre les subventions d'équipement courant, 8,66 millions d'euros en autorisations d'engagement et 10,81 millions d'euros en crédits de paiement sont prévus pour des travaux ou des équipements complémentaires, notamment pour la Cité de la Musique (2 millions d'euros dont 0,5 million d'euros pour la salle Pleyel), l'Opéra de Paris (3 millions d'euros en autorisations d'engagement et 3,49 millions d'euros en crédits de paiement pour l'opération annuelle du cintre) et l'Établissement public de la Grande Halle de la Villette (2,47 millions d'euros d'autorisations d'engagement et 4,09 millions d'euros sont prévus pour sa réhabilitation).

Les subventions destinées aux autres opérateurs de l'État sont reconduites, à hauteur de 11,93 millions d'euros en crédits de paiement et autorisations d'engagement. Elles se répartissent entre l'Orchestre de Paris (8,39 millions d'euros) et l'Ensemble intercontemporain (3,54 millions d'euros).

Votre Rapporteur spécial se félicite plus particulièrement de la réouverture prochaine de la salle Pleyel.

Le projet de rénovation et de réaménagement de la salle Pleyel

Afin de définir un nouveau cadre d'action pour la salle Pleyel et de faire en sorte que ce théâtre au passé prestigieux devienne à nouveau le lieu référence de la vie symphonique, un bail d'une durée de 50 ans a été signé entre le directeur général de la Cité de la musique et le gérant de la société propriétaire de la salle Pleyel (IDSH), le 8 novembre 2004.

La société propriétaire s'est engagée à procéder à la rénovation de la salle, pour un coût évalué à 23 millions d'euros. Le loyer annuel est fixé à 1,5 million d'euros hors taxes. Une option d'achat pour un euro symbolique portant sur l'ensemble du site de Pleyel devrait être proposée à l'issue du bail.

Destiné prioritairement à offrir un lieu de résidence permanente à l'Orchestre de Paris et à abriter un programme de diffusion de l'Orchestre philharmonique de Radio France, le projet de la nouvelle salle Pleyel poursuivra aussi un objectif de production propre de grands concerts symphoniques dans une salle spécialement aménagée à cet effet.

C'est pourquoi, au-delà des activités de l'Orchestre de Paris (55 concerts par an) et l'Orchestre Philharmonique de Radio France (20 concerts par an), le projet, mis en œuvre par une filiale de la Cité de la Musique, intègre la production directe d'un certain nombre de spectacles (entre 80 et 100 concerts par saison) et l'ouverture à d'autres formations présentées par des producteurs extérieurs.

Le budget global d'une année d'exploitation de la salle Pleyel, à partir de la saison 2009-2010, devrait être de l'ordre de 13 millions d'euros hors taxes et nécessiter une subvention annuelle d'équilibre de l'État de l'ordre de 4 millions d'euros. Dès 2006, les moyens de la Cité de la Musique sont renforcés à cet effet par une mesure nouvelle de 2,3 millions d'euros en fonctionnement et de 0,5 million d'euros en investissement.

Le concert inaugural, confié à l'Orchestre de Paris, est programmé pour le 13 septembre 2006.

b) Les dépenses d'intervention

En 2005, les crédits d'intervention se sont élevés à 296,01 millions d'euros en crédits de paiement et 301,44 millions d'euros en autorisations d'engagement. En 2006, ils devraient progresser, pour atteindre respectivement 314,55 millions d'euros et 304,46 millions d'euros en autorisations d'engagement.

Parmi ces crédits, ceux destinés aux acquisitions devraient diminuer de plus de 31 %, pour s'élever à 0,85 million d'euros, alors que ceux affectés aux bourses devraient être reconduits, à hauteur de 0,15 million d'euros.

La quasi-totalité de la dotation (313,55 millions d'euros) est constituée de subventions. Il s'agit ainsi de soutenir les établissements de création, de production ou de diffusion situés sur l'ensemble du territoire, destinés au théâtre, aux arts du cirque, de la rue, à la musique, à la danse, mais également d'intervenir, par des aides directes, auprès des équipes artistiques (compagnies dramatiques, chorégraphiques et ensembles musicaux professionnels), sous la forme d'aide à projet ou de convention.

Il s'agit d'une part de crédits gérés par l'administration centrale et d'autre part de crédits attribués par les DRAC.

