Présentation

Radio et télévision - Audiovisuel - Multimédias

Jeudi 13 octobre 2005

DROIT DE LA TELEVISION

Voir le site du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA): http://www.csa.fr/index.php

Par Théâtre Passion
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 22 octobre 2005

Sites consacrés à la télévision et l'audiovisuel:


1. INSTITUTIONS EUROPEENNES

Association européenne pour l'éducation aux médias audiovisuels

Commission européenne

Conseil de l'Europe - Division médias

EPRA - Plateforme européenne des instances de régulation audiovisuelle

Mediadesk

Observatoire européen de l'audiovisuel

Parlement européen - Commission de la culture, de la jeunesse, de l'éducation et des médias

UER - Union européenne de radio-télévision 

2. ORGANISMES PUBLICS FRANCAIS

ANFR - Agence nationale des fréquences

 

ART - Autorité de régulation des télécommunications

 

Cartoradio - Répertoire des antennes relais de téléphonie mobile, de radio et de télévision en France (Agence nationale des fréquences)

 

CNC - Centre national de la cinématographie

 

• les liens du CNC : http://www.cnc.fr/f_sitefa/fr_f.htm

 

CSA – Conseil Supérieur de l'Audiovisuel

 

CNIL - Commission nationale informatique et libertés

 

DGLF - Délégation générale à la langue française et aux langues de France

 

DIGITIP - Direction générale de l'Industrie, des Technologies de l'Information et des Postes (ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie)

 

DDM - Direction du développement des médias - Services du Premier ministre

 

Forum des droits sur l'internet (organisme de réflexion sur les questions juridiques liées à l'internet)

 

INA - Institut national de l'audiovisuel

 

Légifrance - L'essentiel du droit français

 

Mediamerica - Site sur les médias audiovisuels aux Etats-Unis, créé par l'ambassade de France aux Etats-Unis

 

Médias en Allemagne - Service d'information de l'ambassade de France en Allemagne.

 

MédiAsie (Lettre d'information sur les médias en Asie publiée par le Consulat général de France à Hong-Kong)

 

Ministère de la Culture et de la Communication

 

Recherche et Innovation en Audiovisuel et Multimédia

 

Service-Public - La redevance télévision - Page du site précédent sur les modalités de paiement de la redevance télévision

 

Vie-publique - La politique de l'audiovisuel - Site édité par la Documentation française

3. PRINCIPAUX OPERATEURS(TELEVISION, CABLE, SATELLITE)

Source : Conseil Supérieur de l'Audiovisuel ( http://www.csa.fr/infos/liens/liens_liens.php )

 

AB Groupe

 

Arte - La chaîne culturelle européenne

 

Astra - Société européenne des satellites

 

Canal+

 

CanalSatellite

 

Europe 1

 

Europe 2

 

Eutelsat (European Telecommunications Satellite Organisation)

 

France 2

 

France 3

 

France 5

 

France Telecom Câble

 

France télévisions

 

Fun Radio

 

GIE Les Indépendants

 

La Chaîne parlementaire : Public Sénat et LCP-AN

 

M6

 

MCM

 

NC Numéricâble

 

Noos

 

NRJ

 

Radio France

 

RFI - Radio France internationale

 

RFO - Réseau France Outre-mer

 

RTL 2

 

RTL 9

 

RTL

 

RTL Group

 

Skyrock

 

TDF - TéléDiffusion de France

 

TMC - Télé Monte-Carlo

 

Towercast

 

TPS - Télévision Par Satellite

 

TF1

 

TV France International

 

TV5

 

UPC France

 

Vivendi Universal

 

Annuaire des autres opérateurs (télévision, radio, câble et satellite) sur le site du CSA : http://www.csa.fr/infos/operateurs/operateurs_annuaire_accueil.php

4. ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES

AACC - Association des agences conseil en communication

 

ACCeS - Association des chaînes du câble et du satellite

 

ADDOC - Association des cinéastes documentaires

 

AFJV - Agence française pour le jeu vidéo

 

AFORM - Association française des opérateurs de réseaux multiservices

 

ALPA - Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle

 

AVICCA - Association des villes et collectivités pour les communications électroniques

 

BVP - Bureau de vérification de la publicité

 

CNRA - Conseil national des radios associatives

 

CNRL - Confédération nationale des radios libres

 

FICAM - Fédération des industries du cinéma, de l'audiovisuel et du multimédia

 

SACD - Société des auteurs et compositeurs dramatiques

 

SACEM - Société de gestion collective des droits d'auteur pour la musique

 

SCAM - Société civile des auteurs multimédia

 

SEV - Syndicat Edition Vidéo

 

SELL - Syndicat des éditeurs de logiciels de loisir

 

SNPTV - Syndicat national de la publicité télévisée

 

TLSP - Union des télévisions locales de service public

 

USPA - Union syndicale de la production audiovisuelle

5. Actualité TV :

@ctutélé

 

iMédias

 

Mediametrie : Site officiel de Médiametrie

 

Mediabb

 

Newsmedias

 

Overdrive audiovisuel

 

RadioTV : annuaire traitant des TV et Radios dans le monde.

 

Satellifax

 

Tele 7 Jours

 

Tele Satellite

 

Toutsurlacom

 

Toutelatele

 

TV News : Revue de presse de l'actualité TV et audiences quotidiennes.

6. PRESSE QUOTIDIENNE (RUBRIQUE TV)

• Le Parisien

 

• 20 minutes

 

• Le Monde

 

• Le Figaro

 

• Libération

 

• Les Echos

7. Divers

Par Théâtre Passion
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 22 octobre 2005

LA POLITIQUE DE L'AUDIOVISUEL - LA DOCUMENTATION FRANCAISE

Le secteur de l’audiovisuel a glissé progressivement du monopole d’Etat vers une organisation mixte et pluraliste où coexistent un secteur public et un secteur privé. Sur le plan juridique, la remise en cause du monopole puis sa disparition furent jalonnées de nombreux textes, parfois contradictoires, partagés entre la volonté de maintenir les structures audiovisuelles sous influence publique et le souci de procéder à une libéralisation plus ou moins contrôlée.

Les lois de 1981 et de 1982 qui mirent fin au monopole puis celle de 1986 qui affirma la liberté de communication, ouvrirent le champ à la création de radios et de télévisions nouvelles. Les opérateurs, qu’ils soient publics ou privés, furent contraints de trouver de nouveaux équilibres qu’une vingtaine de lois, jusqu’à celle du 1er août 2000, vinrent mettre en cause de façon plus ou moins profonde. Mais la question posée par la fin du monopole reste encore ouverte : comment assurer durablement l’équilibre entre le secteur public et le secteur privé et notamment comment concilier les contraintes politiques, financières et juridiques qui s’imposent à ces différents secteurs ?

L’Etat, qui définissait et mettait en oeuvre la politique de l’audiovisuel tout en étant l’unique opérateur du secteur, ne joue plus le même rôle. Il a renoncé à exercer un contrôle direct laissant au législateur l’organisation d’une régulation transparente. C’est ainsi que le démantèlement du monopole s’est accompagné de la mise en place d’un pouvoir de régulation confié à des autorités administratives indépendantes.

D’après "Les Politiques audiovisuelles en France", Rémy TOMASZEWSKI, La Documentation française, 2001. Dossier revu et mis à jour en avril 2005

Le secteur public

Les entreprises publiques occupent une place importante dans le secteur de l’audiovisuel, en France mais aussi dans la plupart des autres pays européens. Confronté à des mutations économiques et technologiques importantes, notamment depuis le début des années 1980 (fin du monopole d’Etat et ouverture à la concurrence, développement des technologies numériques par exemple) le secteur public est régulièrement au centre des débats politiques et a suscité un important travail législatif. Les missions des sociétés du secteur public de l’audiovisuel sont définies dans des cahiers des charges approuvés par décret.

Trois grands principes ont guidé le législateur dans la définition des missions du secteur public :
-  un secteur public généraliste qui informe, éduque et divertit,
-  un secteur public qui favorise la création et la production d’oeuvres originales,
-  un secteur public qui élargit son offre de programmes et développe les nouvelles techniques de production et de diffusion.

Chacun des organismes du secteur de l’audiovisuel public se voit impartir des orientations particulières dans le cadre des missions générales du service public. La loi du 1er août 2000 prévoit en outre la conclusion de contrats d’objectifs et de moyens entre l’Etat et les sociétés de l’audiovisuel public. L’objectif de ces contrats est de dynamiser et moderniser les relations que les sociétés publiques de l’audiovisuel entretiennent avec l’Etat, notamment en matière budgétaire ainsi que de définir, pour une durée de quatre ou cinq ans suivant les cas, les orientations stratégiques des sociétés associant des objectifs à des indicateurs précis.