Les crédits centraux devraient s'élever à 54,65 millions d'euros en 2006, contre 46,51 millions d'euros. Cette progression résulte de plusieurs mouvements, dont les principaux sont :

* le transfert de 2,4 millions d'euros vers les crédits déconcentrés, correspondant aux structures nouvellement déconcentrées en 2006 ;

* l'augmentation des moyens destinés au fonctionnement de 5,34 millions d'euros. Ces crédits supplémentaires seront destinés en priorité au soutien des équipes artistiques indépendantes, qu'il s'agisse des compagnies dramatiques, des compagnies chorégraphiques ou des ensembles musicaux professionnels. À travers les aides à la création, sous forme ponctuelle (aide à la production ou au projet) ou sous forme plus structurelle (aide conventionnée ou à la structuration), ce sont ainsi plus de 1.170 compagnies et ensembles qui sont aidés par le ministère de la culture. La poursuite de l'année des arts de la rue devrait également permettre de renforcer les moyens des équipes artistiques œuvrant plus spécifiquement dans cette discipline. Parallèlement, les moyens nouveaux alloués permettront de poursuivre l'amélioration de la diffusion des productions, en particulier pour la musique contemporaine et les projets chorégraphiques. De même, le développement des résidences d'artistes au sein des établissements de spectacle, qu'ils soient pluridisciplinaires ou consacrés spécifiquement à la musique, à la danse ou au théâtre, devra être conforté, car il s'agit là d'un enjeu en terme de partage des outils de production et de professionnalisation des équipes artistiques ;

* la baisse des crédits d'acquisition (commandes musicales, commandes aux auteurs) de 0,39 million d'euros ; ceux-ci s'établissant à 0,85 million d'euros ;

* l'augmentation des crédits d'investissement de 3,43 millions d'euros, qui devraient notamment permettre de mener à bien une opération de réhabilitation pour le Théâtre du Rond-point, en co-financement avec la Ville de Paris, de couvrir les conventions du Festival d'Aix-en-Provence et du Festival d'Avignon et de réserver une enveloppe pour la réhabilitation des orgues d'église.

Les crédits déconcentrés devraient s'établir à 259,75 millions d'euros, en hausse de 4,7 %. Délégués aux directions régionales des affaires culturelles, ils permettront la restructuration et la réhabilitation de plusieurs centres dramatiques nationaux et scènes nationales, notamment le Théâtre national populaire à Lyon, ainsi que le financement de certaines opérations importantes en matière d'aménagement du territoire, comme l'aménagement de l'auditorium Sextius Mirabeau à Aix-en-Provence et la réalisation de l'établissement Le Quai, à Angers, qui réunit le centre dramatique national du Nouveau théâtre d'Angers et le centre chorégraphique national l'Esquisse.

Votre Rapporteur spécial n'est cependant pas totalement convaincu de la nécessité de la construction d'un auditorium à Aix-en-Provence, notamment au regard des investissements réalisés dans les années passées, tant pour le soutien, voire le sauvetage, du Festival international d'art lyrique, que pour l'aménagement des installations du Théâtre de l'Archevêché ou du Grand Saint-Jean à Puyricard, ou encore la rénovation du magnifique Théâtre du Jeu de Paume. Par ailleurs, la proximité d'installations comparables, en particulier le Dôme à Marseille, permet raisonnablement d'émettre une interrogation sur l'opportunité de cet investissement aujourd'hui.

Il convient enfin de citer le programme de réalisation des salles Zénith, destinées en priorité aux musiques actuelles, qui devrait s'achever en 2006, avec trois salles supplémentaires à Nantes, Saint Étienne et l'île de la Réunion (la participation du ministère étant de 5 millions d'euros). Depuis 1984, 18 salles auront ainsi été réalisées sur le territoire métropolitain. Votre Rapporteur spécial s'en félicite.

c) Les dépenses d'investissement

Les dépenses d'investissement s'inscrivent en baisse : elles passent de 9,16 millions d'euros en autorisations d'engagement et 9,39 millions d'euros en crédits de paiement à, respectivement, 8,61 millions d'euros et 6,16 millions d'euros. Toutefois, le montant des crédits de paiement devrait être complété à hauteur de 5,1 millions d'euros, issus des recettes de privatisation qui devraient intervenir en 2006.

Le Théâtre national de l'Odéon devrait ainsi bénéficier de 3,1 millions d'euros en autorisations d'engagement, afin d'achever les travaux de rénovation. Si aucune dotation en crédits de paiement n'est inscrite dans le projet de budget, 1,6 million d'euros devrait provenir des recettes de privatisation.

Pour sa part, l'Opéra comique devrait recevoir 0,9 million d'euros en autorisations d'engagement et 0,1 million d'euros en crédits de paiement. La rénovation de la salle Favart et des façades de l'Opéra comique a fait l'objet d'une étude de programmation en 2005 qui devrait déboucher sur un programme pluriannuel d'intervention.

Le solde, soit 4,6 millions d'euros en autorisations d'engagement et 6,06 millions d'euros en crédits de paiement, est réparti entre le théâtre national de Strasbourg, le théâtre de l'Est parisien et le théâtre de la Colline.

Par Rapport de Serge DASSAULT
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Samedi 17 décembre 2005
L'ANNONCE D'UN VÉRITABLE PROJET POLITIQUE EN FAVEUR DU THÉÂTRE

http://www.senat.fr/rap/a05-100-3/a05-100-39.html#toc155

Le 5 octobre dernier, le ministre de la culture et de la communication, M. Renaud Donnedieu de Vabres, a annoncé un plan de grande ampleur en faveur du théâtre, véritable projet politique qu'il entend mettre en oeuvre dès l'année 2006. Celui-ci comprend trois axes majeurs : l'ouverture, le rayonnement et la lisibilité.

1. Les trois axes du « plan théâtre »

a) Le pari de l'ouverture
(1) Renforcer la découverte du théâtre et la formation des jeunes

Il s'agit de proposer aux jeunes, sur l'ensemble du territoire national, une offre de découverte et d'enseignement du théâtre, au même titre que pour la musique et la danse. Les « schémas départementaux des enseignements artistiques » comporteront désormais un volet « théâtre ».

Par ailleurs, ainsi qu'il sera précisé ci-après, la formation théâtrale est en cours de réforme.

(2) Mieux accompagner les compagnies indépendantes

Sur 630 compagnies de théâtre aidées par l'Etat en 2005, 321 bénéficient d'un conventionnement et 309 ont reçu une aide à la production.

Le ministre envisage cinq mesures en leur faveur pour 2006, afin de favoriser l'accompagnement des premiers pas d'un artiste isolé, de mieux prendre en compte la réalité du travail des compagnies non subventionnées et de resserrer les liens entre compagnies et théâtres autour de projets expérimentaux. Ces mesures consistent à :

- renforcer les moyens alloués aux compagnies par le biais, d'une part, d'un relèvement du plancher de l'aide à la production dramatique à 10 000 € (pouvant être porté à 20 000 € pour les projets les plus ambitieux) et, d'autre part, de l'encouragement à la reprise des oeuvres afin de permettre aux compagnies d'organiser plus facilement des tournées ;

- instaurer une aide à la maquette : cette nouvelle aide pour les compagnies ou les artistes indépendants est fixée à 5 000 €, auxquels devront impérativement s'ajouter au moins 5 000 € supplémentaires provenant d'un théâtre ou d'un lieu partenaire ;

- valoriser les projets individuels, afin qu'un artiste puisse, sans avoir à créer sa propre compagnie, bénéficier d'une aide par le biais de l'« accompagnateur » de son projet ;

- proposer un compagnonnage aux jeunes artistes au sein d'une compagnie conventionnée ;

- valoriser les résidences d'artistes ou de compagnies au sein du théâtre. La « résidence-association » entre une compagnie et un territoire sera encouragée et fera l'objet d'un contrat sur deux ou trois années associant le ou les artistes, le lieu d'accueil, l'Etat et une ou plusieurs collectivités territoriales.

b) L'enjeu du rayonnement

Selon les termes mêmes du ministre, il s'agit de faire en sorte qu'il y ait du « théâtre partout et pour tous ». Plusieurs mesures devraient y contribuer :

- le renforcement de la présence du théâtre dans les établissements scolaires, dans le respect de l'esprit de partenariat entre artistes et enseignants ;

- la reconnaissance du théâtre amateur et la clarification du cadre juridique régissant la présence des amateurs sur scène ;

- la représentation de tous les genres de théâtre, qu'il soit classique ou contemporain, avec un soutien spécifique en faveur de l'écriture et du montage des oeuvres d'auteurs vivants ;

- l'engagement de construire en trois ans une politique de soutien aux arts de la rue, des mesures nouvelles en leur faveur étant programmées dès 2006 ;

- une réflexion spécifique sur le théâtre destiné au jeune public ;

- la poursuite des réflexions sur la complémentarité et les relations entre théâtre public et théâtre privé ;

- le renforcement de la place du spectacle vivant, et notamment celle du théâtre, à la télévision.

c) L'impératif de la lisibilité de l'action de l'Etat

Il s'agit de rendre l'action de l'Etat « plus lisible en précisant pourquoi il s'engage dans des conventions avec des compagnies et pourquoi il se lie par des contrats avec des lieux du réseau théâtral ».

(1) L'action en faveur des compagnies dramatiques indépendantes

A partir de 2006, chaque direction régionale de l'action culturelle devra, à l'occasion du réexamen d'une convention en vue de son éventuel renouvellement, réexaminer le lien qui l'unit à chaque compagnie au regard de sa qualité artistique ainsi que de son volume d'activité, de son rayonnement territorial, du dynamisme en faveur de l'emploi et du « compagnonnage ».

Outre l'évaluation de la qualité artistique, les prochaines conventions conclues avec les compagnies intégreront donc des objectifs évaluables dans ces quatre domaines.

(2) L'action en faveur des lieux de théâtre

Fruit de l'histoire de notre pays, le réseau des lieux de théâtre comprend différents types de structures, avec lesquelles l'Etat a noué des liens particuliers sur des modes variés, qu'il s'agisse des cinq théâtres nationaux, des 30 centres dramatiques nationaux, des six centres dramatiques régionaux, des 76 scènes conventionnées, sans compter de nombreux théâtres sans label (le théâtre du Rond Point à Paris, par exemple) ou quelques autres centres dramatiques.