Réglementation et régulation

La fin du monopole d’Etat, consacrée par les lois de 1981 et de 1982, l’apparition de nouveaux acteurs et le souci d’éviter une ingérence de l’Etat dans les contenus ont conduit à la mise en place d’un pouvoir de régulation. Le législateur a peu à peu étendu et précisé les compétences des trois instances de régulation qui se sont succédées depuis 1982 : la Haute Autorité de la communication audiovisuelle, puis la Commission nationale de la communication et des libertés, enfin le Conseil supérieur de l’audiovisuel.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), autorité administrative indépendante créée en 1989, garantit en France l’exercice de la liberté de communication audiovisuelle dans les conditions définies par la loi du 30 septembre 1986 modifiée. Toutefois, le CSA n’est pas seulement chargé de veiller au contenu de l’information, il doit aussi veiller à la pluralité de l’actionnariat des chaînes, délivrer les autorisations d’émettre, nommer les dirigeants des entreprises du secteur public de l’audiovisuel... Schématiquement, on peut diviser la régulation de l’audiovisuel en deux branches : le contrôle du respect des règles économiques d’une part, et le contrôle du respect de règles déontologiques d’autre part.

La réglementation

Si la régulation est confiée à une autorité administrative indépendante, la réglementation est du ressort exclusif de l’Etat. Ce sont les ministres de la culture et de la communication qui sont en charge des dossiers relatifs à l’audiovisuel et qui définissent la cadre et les obligations des différents acteurs. A ce titre ils bénéficient du soutien juridique et technique d’un des services du Premier ministre qui est mis à leur disposition : la Direction du développement des médias.

Placée sous l’autorité du Premier ministre et mise à la disposition du ministre chargé de la communication, la DDM a été créée par un décret du 3 novembre 2000. Ce texte confirme et renforce les missions assignées en 1995 au Service juridique et technique de l’information et de la communication (SJTIC) comme administration en charge du développement de l’ensemble des médias : presse écrite et audiovisuel classique, aussi bien que nouvelles formes de communication en ligne. A ce titre, la DDM est chargée de :
-  moderniser la tutelle des entreprises de l’audiovisuel public
-  adapter le système des aides publiques destinées à la presse écrite et à son développement dans le multimédia
-  préparer les évolutions nécessaires de la réglementation en matière de liberté de la presse, de communication et de services en ligne. Cette action s’inscrit de manière croissante dans un environnement de dimension européenne et internationale. Dans le cadre de ces missions, la DDM assure le secrétariat de la Commission administrative paritaire des publications et des agences de presse (CPPAP), du Fonds de soutien à l’expression radiophonique (FSER), du Fonds de modernisation de la presse.

Un arrêté du 2 février 2003 réorganise la direction et précise que la DDM comprend :
-  la sous-direction de la presse écrite et de l’information
-  la sous-direction de la communication audiovisuelle
-  la sous-direction du développement et de la société de l’information
-  un département des statistiques, des études, et de la documentation sur les médias
-  ainsi qu’un secrétariat général.

L’attribution des fréquences et les autorisations d’émettre - l’exemple de la TNT

La gestion du spectre et des fréquences disponibles pour la radio et la télévision relève du pouvoir de régulation.

La planification des bandes MF et MA, tout comme l’attribution de canaux de diffusion aux télévisions (résorption de zones d’ombre, régionalisation de France 3, extension de réseaux), repose exclusivement sur le CSA.

Parallèlement, le CSA délivre des autorisations d’émettre aux radios MF et MA et aux télévisions privées. Les services de radio et de télévision diffusés par satellite et/ou distribués par câble entrent également dans son champ de compétences.

C’est dans ce cadre que le CSA gère le dossier de la Télévision Numérique Terrestre (TNT). D’une part, le CSA a réalisé la planification du spectre afin de permettre le déploiement de la télévision numérique de terre sans perturber la diffusion actuelle des services de télévision en mode analogique ; il a également entrepris la planification des fréquences. D’autre part, le CSA procède à la sélection des chaînes de la TNT.

En effet, la diffusion terrestre hertzienne, qui reste le mode unique de réception de la télévision pour 80 % des foyers français, peut, aujourd’hui, après le câble et le satellite, bénéficier des techniques de compression numérique. C’est la loi du 2 août 2000 qui fixe les modalités de déploiement de cette technologie. Le CSA est chargé d’attribuer les nouvelles fréquences, cependant l’Etat peut exercer un droit de priorité auprès du CSA pour que celui-ci attribue des capacités numériques aux chaînes publiques. Le service public, via France Télévisions, dispose de six chaînes : France 2, France 3, France 4, France 5, Arte, La Chaîne parlementaire. Les autres canaux sont attribués après lancement d’appels aux candidatures et après audition publique des candidats. La loi prévoit que chacun des opérateurs privés ne peut pas briguer à plus de cinq chaînes. Les chaînes nationales pré-existantes (TF1, Canal+, M6) bénéficient d’une priorité d’accès au réseau numérique terrestre pour la reprise intégrale et simultanée de leur programme ("simulcast"). Ces mêmes opérateurs bénéficient automatiquement d’un deuxième canal. Le CSA, lors de son assemblée plénière du 8 juin 2004, a fixé les dates de lancement de la TNT :
-  31 mars 2005 : début des émissions des chaînes en clair et de Canal+ pour son programme en clair ;
-  1er septembre 2005 : début des émissions des chaînes payantes et de Canal+ pour son programme réservé aux abonnés, avec un délai maximal de six mois.

Le 31 mars 2005, 35 % de la population française est couverte par la TNT, à partir de 17 sites d’émission desservant Paris et la région parisienne, la plus grande partie de la Bretagne, des départements des Bouches-du-Rhône, de la Charente, de la Charente-Maritime, de la Gironde, de la Seine-Maritime et des Deux-Sèvres, ainsi que les agglomérations de Lille, Lyon et Toulouse. En septembre 2005, 50 % de la population française doit recevoir les chaînes de la TNT. Les nouvelles grandes agglomérations desservies sont Ajaccio, Bayonne, Bourges, Caen, Cherbourg, Grenoble, Le Havre, Le Mans, Nantes, Orléans, Reims, Saint-Étienne, Toulon et de nouvelles zones dans la région de Lille et de Toulouse. En juin 2006, 65 % de la population française sera couverte et début 2007, 80 à 85 %.

Les règles déontologiques

Le coeur de la régulation réside dans le contrôle du respect des règles déontologiques : respect de la dignité humaine et de l’ordre public, pluralisme et honnêteté de l’information, protection de l’enfance et de l’adolescence, défense et illustration de la langue française. C’est le CSA qui vérifie, par l’enregistrement systématique de tous les programmes des chaînes nationales (et par sondage pour les chaînes locales, du câble ou du satellite), que les opérateurs respectent bien les engagements définis par la loi. Ce contrôle s’exerce toujours lors de la diffusion et non pas avant, le Conseil ne disposant en conséquence d’aucun pouvoir de censure. En cas de non-respect, le CSA dispose de pouvoirs de sanction qui vont de l’amende jusqu’à la suspension de l’autorisation d’émettre, voire à son retrait pour les opérateurs privés.

La protection de l’enfance et de l’adolescence est encadrée par un important dispositif juridique tant national qu’européen. En concertation avec les diffuseurs, le CSA a mis en place une signalétique jeunesse à partir de 1996. L’objectif est double : renforcer la vigilance des chaînes grâce à la classification de chaque émission et celle des parents grâce à la présence d’un pictogramme.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a également pour mission, de par la loi sur l’audiovisuel, de garantir le pluralisme de l’expression des courants de pensée et d’opinion. Dans ce cadre, il vérifie le respect du principe de référence adopté en janvier 2000. Ce principe dispose que les chaînes doivent respecter un équilibre entre le temps d’intervention des membres du gouvernement, celui des personnalités appartenant à la majorité parlementaire et celui des personnalités de l’opposition parlementaire et leur assurer des conditions de programmation comparables. En outre, elles doivent veiller à assurer un temps d’intervention équitable aux personnalités appartenant à des formations politiques non représentées au Parlement.

En périodes électorales, le CSA adresse, pour la durée des campagnes électorales, des recommandations aux radios et aux télévisions, ainsi qu’aux services locaux du câble, afin de fixer les règles concernant l’accès des candidats et de leurs soutiens à l’antenne. Il établit des relevés des temps d’antenne et de parole de chaque candidat sur les chaînes nationales qu’il rend publics. Le Conseil fixe également les règles concernant les conditions de production, de programmation et de diffusion des émissions relatives aux campagnes électorales que les radios et télévisions publiques sont tenues de produire et de programmer.

les règles économiques

L’audiovisuel est régulé par des règles économiques, destinées en premier lieu à préserver la diversité et l’industrie culturelles et à limiter la concentration.

Ainsi, le CSA est chargé de veiller à la pluralité de l’actionnariat des chaînes privées et de saisir le Conseil de la Concurrence de tout abus de position dominante qu’il constate.