· Clarification des fonctions

La clarification devrait porter sur les deux fonctions essentielles que les théâtres remplissent ensemble ou séparément : la production et la diffusion d'une part, la programmation et l'action culturelle, d'autre part.

Par ailleurs, il est prévu de renforcer la permanence artistique au sein des établissements.

Enfin, le ministère encouragera la structuration de véritables « pôles de diffusion », dont la constitution pourra être proposée à l'occasion de la signature ou de la prolongation du contrat liant un théâtre à l'Etat.

S'agissant de la programmation théâtrale, il faut souligner que la politique de conventionnement sera menée en priorité avec les lieux animés d'un véritable souci d'élargissement des publics, de mise en oeuvre de projets artistiques dans les lieux dits de l'exclusion, d'ouverture aux formes esthétiques les moins représentées sur les scènes françaises, ou d'accueil d'artistes européens ou venus des pays francophones.

· Réévaluation du réseau

Le ministre a annoncé que, dans une seconde étape, il serait procédé à la réévaluation du réseau théâtral, notamment à travers la vérification de la pertinence de chaque label. Ceci passera par :

- une refonte du contrat de décentralisation dramatique, intégrant notamment la rédaction d'un projet d'établissement, un appel à candidatures public de nature à rendre les renouvellements de direction plus transparents et une durée du mandat plus clairement établie ;

- la précision des labels « scène nationale » ou « scène conventionnée », au regard de leurs missions respectives, mais aussi en fonction de la capacité des lieux dotés d'un cahier des charges de le respecter au mieux ;

- la réforme de la Direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles (DMDTS). Une mission d'analyse a été confiée à cette fin à l'inspection générale de l'administration de la culture, dont le rapport et les propositions seront présentés d'ici la fin de l'année.

2. La position de votre commission

Votre commission ne peut que soutenir l'ensemble de ces propositions. Elle se réjouit de la cohérence du plan dans lequel celles-ci s'inscrivent et du fait qu'elles concernent l'ensemble des acteurs.

· Elle attache une importance particulière à la sensibilisation des jeunes d'âge scolaire aux oeuvres culturelles et artistiques. Dans sa « Contribution au débat sur la création culturelle en France » 4(*), le groupe de réflexion créé par votre commission avait d'ailleurs appelé de ses voeux « un travail important de réflexion et d'action en matière d'animation et d'éducation artistique, notamment en lien avec les ministères de l'éducation nationale, de l'emploi, et du travail et de la cohésion sociale. »

Il estimait que « à l'école, la formation artistique doit être mise en avant de façon décisive, puisqu'il s'agit non seulement d'initier de futurs talents, mais aussi de former le public de demain ». Il ajoutait que « en outre, nos concitoyens étant soumis à la prolifération d'images -qui participent à la construction d'un espace public démocratique, mais peuvent aussi être utilisées à mauvais escient- il est essentiel qu'ils soient capables de porter sur ces images et ces représentations un regard critique de sujets pensants. Il faut, à cette fin, développer l'éducation à l'image à l'école. »

Notre collègue Jean-Claude Carle, dans son rapport présenté au nom de votre commission sur le projet de loi sur l'avenir de l'école5(*) avait également insisté « sur le rôle majeur de la sensibilisation des élèves aux différentes formes artistiques et culturelles, sur la contribution de cette éducation à l'épanouissement personnel, à la formation de l'esprit critique et à l'égalité des chances ». Il ajoutait que cette éducation doit notamment « prendre en compte la diversité des champs reconnus dans le monde des arts et de la culture et tendre à développer des partenariats impliquant les structures artistiques et culturelles en liaison avec les collectivités territoriales ».

Votre rapporteur tient à souligner, pour le regretter, que des élus constatent un certain désengagement de l'Etat dans ce domaine. Il espère que la récente mise en place du Haut conseil pour l'éducation artistique et culturelle et l'ambition régulièrement réaffirmée tant par le ministre chargé de la culture que par le ministre de l'éducation nationale, permettront de donner à l'enseignement artistique la place qui doit lui revenir. Il gage que l'augmentation de 1 million d'euros programmée dans le PLF 2006 en faveur de l'enseignement artistique ne sera pas un nouveau « coup d'épée dans l'eau »...

· S'agissant du soutien aux compagnies, votre commission soutient toutes les propositions de nature à favoriser l'association des artistes, des compagnies, des lieux et des territoires. L'enjeu concerne également l'amélioration de la circulation des personnes et des oeuvres et leur rencontre avec le public.

Ce dernier point est bien entendu essentiel. Votre commission, dans le rapport précité, avait évoqué la « crise démocratique » du secteur. En effet, l'augmentation de l'activité artistique n'a pas été accompagnée de la démocratisation souhaitée, les créateurs peinant parfois à trouver un public. Se pose donc le problème d'un éloignement entre le public et la création, la diffusion des oeuvres et la recherche du public ayant été trop délaissées. Il convient par conséquent d'y remédier et de remettre la population au centre des préoccupations du spectacle vivant.