Les relations entre le Conseil de la concurrence et le Conseil supérieur de l’audiovisuel sont définies par l’article 37 de la loi sur la communication audiovisuelle du 1er août 2000 :"Le Conseil de la concurrence recueille l’avis du Conseil supérieur de l’audiovisuel et à cet effet, lui communique toute saisine relative... à toute concentration ou tout projet de concentration concernant directement ou indirectement un éditeur ou un distributeur de service de communication audiovisuelle... Le Conseil de la concurrence recueille également l’avis du Conseil supérieur de l’audiovisuel sur les pratiques anticoncurrentielles dont il est saisi dans le secteur de la communication audiovisuelle.... Le Conseil supérieur de l’audiovisuel saisit le Conseil de la concurrence de tout fait susceptible de constituer une pratique anticoncurrentielle dont il a connaissance dans le secteur de la communication audiovisuelle."

Parallèlement, afin de préserver la diversité culturelle et soutenir l’industrie nationale et européenne de programmes audiovisuels et cinématographiques, la loi impose aux chaînes, privées et publiques, des quotas de diffusion et d’investissement dans la production d’œuvres audiovisuelles et cinématographiques européennes ou d’expression originale française. De même, les règles relatives à la diffusion des oeuvres cinématographiques à la télévision sont destinées avant tout à préserver l’équilibre économique de la filière cinématographique en assurant la spécificité du cinéma. Il s’agit de maintenir la possibilité d’amortir une première fois les coûts de production grâce aux recettes générées par l’exploitation en salle en protégeant cette dernière.

Le financement

L’Etat intervient largement dans le financement de l’audiovisuel.

En premier lieu, en tant qu’actionnaire du secteur public de l’audiovisuel, il attribue un budget à chaque organisme du secteur public. Chaque année, le budget de l’Etat prévoit des dotations pour les sociétés nationales de programmes.

L’Etat soutient également des activités du secteur privé non rémunératrices - c’est l’exemple du Fonds de soutien à l’expression radiophonique - ou aide à la création audiovisuelle entendue en tant que création culturelle.

Enfin, l’Etat intervient aussi dans le financement de l’audiovisuel privé en définissant les règles qui encadrent la publicité et le parrainage, principales sources de financement du secteur privé.

Redevance et financement de l’audiovisuel public

Les ressources des entreprises du secteur public de l’audiovisuel proviennent :
-  de la redevance qui est répartie entre les différentes sociétés lors du vote de la loi des finances,
-  du remboursement des exonérations de redevance,
-  des dotations budgétaires qui sont accordées pour répondre à des besoins exceptionnels ou à des missions particulières
-  et, en ce qui concerne les ressources commerciales, de la publicité et du parrainage.

Le financement du secteur public de l’audiovisuel a été revu à l’occasion du vote de la loi du 1er août 2000. Il est désormais lié à l’exécution de contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens. Le temps de diffusion de messages publicitaires sur France 2 et France 3 est réduit à 8 minutes par heure, au lieu de 12 précédemment, la baisse des recettes étant compensée par une augmentation des crédits. Enfin, le remboursement intégral des exonérations de redevances est inscrit dans la loi. Ce système mixte, qui associe ressources publiques et ressources commerciales, est régulièrement contesté par certains opérateurs qui dénoncent des entorses aux règles de la concurrence. La Commission européenne, saisie de cette question en 1999 suite à une plainte de TF1, a publié une communication sur ce sujet en novembre 2001.

Par ailleurs, la redevance, en raison d’un taux de recouvrement relativement faible, fait l’objet de nombreuses critiques et des propositions de réforme, voire de suppression, ont été énoncées.

La loi de finances pour 2005 réforme la redevance audiovisuelle en adossant son recouvrement à celui de la taxe d’habitation. La redevance conserve son caractère de taxe spécifique : elle est désormais une taxe fiscale directement affectée aux organismes investis des missions du service public de l’audiovisuel. Son recouvrement est assuré par les trésoreries.

Aides et subventions

L’audiovisuel, secteur culturel, bénéficie d’aides et de soutiens publics destinés à favoriser le pluralisme et la création audiovisuelle. Le Fonds de Soutien à l’Expression radiophonique (FSER), créé par décret le 1er décembre 1984, est un fonds national alimenté par une taxe fiscale sur les recettes publicitaires des télévisions et des radios. Il gère l’aide publique attribuée aux radios hertziennes éditées par une association et accomplissant une mission de communication sociale de proximité lorsque leurs ressources commerciales sont inférieures à 20 % de leur chiffre d’affaires total. Le FSER propose 4 types de subventions :
-  Les subventions d’installation
-  Les subventions de fonctionnement
-  La majoration à la subvention de fonctionnement
-  Les subventions d’équipement.

Parallèlement, le Compte de soutien à l’industrie des programmes audiovisuels (COSIP), géré par la Centre national de la cinématographie (CNC), vise à favoriser la production d’oeuvres audiovisuelles destinées à être diffusées sur les chaînes de télévision françaises. L’aide est versée aux producteurs. Cette aide a connu des aménagements techniques en septembre 2004 : les décrets 2004-1009 et 2004-1010 recentrent le COSIP sur des objectifs de soutien à des oeuvres à caractère patrimonial, modifient les barèmes et tendent à améliorer le financement des programmes destinés à la jeunesse.

Publicité et parrainage

La publicité est une source de financement essentielle de l’audiovisuel, qu’il soit public ou privé. L’activité publicitaire, qui couvre la publicité, le parrainage et le télé-achat, est cependant restreinte dans le cadre d’une déontologie visant à respecter le téléspectateur mais aussi afin de maintenir un équilibre entre les différents secteurs économiques financés par la publicité.

Chaînes de télévision et radios sont tenues au respect des règles générales issues de la loi et de ses décrets d’application encadrant la publicité, le parrainage et le téléachat. En matière télévisuelle, quel que soit le mode de diffusion des services, c’est le décret n° 92-280 du 27 mars 1992 modifié, pris pour l’application des articles 27 et 33 de la loi, qui fixe ces principes généraux. Pour les radios privées, il s’agit du décret n° 87-239 du 6 avril 1987 pris pour l’application de l’article 27.

L’article 14 de la loi du 30 septembre 1986 modifiée confie au CSA une mission de contrôle sur l’objet, le contenu et les modalités de programmation des émissions publicitaires diffusées sur les antennes. Les motifs d’intervention du CSA sont nombreux et se fondent sur le non-respect de la réglementation, tels que la diffusion de messages pour des secteurs interdits, pour des raisons déontologiques ou économiques, de publicité radio ou télévisée, la programmation de messages contestables sur le plan déontologique ou encore le recours à des pratiques relevant de la publicité clandestine.

Cependant, depuis 1993, le contenu des messages publicitaires n’est plus soumis au contrôle préalable du CSA : c’est le Bureau de Vérification de la Publicité (BVP), instance interprofessionnelle réunissant les régies, les annonceurs, les agences et les supports, qui fournit aux professionnels un conseil au cours de l’élaboration du message publicitaire et donne un avis avant diffusion sur la conformité du message publicitaire avec la réglementation existante.

L’audiovisuel extérieur

La politique audiovisuelle extérieure relève en principe de la compétence du ministère des Affaires étrangères mais son caractère interministériel de renforce depuis le milieu des années 1990.

Le pôle radiophonique extérieur est constitué autour de Radio France Internationale (RFI). Troisième radiodiffuseur international, après la BBC et Voice of America et à égalité avec la Deutsche Welle, RFI et sa filiale RMC Moyen-Orient comptent 45 millions d’auditeurs réguliers dans le monde. RFI est présente sur 28 satellites de diffusion directe, sur 81 relais FM et bénéficie de 34 reprises sur les réseaux câblés, 170 radios étrangères reprennent ses programmes en direct et 340 ses programmes enregistrés. A la demande du ministère des Affaires Etrangères, une présence plus visible dans le monde arabo-musulman a été adoptée comme objectif prioritaire.

Le pôle télévisuel repose sur deux sociétés : TV5 et Canal France International (CFI). Depuis la réforme des structures gestionnaires de la chaîne de l’été 2001, TV5 Monde a la configuration suivante :
-  une structure unique chargée d’éditer une programmation régionalisée en 8 signaux
-  un patron unique : le président du conseil d’administration est également son président directeur général
-  la France, actionnaire et bailleur de fonds majoritaire, détient la réalité du pouvoir
-  une comptabilité et des flux financiers simplifiés avec l’adoption de la règle unique des neuvièmes pour la répartition des charges gouvernementales (soit 6/9ème pour la France, 1/9ème pour chacun des partenaires belge, suisse et québéco-canadien). TV5 Monde est reçue par 160 millions de foyers dans le monde, elle émet huit signaux régionalisés. De son côté, CFI connaît depuis 2002 une importante phase de restructuration. Cette restructuration s’est d’abord matérialisée par l’interruption de la diffusion de CFI-TV (diffusée en clair sur l’Afrique francophone) et par la cession du bouquet satellitaire "Le Sat". Elle s’est ensuite traduite par la rationalisation de l’activité de banque de programmes et par le développement de son rôle de coordinateur dans le domaine de la coopération télévisuelle internationale. La mission première de CFI est de fournir des programmes aux télévisions des pays émergents.