Outre l'inscription de cette priorité dans les contrats avec les scènes du réseau, ce rapprochement et cette sensibilisation passent par une plus grande ouverture du secteur audiovisuel - public notamment - au spectacle vivant. Le nouveau président de France Télévisions, M. Patrick de Carolis, en a pris l'engagement. Votre commission veillera à ce que ce dernier soit respecté afin que le service public de l'audiovisuel remplisse pleinement sa mission et soit un vecteur privilégié de la transmission de valeurs culturelles et de l'expression de la diversité de la création française et européenne.

· Par ailleurs, votre commission se réjouit des engagements pris en faveur de la création contemporaine. A cet égard, votre rapporteur demandera au ministre de préciser les proportions respectives des oeuvres dites de répertoire et des oeuvres contemporaines d'expression française dans la programmation des théâtres publics.

On constate que les spectacles contemporains font appel à des disciplines diverses. Ceci permet incontestablement un renouvellement de la création ; il ne faudrait pas cependant que ces évolutions s'effectuent trop au détriment des textes eux-mêmes. On se souvient, à cet égard, des débats qui ont accompagné le festival d'Avignon l'été dernier.

Dans ce contexte, votre commission se félicite de l'annonce d'un soutien spécifique en faveur de l'écriture et du montage des oeuvres d'auteurs vivants. L'effort méritera sans doute d'être coordonné avec le Fonds d'aide à la production récemment créé par la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) pour soutenir des projets issus du théâtre privé et du théâtre public, qui récompensera chaque année 18 productions d'oeuvres théâtrales d'expression française.

· S'agissant de la réflexion sur les lieux du réseau théâtral, votre rapporteur demandera au ministre de préciser la place qui lui semble être celle de l'Etat dans les établissements constitués sous forme d'établissement public de coopération culturelle (EPCC).

Il rappelle que dans son rapport d'information établissant, au nom de votre commission des affaires culturelles, le bilan d'application de la loi du 4 janvier 2002 créant les EPCC, notre collègue Ivan Renar a insisté sur la nécessité pour l'Etat d'être présent au sein du conseil d'administration des EPCC, même quand il n'y participe pas financièrement.

· Enfin, votre rapporteur demandera au ministre de préciser les principaux axes du projet de loi en cours d'élaboration sur le théâtre amateur.


* 4 Rapport d'information présenté par M. Jacques Valade, président, au nom de la commission des Affaires culturelles du Sénat à la suite des travaux du groupe de réflexion sur la création culturelle : « Contribution au débat sur la création culturelle en France » - n° 414 (2003-2004).

* 5 Cf. rapport n° 234 de M. Jean-Claude Carle au nom de la commission des affaires culturelles.

Par Théâtre Passion
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Jeudi 26 janvier 2006
Par Théâtre On Line
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Jeudi 26 janvier 2006

La licence d'entrepreneur de spectacles

mise à jour : août 2003


La licence d'entrepreneur de spectacles est désormais obligatoire pour tout responsable de structure associative ou commerciale dont l'activité habituelle est la production de spectacles.

Les licences sont déconcentrées et les directeurs régionaux des affaires culturelles sont les autorités compétentes pour instruire les dossiers de licences d'entrepreneurs de spectacles par délégation des préfets.

Réglementation de la profession du spectacle

La réglementation de la profession du spectacle débute avec l'ordonnance du 13 octobre 1945 relative aux spectacles, qui définit et organise la profession d'entrepreneur de spectacles et met en place la licence.
Cependant, la loi n° 99-198 du 18 mars 1999 (J.O. du 19 mars 1999), qui n'abroge pas complètement l'ordonnance initiale, en garde les dispositions relatives à la protection des salles qui, depuis 1945, ont assuré malgré des difficultés certaines, le maintien des salles de spectacles et des garanties économiques liées à leur exploitation.
Comme par le passé, aucune salle de spectacles ne pourra être désaffectée ou démolie sans une autorisation du ministre chargé de la culture, et les contrats de location, cession de fonds de commerce et baux devront toujours, à peine de nullité être autorisée par celui-ci.