Depuis 2002, l’annonce par le chef de l’Etat de l’ambition de lancer une chaîne télévisée internationale d’information marque les récents développements de la politique audiovisuelle extérieure. Pour répondre à cette ambition, une réflexion sur les modalités de création d’une chaîne française d’information internationale a été lancée et ce sont les propositions de Bernard Brochand qui ont été retenues par le Premier ministre. Dans son rapport de septembre 2003, le député Bernard Brochand propose la création d’une société détenue à parité par TF1 et France Télévisions. Le 9 décembre 2004, Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, a annoncé le lancement de la chaine d’information internationale en 2005 et, lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative pour 2004, les députés ont adopté un amendement gouvernemental qui alloue 30 millions d’euros au financement de la chaîne d’information internationale.

 

Documents de référence

La politique européenne

La politique européenne de l’audiovisuel peut schématiquement être scindée en deux grands domaines :
-  un cadre réglementaire visant à réaliser un marché commun de la radiodiffusion et cherchant à protéger les mineurs contre des contenus préjudiciables (I)
-  des mécanismes de soutien pour compléter les systèmes existant au niveau national (II).

I. Le cadre réglementaire repose largement sur la Directive Télévision sans Frontières (TSF). La directive "Télévision sans frontières" (89/552/CEE), adoptée le 3 octobre 1989 et modifiée le 30 juin 1997 par la directive 97/36/CE du Parlement européen et du Conseil, établit le cadre légal de référence pour la libre prestation de services télévisuels dans l’Union afin de promouvoir le développement d’un marché européen de télévision ainsi que des services connexes, comme la publicité télévisuelle et la production de programmes audiovisuels. La directive coordonne au niveau communautaire la législation nationale dans les domaines suivants :
-  loi applicable en matière de radiodiffusion télévisuelle
-  promotion de la production et de la distribution d’oeuvres européennes
-  accès du public aux événements (sportifs) majeurs
-  publicité télévisuelle et parrainage
-  protection des mineurs
-  droit de réponse. La Communication de la Commission sur l’avenir de la politique de réglementation européenne dans le domaine de l’audiovisuel (décembre 2003) propose une approche en deux phases pour la révision de la directive.

II. Pour renforcer la compétitivité de l’industrie audiovisuelle européenne, des mesures de soutien financier ont été accordées dans le cadre des programmes MEDIA. Sur la période 2001-2006, c’est le programme MEDIA Plus qui est en vigueur. Doté d’un budget de 400 millions d’euros, MEDIA Plus comprend plusieurs séries d’actions incitatives qui portent sur :
-  la formation des professionnels
-  le développement des projets de production
-  la distribution des oeuvres cinématographiques et des programmes audiovisuels
-  la promotion des oeuvres cinématographiques et des programmes audiovisuels
-  le soutien aux festivals cinématographiques.

Bibliographie

ALBERT (Pierre), TUDESQ (André-Jean). - Histoire de la Radio-Télévision. Paris : PUF, 5ème édition, 1996 "Que sais-je ?" ; 1904).

BACHMANN (Sophie). L’éclatement de l’ORTF. Paris : L’Harmattan, 1997

BELOT (Claude). - Rapport d’information fait au nom de la Commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation sur le financement de l’audiovisuel public. Paris : Sénat, 2000, n° 162 http://www.senat.fr/rap/r99-162/r99-162.html

BOUDET DE MONTPLAISIR (Daniel).- Télévision numérique et haute définition.- Paris : Premier ministre, 2005. http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/044000513.shtml

BOURDON (J.) (sous la direction de). - "Genèse et actualité du service public" . Dossiers de l’audiovisuel, n°60, 1995. Paris : INA, La Documentation française.

BOYON (Michel).- La télévision numérique terrestre.- Paris : Premier ministre, 2002 http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/024000551.shtml

CAMPET (Jacques), CAVADA (Jean Marie), ELKABBACH (Jean Pierre). - L’avenir de la télévision publique : rapport au Ministre de la communication. La Documentation française, Paris, 1994. http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/944021600.shtml

CHAUVEAU (Agnès). - L’audiovisuel en liberté ? Histoire de la Haute Autorité. - Paris : Presses de Sciences-Po, 1997.

CLEMENT (Catherine). La nuit et l’été : quelques propositions pour les quatre saisons : rapport sur l’évaluation, l’analyse et les propositions concernant l’offre culturelle à France Télévisions (particulièrement France 2 et France 3).- Paris : La Documentation française, 2002. http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/024000628.shtml

Colloque sur l’avenir des télévisions publiques en Europe. Lille,19 et 20 juillet 2000

DAGNAUD (Monique). Médias et violence.- Paris : La documentation française, 2003.- (Problèmes politiques et sociaux ; 886)

DECAUX (Alain). - La Politique télévisuelle extérieure de la France : rapport au Premier ministre. Paris : La Documentation française,1989.-Collection des rapports officiels.

DELAVAUX (Gilles).- Un siècle de télévision. Dossiers de l’audiovisuel, 2004

FRANCE. Direction du développement des medias.- Quelles perspectives de développement pour les télévisions locales ?.- Paris : Premier ministre, 2003 http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/034000244.shtml

FRANCE. Service juridique et technique de l’information et de la communication . - Numérisation de la diffusion terrestre de la télévision et de la radio : livre blanc. Paris : Ministère de la culture et de la communication, 1999. http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/004001827.shtml

FRANCESCHINI (Laurence). - La régulation audiovisuelle en France.- Paris : PUF, Collection "Que Sais-je ?", n°3044, 1995.

GOURINCHAS (Bernard).- Le recours à l’intermittence dans les sociétés de l’audiovisuel public.- Paris : Ministère de la culture et de la communication, 2004. http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/044000010.shtml

GOUTEYRON (André). - Rapport fait au nom de la Commission des affaires culturelles sur le projet de loi complétant l’article 26 de la loi... du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication. Paris : Sénat, 1991 ; n° 285.

HADAS-LEBEL (Raphaël). - La Télévision de demain : nouvelles technologies et société. Paris : Conseil économique et social , 1997.

HUGOT (Jean-Paul). - Rapport d’information fait au nom de la Commission des affaires culturelles sur la communication audiovisuelle. Paris : Sénat, 1998 (rapport d’information ; 38) http://www.senat.fr/rap/r98-038/r98-038_mono.html .

JULLIAN (Marcel). - De la télévision et de son bon usage. Paris : Ministère de la culture et de la communication,1986.

LANGE (André). -"Diversité et divergences dans le financement des organismes de radio-télévision de service public dans l’Union européenne".- Communication et stratégies, n°35, 3ème trimestre 1999.

LE CHAMPION (Rémy) et DANARD (Benoît) . -"Télévision de pénurie, télévision d’abondance : des origine à internet". Notes et études documentaires, n°5110-11, avril 2000

MARC (François). Rapport d’information fait au nom de la Commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation sur le Conseil supérieur de l’audiovisuel. Paris : Sénat, 2004. (Les Rapports du Sénat ; 371) http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/044000320.shtml

MARTIN-LALANDE (Patrice).- Rapport d’information déposé... par la Commission des finances... sur les conventions collectives des personnels de l’audiovisuel public. Paris : Assemblée nationale, 2004.- (Documents d’information de l’Assemblée nationale ; 1801) http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i1801.asp

MARTIN-LALANDE (Patrice).- Rapport d’information déposé en application de l’article 146 du Règlement par la Commission des finances, de l’économie générale et du plan sur la redevance audiovisuelle.- Paris : Assemblée nationale, 2003.- (Documents d’information de l’Assemblée nationale ; 1019) http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i1019.asp

MERCIER (Arnaud). Télévision et politique. Paris : La Documentation française, 2004.- (Problèmes politiques et sociaux ; 900)

MIEGE (Bernard). - Système de radio et télévision en France. Les systèmes de radio-télévision en Europe. Strasbourg : Observatoire européen de l’audiovisuel, 2000.

MIGAUD (Didier). - Rapport d’information déposé par la Commission des finances, de l’économie générale et du plan en conclusion des travaux d’une mission d’évaluation et de contrôle constituée le 22 décembre 1999, sur le recouvrement de l’impôt. Paris : Assemblée nationale, 2000 (rapport d’information, 2543) http://www.assemblee-nationale.fr/rap-info/i2543.asp

MISSIKA (Jean Louis). - Les entreprises publiques de télévision et les missions de service public : rapport de mission au ministre de la culture et de la communication. 1997. http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/984000018.shtml

MOINOT (Pierre) et al. - Pour une réforme de l’audiovisuel : rapport au premier ministre de la commission de réflexion et d’orientation sur l’audiovisuel. Paris : La Documentation française, 1981. http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/814054301.shtml

MUSELIER, (Renaud), BOUQUILLON (Emmanuelle), LAZARRO (Thierry).- Rapport d’information déposé par la Commission des affaires culturelles sur la chanson française. Paris : Assemblée nationale, 1994 (rapport d’information ; 1006) http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/944034200.shtml

NPA CONSEIL (Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine).- L’arrivée de la TVHD en France : opportunités économiques pour les acteurs et scénarios d’introduction. Paris : Ministère de l’industrie, 2005. http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/054000039.shtml

PAYE (Lucien), et al. - Rapport de la commission du statut de l’ORTF. Paris : La Documentation française, 1970.

OREJA (Marcelino). - Rapport du groupe de réflexion à haut niveau sur la politique audiovisuelle. - Commission européenne, 1999

SCHWARZ (Antoine).- La production audiovisuelle et son financement. Paris : Ministère de la culture et de la communication, 2003 http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/044000101.shtml

TOMASZEWSKI (Rémi). Les politiques audiovisuelles en France, coll. "Retour au textes", La Documentation française, Paris, 2000

Par La Documentation française
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 22 octobre 2005

DROIT DE LA TELEVISION ET DE L'AUDIOVISUEL : CHRONOLOGIE :

1837-1944

  • 1837 : La loi sur les lignes télégraphiques du 6 mai 1837 instaure un monopole d’Etat sur les moyens de communication à distance.

     

    1923 : La loi de finance du 30 juin étend le monopole d’Etat "à l’émission et à la réception des signaux radio-électriques de toute nature". Un décret du 24 novembre prévoit un régime dérogatoire pour les radios privées qui peuvent demander des autorisations d’émettre au ministère des Postes et Télécommunications.

     

    1933 : Instauration de la redevance sur les postes radiophoniques.

     

    Juillet-septembre 1939 : Deux décrets tranforment la Radiodiffusion nationale en Administration de la radiodiffusion nationale.

     

    1er avril 1940 : Création du premier ministère de l’information qui remplace le Commissariat général à l’information et à la radiodiffusion nationale créé en juillet 1939.

     

    19 juin 1940 :La Radiodiffusion nationale est rattachée au vice-président du Conseil, Pierre Laval.

     

    1941-1943 : Création de Radio-Paris puis de Télévision-Paris par les autorités allemandes.

     

    6 janvier 1944 : Le secrétariat d’Etat à l’Information devient secrétariat d’Etat à l’Information et à la Propagande.

     

    4 avril 1944 : Création par le gouvernement provisoire de la République française à Alger d’un Commissariat à l’Information. Ses services prendront peu à peu le contrôle de la radiodiffusion pendant les derniers mois de la guerre.
  • 1945-1973

    1945 : Le régime dérogatoire créé par décret en 1923 est supprimé par l’ordonnance du 23 mars qui rétablit ainsi le monopole de programmation et de diffusion radiophonique.

     

    1948 : La liberté de diffusion et de réception des idées et des informations par " quelque moyen d’expression que ce soit " est inscrite dans l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée le 10 décembre 1948 par l’ONU.

     

    9 février 1949 : La Radiodiffusion française en charge du service public de radiotélévision devient la Radiodiffusion Télévision française (RTF).

     

    30 juillet 1949 : La loi n°49-1032 étend la redevance sur les postes radiophoniques aux postes récepteurs de télévision.

     

    24 mai 1951 : La loi n°51-601 autorise la publicité collective d’intérêt national dans les émissions radiodiffusées.

     

    1955 : Lancement de la radio périphérique Europe n°1. L’ordonnance du 23 mars 1945 n’ayant pas instauré de monopole de réception, ses programmes sont accessibles sur le territoire français.

     

    4 février 1959 : La Radio Télévision Française (RTF) devient un établissement public à caractère industriel et commercial doté d’une personnalité juridique et d’un budget autonome. Elle est placée sous l’autorité du ministre chargé de l’information. Ses directeurs sont nommés en Conseil des ministres.

     

    14 décembre 1963 : A l’occasion de l’inauguration de la Maison de la Radio, le général de Gaulle, président de la République, déclare que la radio a "une responsabilité nationale" et qu’elle "assume un rôle unique de réprésentation".

     

    18 mars 1964 : Décision n°64-27 L du Conseil consitutionnel dans laquelle il considère que la communication audiovisuelle relève du domaine des libertés publiques.

     

    18 avril 1964 : Lancement de la deuxième chaîne de télévision

     

    27 juin 1964 : Création, par la loi n° 64-621, de l’Office de radio-télévision française (ORTF), établissement public de l’Etat à caractère industriel et commercial, en charge du service public de l’audiovisuel. L’ORTF est sous tutelle du ministre de l’information. La loi précise les missions de l’ORTF : "satisfaire les besoins d’information, de culture, d’éducation et de distraction du public". Le décret d’application du 22 juillet prévoit la nomination des membres de son conseil d’administration en Conseil des ministres.

     

    1er octobre 1968 : La première chaîne diffuse les premières publicités télévisées.

     

    2 décembre 1968 : Le Service de liaison interministériel pour l’information (SLII), crée en 1963, est remplacé par le Comité interministériel pour l’information (CII). Il assure notamment "la coordination de l’action d’information menée par les différents ministères".

     

    8 janvier 1969 : La Régie française de publicité, société anonyme filiale de l’ORTF, est créée par décret. Elle "assure la régie de la publicité sur les antennes de l’ORTF dans le respect des intérêts fondamentaux de l’économie nationale et conformément à la mission générale dévolue à l’ORTF".

     

    16 septembre 1969 : Discours de politique générale de Jacques Chaban-Delmas, Premier ministre, devant l’Assemblée nationale. Il souhaite organiser une compétition véritable entre les deux chaînes, afin d"informer complétement c’est-à-dire contradictoirement", et assurer l’autonomie de l’ORTF. Cette nouvelle orientation de la politique audiovisuelle se traduira par la création de deux unités autonomes d’information. La première sera dirigée par Pierre Desgraupes, la seconde par Jacqueline Baudrier.

     

    30 juin 1970 : La commission d’études du statut de l’ORTF, présidée par Lucien Paye, premier président de la Cour des comptes, remet son rapport au Premier ministre. Elle recommande la création d’une chaîne régionale de télévision, "qui couvre l’ensemble du terrritoire et réponde aux mêmes exigences de qualité que la télévision nationale", et la transformation des services de fabrication et de diffusion en "unités fonctionnelles distinctes".

     

    2 juillet 1970 : A l’occasion d’une conférence de presse, Georges Pompidou, président de la République, déclare que l’"information doit être libre...indépendante ...et impartiale" et rappelle aux journalistes de l’ORTF que leur parole "engage la France".

     

    Janvier 1971 : La publicité commerciale est autorisée sur la deuxième chaîne.

     

    3 juillet 1972 : La loi n°72-553 prévoit la nomination du PDG de l’ORTF en Conseil des ministres, un service minimum en cas de grève et la constitution de régies. Ces régies, qui correspondent aux unités fonctionnelles de l’ORTF, seront créées par un arrêté de Philippe Malaud, secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique et des Services de l’information, le 21 juillet. Les recettes provenant de la publicité commerciale sont limitées à 25% des ressources de l’Office. Une délégation parlementaire et un Haut Conseil de l’audiovisuel, qui ont tout deux un rôle consultatifs, sont institués

     

    31 décembre 1972 : Lancement de la 3ème chaîne de télévision.
  • 1974-1980

    27 février 1974 : Le gouvernement approuve le plan de Marceau Long, PDG de l’ORTF. Il prévoit notamment la constitution, au sein de l’ORTF, de 6 établissements publics à qui seront confiées la production et la réalisation des émissions. Le décès du président Pompidou empêchera sa mise en oeuvre.

    7 août 1974 : La loi n°74-469 supprime l’ORTF et confie le service public de l’audiovisuel à 7 organismes : l’Institut national de l’audiovisuel, un établissement public de diffusion (tous deux établissements publics de l’Etat à caractère industriel et commercial), une société nationale de radiodiffusion chargée de concevoir et de programmer des émissions de radiodiffusion, 3 sociétés nationales de programme chargée de la conception et de la programmation des émissions télévisées et une société d’économie mixte chargée de la production. Le monopole d’Etat est confirmé. La loi prévoit également la création d’une commission chargée de répartir la redevance entre les sociétés nationales de programme et l’établissement public de diffusion. Cette commission sera organisée par un décret du 26 décembre 1974.