La licence peut se définir comme étant une autorisation professionnelle qui a pour but de professionnaliser le secteur très varié du spectacle vivant en demandant à tout candidat d'offrir des garanties à la fois administratives et juridiques. Elle permet, par ailleurs, le contrôle du régime de protection sociale des artistes qui sont en situation de salarié vis-à-vis de leur employeur, l'entrepreneur de spectacles. La délivrance et le renouvellement de la licence permettent de vérifier la régularité de la situation de l'entrepreneur de spectacles au regard de ses obligations sociales et réglementaires.
A l'origine, l'ordonnance du 13 octobre 1945 interdisait la constitution de société à responsabilité limitée pour l'exploitation d'une entreprise de spectacles et ne prévoyait pas qu'une association puisse être titulaire d'une licence d'entrepreneur de spectacles. Des textes intervenus ces dernières années (loi du 5 janvier 1988 et loi du 31 décembre 1992) ont ouvert aux SARL et aux associations la possibilité d'être entrepreneur de spectacles.
Par ailleurs, la loi du 18 mars 1999 a élargi le champ d'application de la licence au secteur public (théâtres municipaux en régie directe et établissements publics tels que les théâtres nationaux), ainsi qu'aux départements d'outre-mer.

Enfin, la loi de 1999 donne une définition des notions de spectacle vivant et d'entrepreneur de spectacles.
Le spectacle vivant est défini par la présence physique d'au moins un artiste du spectacle percevant une rémunération lors de la représentation en public d'une œuvre de l'esprit.
La définition de l'entrepreneur de spectacles s'articule autour de trois métiers qui ne sont pas incompatibles entre eux : exploitants de lieux de spectacles aménagés pour les représentations publiques, producteurs de spectacles ou entrepreneurs de tournées, diffuseurs de spectacles.

Qui doit demander la licence ?

Tout entrepreneur de spectacles, qu'il s'agisse d'une structure associative ou commerciale, qu'elle soit privée ou publique, doit être titulaire de la licence, le fait générateur étant l'emploi d'artistes.

Toutefois, peuvent exercer occasionnellement l'activité d'entrepreneur de spectacles, sans être titulaires d'une licence, dans la limite de six représentations par an :
- toute personne physique ou morale qui n'a pas pour activité principale ou pour objet l'exploitation de lieux de spectacles, la production ou la diffusion de spectacles ;
- les groupements d'artistes amateurs bénévoles faisant occasionnellement appel à un ou plusieurs artistes du spectacle percevant une rémunération.

Ces représentations doivent faire l'objet d'une déclaration préalable à l'autorité administrative compétente un mois au moins avant la date prévue.

Quelle licence demander ?

Les entrepreneurs de spectacles vivants sont classés en trois catégories :

  • Licence de 1ère catégorie : elle concerne les exploitants de lieux de spectacles aménagés pour les représentations publiques, et qui les exploitent effectivement. Ils en assument l'entretien et l'aménagement pour les louer à un diffuseur ou à un producteur/diffuseur.
  • Licence de 2ème catégorie : elle concerne les producteurs de spectacles ou entrepreneurs de tournées qui ont la responsabilité d'un spectacle et notamment celle d'employeur à l'égard du plateau artistique. Ils choisissent et montent les spectacles, ils coordonnent les moyens humains, financiers, techniques et artistiques nécessaires et en assument la responsabilité. Les entrepreneurs de tournées dont l'activité se limiterait à une activité de diffusion de spectacles pourront obtenir une licence de diffuseur.
  • Licence de 3ème catégorie : elle concerne les diffuseurs de spectacles qui ont la charge, dans le cadre d'un contrat, de l'accueil du public, de la billetterie et de la sécurité des spectacles ; lorsque le diffuseur exploite lui-même le lieu, il doit également être titulaire de la licence d'exploitant de salle. Elle concerne aussi les entrepreneurs de tournées qui n'ont pas la responsabilité d'employeur à l'égard du plateau artistique.

Les pièces à fournir

Pour une première demande, il faut fournir :

  • une fiche individuelle d'état-civil,
  • un extrait (bulletin n° 3) du casier judiciaire,
  • une copie des statuts de la société ou de l'association,
  • le programme des activités artistiques prévues et le type d'artistes employés.

Il est utile de prendre contact avec la Direction régionale des affaires culturelles dont on dépend pour connaître exactement les pièces nécessaires à la constitution du dossier.

Qui est titulaire de la licence ?

Personnelle et incessible, la licence est attribuée à une personne en sa qualité de responsable d'une structure. Nul n'est admis à diriger, soit directement soit par personne interposée, une entreprise de spectacles s'il n'est personnellement muni de la licence.

- Lorsque l'activité d'entrepreneur de spectacles vivants est exercée par une personne physique, la licence est délivrée à cette personne sur justification de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés, ou, le cas échéant, au répertoire des métiers.
- Lorsque l'activité d'entrepreneur de spectacles vivants est exercée par une personne morale, la licence est accordée au représentant légal ou statutaire de celle-ci, sous réserve des dispositions suivantes :

  • a) pour les associations et pour les établissements publics, la licence est accordée au dirigeant désigné par l'organe délibérant prévu par les statuts ;
  • b) pour les salles de spectacles exploitées en régie directe par les collectivités publiques, la licence est accordée à la personne physique désignée par l'autorité compétente.