    6 janvier 1975 : Interviewé sur les sociétés de radio et de télévision créées par la loi du 7 août, Valéry Giscard d’Estaing, président de la République, affirme qu’il n’y a "pas d’information officielle en France". Il souhaite que ces sociétés soient "aussi indépendantes que possible".
  •  

    7 mars 1975 : Le décret n°75-127 élargit les compétences du Service juridique et technique de l’information (SJTI) au domaine de l’audiovisuel.

     

    13 mai 1975 : Le décret n°75-341 organise le droit de réponse à la radio et à la télévision.

     

    28 juillet 1978 : La loi n° 78-787 (dite loi Lecat, du nom du ministre de la culture et de la communication) prévoit des sanctions pénales pour toute personne qui aura diffusé des émissions de radio ou de télévision en violation du monopole. Le gouvernement entend ainsi mettre un terme au développement des radios libres. Le 27, le Conseil constitutionnel avait rendu une décision dans laquelle il estimait que la loi du 3 juillet 1972 qui définissait le monopole et celle du 7 août 1974 qui le confirmait étaient conformes à la constitution.

     

    26 juillet 1979 : La loi n°79-634 autorise les dirigeants des entreprises publiques à "requérir les catégories de personnel ou les agents qui doivent demeurer en fonction pour assurer la continuité...du service public".

     

    27 décembre 1979 : Lancement des trois premières antennes locales de Radio France : Fréquence-Nord, Radio-Mayenne et Melun FM. 
  • Depuis 1981

    30 septembre 1981 : La commission de réflexion et d’orientation sur l’audiovisuel, présidée par Pierre Moinot, remet son rapport à Pierre Mauroy, Premier ministre. Elle recommande la décentralisation des chaînes et la création d’une autorité indépendante chargée de garantir leur autonomie.

     

    9 novembre 1981 : La loi n°81-994 prévoit des dérogations au monopole d’Etat pour les radios locales privées associatives. Ces radios pourront émettre en modulation de fréquence mais ne pourront pas diffuser de messages publicitaires.

     

    27 juillet 1982 : Saisi par des parlementaires de l’opposition RPR-UDF après l’adoption de la loi sur la communication audiovisuelle, le Conseil constitutionnel rend une décision dans laquelle il considère que la préservation du pluralisme a une valeur constitutionnelle.

     

    29 juillet 1982 : La loi n° 82-652 abolit le monopole de programmation et crée la Haute autorité de la communication audiovisuelle "chargée de garantir l’indépendance du service public de la radiodiffusion sonore et de la télévision". La Haute autorité nomme les présidents des sociétés nationales de radio et de télévision et veille au respect des cahiers des charges. Elle délivre les autorisations en matière de services locaux par voie hertzienne et de radio télévision par câble. La loi crée également un Conseil national de la communication audiovisuelle, dont le rôle est consultatif, deux nouvelles sociétés nationales de programmes : Radio-France Outremer (RFO) et Radio-France Internationale (RFI), et une société chargée de la commercialisation des œuvres audiovisuelles, France média international (FMI). Les télévisions et les radios publiques locales sont transformées en sociétés régionales. Le plafond des recettes de publicité est supprimé.

     

    3 novembre 1982 : Le plan "câble" est approuvé en Conseil des ministres. Ce programme doit permettre l’établissement de réseaux de vidéocommunications sur l’ensemble du territoire national.

     

    17 novembre 1982 : Le décret n°82-971 étend la redevance aux magnétoscopes et aux vidéos-cassettes.

     

    6 décembre 1983 : Une concession de service public est accordée à l’agence Havas pour la chaîne cryptée Canal +. La chaîne commencera à émettre le 4 novembre 1984.

     

    29 décembre 1983 : La loi de finances pour 1984 crée une taxe sur les services audiovisuels pour financer le COSIP (Compte de soutien de l’industrie cinématographique et de l’industrie des programmes audiovisuels).

     

    Janvier 1984 : Création de la chaîne francophone par satellite, TV5. Ses actionnaires sont TF1, Antenne 2, FR3, La RTBF (Belgique) et la SSR (Suisse).

     

    26 juillet 1984 : Dans sa décision n° 84-173, le Conseil constitutionnel, saisi après l’adoption de la loi sur les réseaux câblés locaux, qualifie la Haute autorité de la communication audiovisuelle d’autorité administrative indépendante.

     

    1er août 1984 : La loi n° 84-742 supprime l’obligation de se constituer en association pour les opérateurs de radio locales privées et les autorise à recourir à la publicité. Promulguée le même jour, la loi n°84-743 définit les conditions d’exploitation des services de radiotélévision sur les réseaux câblés locaux. Ces services seront soumis au régime d’autorisation préalable délivrée par la Haute autorité.

     

    1er décembre 1984 : Le décret n° 84-1062 crée une taxe parafiscale au profit d’un Fonds de soutien à l’expression radiophonique (FSER). Le FSER accorde des aides aux radios locales privées qui n’ont pas recours à la publicité.

     

    31 juillet 1985 : Georges Fillioud, secrétaire d’Etat chargé des Techniques de la communication, présente en Conseil des ministres une communication sur le développement de l’audiovisuel. Il y annonce un projet de loi définissant le statut des futures télévisions locales privées, la création de deux nouvelles chaînes de télévision à vocation nationale et la mise en oeuvre d’un programme éducatif et culturel par le service public. Cette annonce fait suite aux rapport de Jean-Denis Bredin sur les nouvelles télévisions hertziennes et de Pierre Desgraupes sur le projet d’une chaîne culturelle européenne, remis tous les deux dans le courant de l’année.

     

    13 décembre 1985 : La loi n° 85-1317 établit les régles de création et d’exploitation des télévisions privées locales du réseau hertzien. Elle seront soumises au régime d’autorisation préalable délivrée par la Haute autorité.

     

    18 décembre 1985 : La société Cergy-Pontoise TV câble est autorisée à exploiter un service de radio-télévision sur le réseau câblé par la Haute autorité. Il s’agit de la première autorisation de ce type délivrée par l’instance de régulation.

     

    Janvier-février 1986 : Le décret portant approbation du contrat de concession et du cahier des charges de la cinquième chaîne est publié au Journal officiel malgré l’avis défavorable rendu par la Haute autorité. Le 4 février, Josselin de Rohan présente au Sénat le rapport d’une commission d’enquête qui met en cause les conditions d’attribution de la cinquième chaîne à la société France 5 dont le groupe Seydoux-Berlusconi-Riboud est le prinicipal actionnaire. Un nouveau contrat de concession paraît au Journal officiel le 19 février. Le décret portant approbation du contrat de concession et du cahier des charges de la sixième chaîne est publié le 21 février. Le contrat de concession entre l’Etat et la société TV6 (groupe Publicis et NRJ) avait été signé le 18 janvier. Le 21 février la SEPT (Société d’édition de programmes de télévision) est créée. L’Etat détient 44% de son capital, FR3, 44%, Radio-France et l’INA 14,65% chacune.

     

    18 septembre 1986 : Dans sa décision n° 86-217 DC, le Conseil constitutionnel, qui avait été saisi après le vote de la loi n°86-1067, considère que les dispositions relatives au contrôle des concentrations sont insuffisantes.

     

    30 septembre 1986 : La loi n° 86-1067 relative à la liberté de la communication crée la Commission nationale de la communication et des libertés (CNCL). L’ensemble des services privés de communication audiovisuelle sont soumis au régime des autorisations délivrées par la CNCL. La nouvelle autorité de régulation nomme les présidents des sociétés publiques et veille au respect des cahiers des charges. TF1 est privatisée. Les monopoles de la Régie française de publicité (RFP) et de Télédiffusion de France (TDF) sont abolis. La loi prévoit pour les services privés et publics de communication audiovisuelle qui ne font pas appel à une rénumération des usagers, la mise en place d’un régime de diffusion des oeuvres cinématographiques et l’application de quotas d’oeuvres d’origine communautaire et d’expression française. Les dispositions relatives à la diffusion des oeuvres cinématographiques seront précisées par le décret n°87-36 du 26 janvier 1987.

     

    27 novembre 1986 : La loi n°86-1210, renforce le dispositif anti-concentration mis en place par la loi du 30 septembre.

     

    Décembre 1986 : Lancement de Paris Première, première chaîne thématique diffusée sur le câble. Le décret n°86-1365 du 31 décembre supprime la redevance sur les magnétoscopes.

     

    15 janvier 1987 : Les décisions n°87-1 et 87-2 de la CNCL fixent les obligations générales et particulières des "télévisions hertziennes nationales privées en clair".

     

    26 janvier 1987 : Le décret n°87-37 fixe les règles applicables à la publicité et au parrainage.

     

    2 février 1987 : Les décrets n°87-51 et 87-52 résilient les contrats de concession de la cinquième et de la sixième chaînes.