En cas de cessation des fonctions du détenteur de la licence, les droits attachés à cette licence sont transférés à la personne désignée par l'entreprise, l'autorité compétente ou l'organe délibérant, pour une durée qui ne peut excéder six mois.
L'identité de la personne ainsi désignée est transmise pour information à l'autorité administrative compétente au plus tard dans un délai de quinze jours à compter de cette désignation.

La licence d'entrepreneur de spectacles vivants est délivrée aux candidats qui remplissent les conditions suivantes :

  • a) être majeur ;
  • b) être titulaire d'un diplôme de l'enseignement supérieur ou justifier d'une expérience professionnelle de deux ans au moins ou d'une formation professionnelle de cinq cents heures au moins dans le domaine du spectacle
  • c) justifier de la capacité juridique d'exercer une activité commerciale.

En outre, la délivrance de la licence 1 (exploitants de lieux de spectacles aménagés pour les représentations publiques) est soumise aux conditions suivantes :

  • a) être propriétaire, locataire ou titulaire d'un titre d'occupation du lieu de spectacle qui fait l'objet de l'exploitation ;
  • b) avoir suivi, auprès d'un organisme agréé, une formation à la sécurité des spectacles adaptée à la nature du lieu de spectacle ou justifier de la présence dans l'entreprise d'une personne qualifiée dans le domaine de la sécurité des spectacles.

Le renouvellement de la licence est subordonné à la justification de la régularité de la situation des obligations au regard du droit du travail, de la sécurité sociale et de la propriété littéraire et artistique. En cas de manquement à ces obligations, la licence peut être retirée.

Quelle est la durée de validité de la licence ?

Les licences sont attribuées pour une durée de trois ans. Leur renouvellement sera réputé acquis lorsque l'autorité compétente n'a pas notifié sa décision dans un délai fixé par décret.
Ce régime d'autorisation tacite permet d'éviter qu'un retard de procédure ne pénalise l'activité des entrepreneurs.

L'instruction de la demande

Aux termes du décret du 29 juin 2000, l'instruction des licences est déconcentrée auprès du Préfet, et assurée par la direction des affaires culturelles territorialement compétente.
Lorsque l'instruction est close, les dossiers sont soumis à l'avis d'une commission consultative régionale présidée par le préfet de région ou son représentant. Cette commission est ainsi composée :

  • trois membres représentant les entrepreneurs de spectacles,
  • trois membres représentants les auteurs,
  • trois membres représentant les personnels artistiques et techniques,
  • trois personnalités qualifiées nommées en raison de leur compétence en matière de sécurité des spectacles et de relations du travail.

Le mandat des membres de la commission est d'une durée de cinq ans.

La décision portant refus d'attribution, refus de renouvellement ou retrait de la licence ne peut être prononcée sans que l'intéressé ait été préalablement avisé par lettre recommandée avec demande d'avis de réception des motifs invoqués à l'appui de la mesure envisagée. L'intéressé dispose d'un délai de huit jours pour présenter ses observations écrites.

Quels contrôles ?

Il n'y a pas de contrôle de la qualité artistique du projet présenté par le candidat à la licence, mais un contrôle de la régularité de sa situation au regard des différents principes réglementaires énoncés ci-dessus.

Le service instructeur vérifie également la régularité de la situation du demandeur au regard des lois sociales.

Au-delà des officiers et agents de police judiciaire, les inspecteurs du travail et les agents de contrôle des organismes sociaux sont habilités à constater l'infraction caractérisée par l'exercice de l'activité d'entrepreneur de spectacles sans licence, à l'occasion de leurs contrôles dans les entreprises.

Les sanctions visent tant les personnes physiques qui doivent être titulaires de la licence que les personnes morales.

Les administrations et organismes chargés du contrôle de l'application du droit du travail, de la sécurité sociale et de la propriété littéraire et artistique devront communiquer aux Directeurs régionaux des affaires culturelles, autorités compétentes pour instruire les dossiers de licences d'entrepreneurs de spectacles par délégation des Préfets, les éléments d'information qui leur seront utiles pour instruire les procédures de retrait de la licence d'entrepreneur de spectacles vivants.

Source : ministère de la culture : fiche pratique N° 5

Par Ministère de la culture
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Dimanche 29 janvier 2006

Organiser un spectacle théâtral


Deux fascicules élaborés par l’Agence culturelle d’Alsace disponibles sur internet :


. Organisateur de spectacle


La sécurité des spectacles 


L’Agence culturelle d’Alsace est une structure mise en place par le département et la région Alsace avec le soutien de la DRAC.


Par Agence culturelle d’Alsace
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Samedi 4 mars 2006
SAUVONS LE OFF !

Le conseil d’administration d’Avignon-Demain, réuni le 1er mars 2006, constate avec inquiétude la division actuelle des professionnels du théâtre participant au Festival Off.