     

    25-26 février 1987 : La CNCL attribue le cinquième réseau aux groupes Hersant et Berlusconi associés aux groupe Chargeurs, à la banque Vernes et à des mutuelles agricoles. Le sixième réseau est attribué à la société Métropole TV, à la Lyonnaise des eaux alliée à la CLT, au producteur Marin Karmitz (MK2) et au groupe de presse Amaury.

     

    4 avril 1987 : La CNCL attribue TF1 au groupe Bouygues associé aux groupes Maxwell, Tapie, aux Editions mondiales, au journal Le Point, à La GMF et à des banques.

     

    7 décembre 1987 : La CNCL autorise l’exploitation de la première télévision hertzienne locale, Télé-Toulouse. Le même jour la CNCL adopte une recommandation relative au parrainage sur les chaînes de télévisions privées.

     

    6 janvier 1988 : Promulgation de la loi n° 88-21 relative au télé-achat. La loi prévoit l’établissement de règles de programmation des émissions de téléachat par la CNCL. Ces règles seront fixées le 4 février par la décision n°88-36 de la CNCL.

     

    3-4 novembre 1988 : François Mitterrand, président de la République, et Helmut Khol, chancelier de la République fédérale allemande, annoncent à l’occasion d’un sommet franco-allemand la création d’une chaîne culturelle européenne.

     

    17 janvier 1989 : La loi n° 89-25 crée le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Les autorisations d’exploitation et d’émission des services diffusés par voie hertzienne terrestre et satellitaire sont délivrées par la nouvelle instance de régulation qui voit par ailleurs son pouvoir de sanction élargi. La loi introduit de nouvelles dispositions relatives à la diffusion d’oeuvres cinématographiques et audiovisuelles d’expression originale française et originaires de la CEE. Ces obligations sont établies par décrets et figurent dans les conventions conclues entre le CSA et les titulaires d’autorisation. La loi prévoit également la constitution de Comités techniques radiophoniques (CTR) par le CSA. Le fonctionnement de ces comités, chargés d’instruire les demandes d’autorisation, sera précisé par le décret n° 89-632 du 7 septembre 1989. Le même jour, le Conseil constitutionnel, saisi par un groupe de parlementaires après le vote de la loi, rend une décision dans laquelle il précise le pouvoir de sanction du CSA.

     

    14 mars 1989 : Lancement de la SEPT qui diffuse ses émissions entre 19h30 et 22h30 sur le câble.

     

    5 mai 1989 : Le CSA adopte une directive relative à la protection de l’enfance et de l’adolescence dans la programmation des émissions sur les chaînes publiques et privées. Le même jour, adoption par le Conseil de l’Europe de la convention européenne sur la télévision transfrontière.

     

    29 juillet 1989 : Dans sa décision n°89-259 DC, le Conseil constitutionnel, saisi après le vote de la loi n°89-532, estime que la nomination des présidents des sociétés nationales de programme par l’instance de régulation garantit l’indépendance de la conception et de la programmation des émissions.

     

    2 août 1989 : La loi n°89-532 institue une présidence commune à Antenne 2 et France 3.

     

    29 août 1989 : Le CSA définit sa politique radiophonique dans un communiqué.

     

    3 octobre 1989 : Adoption de la directive 89/552 dite "Télévision sans frontière". Les diffuseurs devront désormais consacrer une proportion importante de leur temps d’antenne aux oeuvres européennes.

     

    15 janvier 1990 : La loi n° 90-55 relative à la limitation des dépenses électorales et à la clarification du financement des activités politiques interdit les émissions publicitaires à caractère politique.

     

    17 janvier 1990 : Le décret n° 90-66 fixe les obligations de diffusion d’oeuvres cinématographiques et d’oeuvres audiovisuelles originaires de la CEE et d’expression originale française pour les sociétés nationales de programme et les services privés diffusés en clair par voie hertzienne terrestre. Le même jour, le décret n°90-67 fixe les règles de la contribution au développement de la production.

     

    4 mai 1990 : La commission européenne présente le programme Media (Mesures pour encourager le développement de l’industrie audiovisuelle).

     

    2 octobre 1990 : Signature du traité franco-allemand portant création de la chaîne culturelle européenne à Berlin.

     

    29 décembre 1990 : La loi n°90-1170 distingue les supports et les services de l’audiovisuel de ceux des télécommunications afin de préciser les compétences respectives du CSA et de l’administration des télécommunications.

     

    10 janvier 1991 : La loi n°91-32 interdit le parrainage et la publicité pour l’alcool et le tabac à la télévision.

     

    30 avril 1991 : Création d’Arte (Association relative à la télévision), Groupement européen d’intérêt économique (GEIE) qui réunit la SEPT (Société européenne de programme de télévision) et Arte Deutschland TV Gmbh.

     

    15 janvier 1992 : La décision n° 91-304 du Conseil constitutionnel reconnaît au CSA un pouvoir réglementaire limité. Cette décision va permettre au CSA de substituer aux "heures de grande écoute" des "heures d’écoutes significatives" pour l’application des quotas de diffusion des oeuvres européennes et francophones. La détermination des quotas reste de la compétence du législateur.

     

    18 janvier 1992 : La loi n°92-61 détermine les quotas de diffusion des oeuvres françaises (40%) et communautaires (60%) aux heures d’écoute significatives. Les conventions signées entre le CSA et les radios privées devront faire référence à la proportion de chansons françaises ou francophones qu’elles s’engagent à diffuser.

     

    27 mars 1992 : Le décret n°92-280 fixe le régime de publicité et de parrainage applicable aux télévisions publiques et privées qui émettent en clair ou en cryptée, par voie hertzienne, terrestre ou par satellite.

     

    12 avril 1992 : La Cinq arrête la diffusion de ses programmes, la liquidation de la chaîne ayant été prononcée par le tribunal de commerce le 3 avril.

     

    23 avril 1992 : Le gouvernement use de son droit de priorité pour attribuer le cinquième réseau hertzien à la Sept. La procédure habituelle (appel à candidature et attribution du réseau par le CSA) n’a pas été suivie.

     

    20 juin 1992 : La loi n°92-546 étend le dépôt légal aux documents audiovisuels et multimédias et charge l’INA (Institut national de l’audiovisuel) de "recueillir et de conserver les documents sonores et audiovisuels radiodiffusés ou télédiffusés... et de mettre ces documents à la disposition du public pour consultation".

     

    1er septembre 1992 : Le décret n° 92-881 précise les conditions d’autorisation d’exploitation des réseaux câblés par le CSA. Le même jour, le décret n°92-882 fixe les règles de publicité, de parrainage et de diffusion des oeuvres cinématographiques et audiovisuelles qui leur sont applicables.

     

    7 septembre 1992 : Antenne 2 et FR3 changent de nom et deviennent respectivement France 2 et France 3, elles sont désormais regroupées dans une entité dénommée France Télévision.

     

    14 novembre 1992 : Lancement du bouquet numérique Canal-satellite.

     

    Juillet 1993 : Xavier Gouyou-Beauchamps, ancien président de TDF (Télédiffusion de France), remet son rapport sur les nouvelles techniques de télévision. Il y affirme la complémentarité du câble, du satellite et du numérique terrestre et la nécessité de les développer de façon coordonnée.

     

    23 septembr 1993 : La commission présidée par Lucien Campet remet son rapport sur "l’avenir des télévisions publiques". Elle recommande notamment la maîtrise des recettes commerciales et une "augmentation importante du produit de la redevance".

     

    1er février 1994 : La loi n°94-88, dite loi Carignon, étend le pouvoir de sanction du CSA aux sociétés nationales de programme. Elle modifie les quotas de chansons d’expression française pour les radios privées (40 % aux heures d’écoute significative applicables aux programmes composés de musique de variété, dont la moitié au moins de nouveaux talents ou de nouvelles productions). Elle crée une nouvelle chaîne du service public (la future Cinquième) "favorisant l’accès au savoir, à la formation et à l’emploi". Un même opérateur peut détenir 49% du capital d’une chaîne privée contre 25% précédemment.

     

    18 février 1994 : L’arrêt "Société Performance - RFM" du Conseil d’Etat rappelle que la définition des règles d’accès au marché publicitaire n’entre pas dans les compétences du CSA.

     

    4 août 1994 : La loi n°94-665 rend obligatoire l’emploi du français dans "l’ensemble des émissions et des messages publicitaires des organismes et services de radiodiffusion sonore ou télévisuelle... à l’exception des oeuvres cinématographiques et audiovisuelles en version originale."

     

    9 novembre 1994 : Le décret n°94-972 définit les obligations relatives à l’accès à la publicité locale et au parrainage local des services de radiodiffusion sonore autorisés.

     

    21 janvier 1995 : La Cinquième commence à émettre.

     

    2 février 1995 : Le décret n°95-110 modifie le régime du soutien financier de l’Etat à l’industrie des programmes audiovisuels.