Deux camps antagonistes sont en présence : d’un côté AFO (Avignon Festival Off), association qui a pris la suite d’APO (Avignon Public Off) en donnant plus de place aux compagnies de théâtre et ARTO (Avignon réseau théâtre œuvres) qui regroupe quinze théâtres permanents d’Avignon ; d’un autre côté ALFA (Association des lieux de festival en Avignon) qui représente plus d’un tiers des lieux utilisés pendant le Off et les Scènes d’Avignon qui réunissent les cinq théâtres permanents conventionnés avec la Ville.

Chaque camp rejette sur l’autre la responsabilité de la division et envisage d’éditer son programme et ses cartes de réduction. Autant qu’on puisse en juger les enjeux sont surtout financiers (le programme et les cartes ont dégagé plus de 500 000 euros de bénéfice en 2005) et les rivalités de personnes n’arrangent rien.

Avignon-Demain considère qu’une municipalité responsable et ayant une véritable politique culturelle aurait un rôle important à remplir dans le domaine de la concertation et de l’incitation. Loin de jouer ce rôle, la municipalité actuelle se comporte ouvertement comme Ponce Pilate tout en exacerbant en sous-main les divisions (en promettant par exemple des locaux à l’hôtel de Brantes à AFO, puis en revenant sur cette promesse suite à diverses pressions).

Avignon-Demain regrette vivement la situation actuelle et espère que l’esprit de responsabilité de toutes les parties en présence – acteurs, compagnies, directeurs de salle et lieux – permettra de surmonter les intérêts particuliers. Nous pensons que le public avignonnais a aussi sa place dans les débats et qu’il faudrait trouver un moyen de l’associer, pour arriver notamment à un festival mieux enraciné dans les quartiers.
 
OFF – COMMENT ON EN EST ARRIVÉ LÀ ?

En 2004, nous, les Scènes d’Avignon, nous nous sommes rangées derrière Avignon Public Off, dont Alain Léonard était le gérant.

Malgré ses dérives et sa tendance à l’opacité, APO était pour nous un outil culturel collectif que nous devions conserver. Nous connaissions bien Alain Léonard. C’était l’un des nôtres. Il sortait de la profession. Nous l’avions vu jouer. Il venait de la base. Il a créé Avignon Public Off en 1982.

Au cours du Festival 2004, il a commencé à être poussé vers la sortie, non seulement de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur même d’Avignon Public Off ! En attendant, et peut-être en partie grâce à lui, en 2005 l’unité s‘est reconstituée et pour le Festival nous avons eu un programme et une carte d’abonnement uniques, ce qui fut apprécié par le public et par les compagnies. Et pour 2006, nous attendions que soit reconduite la même unité.

Mais Léonard a été démissionné et, à partir de là, s’est amorcée une re-fondation, une sorte de mutation inattendue, de type centraliste – ce mal français par excellence – et enfin, sous la houlette de Jean-Claude Walter qui assurait l‘intérim, Avignon Public Off a accouché d’Avignon Festival Off, et d’un délégué général.

Nommé en novembre, ce délégué général est arrivé à Avignon en janvier. Vient-il d’un théâtre, d’une compagnie, du monde du showbizz ? Non pas du tout ! Ayant été danseur dans sa jeunesse, il nous arrive du monde politique.

Ici ou là, à un ou deux, à trois ou quatre, il nous a dit, vous les associations, ALFA, ARTO, Scènes d’Avignon, vous allez vous dissoudre. Et, dans AFO, les uns auront tant de sièges, les autres tant de sièges, les troisièmes tant de sièges au conseil d’administration, dans lequel il y aura des représentants de telle et telle organisation, des personnalités qualifiées (?), les anciens présidents, etc. Il comptait tout diriger, et plutôt arbitrairement. Avec la meilleure bonne volonté de notre part, ça ne pouvait pas marcher.

Et voilà comment nous, les Scènes d’Avignon, qui avions été derrière Avignon Public Off, nous sommes retrouvées devant un Avignon Festival Off qui a jeté toute l’ancienne équipe d’Avignon Public Off, tous les accords passés, qui croit que le Off lui appartient et qui crée, sous couvert d’une prétendue légitimité, une scission pour agir à sa guise et pour escamoter vers où, vers quoi (?) les 420 000 € générés par les cartes d’abonnement, c’est-à-dire par les compagnies qui accordent au public des tarifs préférentiels, et qui sont à gérer autrement dans l’intérêt collectif des artistes.

Nous avons appelé à la fondation d’une maison commune, mais après le départ de l’Adami et d’AFO lors de la réunion du 20 février à la mairie d’Avignon, nous Scènes d’Avignon, avec des indépendants et avec l’Association des lieux du Festival d’Avignon, avons appelé et appelons simplement à la seule solution acceptable pour l’union du Off, la fondation d’une association à direction collégiale : Avignon Festival & Compagnies.

Scènes d’Avignon est une association des théâtres du Balcon, des Carmes, du Chêne-Noir, du Chien-qui-fume, des Halles.

André Benedetto, 1er mars 2006
Par Avignon - Demain
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