     

    19 avril 1995 : Le Service juridique et technique de l’information devient le Service juridique et technique de l’information et de la communication. Son encadrement est renforcé avec la création d’une troisième sous-direction, baptisée Sous-direction du développement des services de communication.

     

    9 mai 1995 : Le décret n°95-668 fixe les règles applicables aux chaînes cryptées en matière de publicité et de diffusion des oeuvres cinématographiques et audiovisuelles.

     

    10 juillet 1995 : Adoption par le Conseil de l’Union européenne du programme MEDIA II.

     

    27 février 1996 : Le CSA autorise la société AB Productions à lancer un bouquet vingt-huit chaînes thématiques de télévision numérique sur le câble.

     

    mai 1996 : Philippe Chazal, remet son rapport de mission "Le pôle public de programmes thématiques : radio et télévision" à Philippe Douste-Blazy, ministre de la culture. Il préconise la création d’une société chargée de mettre en oeuvre pour l’ensemble des chaînes du service public le pôle d’édition des programmes thématiques.

     

    26 juillet 1996 : La loi n°96-659 relative à la réglementation des télécommunications crée l’Autorité de régulation des télécommunications (ART) et l’Agence nationale des fréquences (ANF). Autorité administrative indépendante chargée de réguler le secteur des télécommunications, l’ART contrôle l’usage des réseaux, notamment câblés, autorisés par le CSA lorsqu’un nouvel opérateur souhaite distribuer des services de télécommunication sur un réseau de communication audiovisuelle. L’ANF, établissement public administratif gère et contrôle l’attribution des bandes de fréquence.

     

    16 octobre 1996 : Approbation d’un livre vert sur la protection des mineurs et la dignité humaine dans les services audiovisuels par la Commission européenne.

     

    16 décembre 1996 : Lancement de TPS (Télévision par satellite) dont les principaux actionnaires sont TF1, M6, La Lyonnaise des eaux et France télévision.

     

    30 juin 1997 : La directive n° 97-36 modifie la directive "Télévision sans frontière" de 1989. Elle renforce les règles de protection des mineurs et introduit des dispositions sur l’accès du public à la diffusion d’événements majeurs.

     

    10 novembre 1997 : Le Protocole sur le système de radiodiffusion publique dans les États membres de l’Union européenne est annexé au Traité d’Amsterdam.

     

    Décembre 1997 : Jean-Louis Missika, remet son rapport de mission intitulé "Les entreprises publiques de télévision et les missions de service public" à Catherine Trautmann, ministre de la culture et de la communication.

     

    30 avril 1998 : Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères, expose son projet de réforme de l’action audiovisuelle extérieure en Conseil des ministres.

     

    6 juillet 1998 : Adoption de la directive n°98/43 par le Conseil de l’Union européenne. Cette directive a pour objet "le rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives des Etats-membres en matière de publicité et de parrainage en faveur des produits du tabac."

     

    10 novembre 1998 : Michel Françaix, député, et Jacques Vistel, conseiller d’Etat, remettent leur rapport sur les télévisions locales. Ils préconisent la mise en place d’un partenariat entre les chaînes de télévision et les entreprises de presse locales.

     

    Avril 1999 : Le rapport de Gérard Eymery et de Jean-Pierre Cottet sur la télévision numérique terrestre hertzienne est remis à Catherine Trautmann, ministre de la culture et de la communication.

     

    30 décembre 1999 : La loi n°99-1174 crée la chaîne parlementaire et civique. Elle est constituée de deux sociétés de programme, La Chaîne parlementaire de l’Assemblée nationale (LCPAN) et Public Sénat.

     

    Janvier 2000 : Raphaël Hadas-Lebel, conseiller d’Etat remet son rapport sur la télévision numérique de terre à Catherine Trautmann, ministre de la culture et de la communication.

     

    Avril 2000 : Publication du rapport de Monique Dagnaud intitulé "Médias : promouvoir la diversité culturelle". Le 27, signature du premier contrat d’objectifs et de moyens entre une entreprise publique (l’INA) et l’Etat. La signature de contrats d’objectifs et de moyens est prévue dans le projet de loi sur l’audiovisuel qui est alors en cours d’examen. Consulter le dossier sur le contrat d’objectifs et de moyens (Site de la Direction du développement des médias)

     

    1er août 2000 : Promulgation de la loi n°2000-719 sur la liberté de la communication. Consulter le dossier sur la loi (site du ministère de la culture)

     

    3 novembre 2000 : Le décret n° 2000-1074 crée la Direction du développement des médias. Elle remplace le Service juridique et technique de l’information et de la communication.

     

    18 juillet 2001: L’article 17 de la loi n° 2001-624 du 17 juillet 2001 assouplit la règle en vertu de laquelle aucun actionnaire ne peut détenir plus de 49 % d’une chaîne de télévision. Cette disposition a été introduite afin de faciliter le développement de la télévision numérique terrestre.

     

    24 juillet 2001: Le CSA lance l’appel aux candidatures pour des services nationaux de télévision numérique diffusés par voie terrestre (TNT). L’adaptation de la technologie numérique à la diffusion par voie hertzienne va permettre la réception de trente-trois chaînes, en dehors de toute liaison câblée ou équipement satellitaire. L’objectif est d’ouvrir le nouveau réseau pour Noël 2002 et de couvrir à terme 85 % de la population française. Le même jour, le CSA renouvelle, pour cinq ans, la convention de M6.

     

    8 octobre 2001: Dans un communiqué commun, le ministère des Finances et le ministère de la Culture annoncent que la Société Française de Production (SFP) sera cédée à Euromedia Télévision, filiale du groupe Vincent Bolloré. Le même jour, renouvellement de la convention de TF1 par le CSA pour une durée de cinq ans.

     

    7 janvier 2002 : La chaîne de télévision publique La Cinquième devient France 5.

     

    4 mai 2002 : Parution au Journal officiel des décrets modifiant les cahiers des charges des chaînes publiques (Décret n°2002-750 du 2 mai 2002 relatif à France 2 et France 3, Décret n°2002-751 du 2 mai 2002 relatif à la Cinquième). Il s’agit de mettre ces cahiers des charges en conformité avec les nouveaux décrets (notamment "Décret Production") et de fixer les obligations applicables aux services de télévision numérique régionale édités par France 3 dans le cadre du lancement de la TNT. Le même jour, paraissent les décrets 2002-752 et 2002-753 relatifs aux cahiers des charges des filiales de service public du groupe France Télévision lancées dans le cadre de la TNT, "La Chaîne d’information continue" et "La Chaîne de rediffusion".

     

    23 mai 2002 : Les quinze ministres de l’audiovisuel et de la communication des pays de l’Union européenne décident de reporter la révision de la directive Télévisions sans frontières, initialement prévue en 2002.

     

    octobre 2002: Le 21, lors d’une réunion interministérielle, le gouvernement décide de "préserver" les trois canaux attribués à France Télévisions pour ses projets de chaînes destinées à la télévision numérique terrestre (TNT). Il décide également de pré-financer les premiers travaux de réaménagement de fréquences analogiques nécessaires au déploiement des émetteurs TNT pour un montant d’environ 15 milliards d’euros. Le 23, le CSA publie la liste des chaînes de la TNT comprenant 16 chaînes nationales diffusées en clair et 15 cryptées.

     

    novembre 2002 : Débat suite à la publication du rapport "Violence et télévision" de la philosophe Blandine Kriegel. Le rapport préconise l’interdiction des émissions violentes ou pornographiques de 7 heures à 22 heures 30, l’institution d’un système de double cryptage ou de paiement pour les chaînes afin de restreindre la diffusion des films pornographiques, la réorganisation de la commission de classification des films. Le 14, Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture et de la Communication, en appelle à la concertation des professionnels, Christian Jacob, ministre de la Famille, se félicite du souci de protection des droits de l’enfant et préconise d’élargir la plage horaire protégée de 6 à 24 heures, Christine Boutin, députée (UMP) des Yvelines regrette que les mesures proposées donnent satisfaction aux "lobbies pornographiques". Le 15, la Société des auteurs-réalisateurs-producteurs (ARP) dénonce une atteinte à la liberté de création.

     

    10 décembre 2002 : Remise du rapport de Catherine Clément "La nuit et l’été, quelques propositions pour les quatre saisons" à Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture et de la Communication, sur l’offre culturelle à France Télévisions (particulièrement France 2 et France 3). Parmi les recommandations du rapport : l’inscription du service public de l’audiovisuel dans la Constitution, la nomination d’un directeur des arts et de la culture à France Télévisions, un réaménagement des horaires de diffusion des émissions culturelles.

     

    17 décembre 2003 : Le gouvernement annonce qu’il ne conservera qu’un seul des trois canaux "multiplexes" de télévision numérique terrestre préemptés pour les chaînes gratuites de service public.

     

    19 décembre 2003: Le CSA donne le coup d’envoi du déploiment de la TNT, fixant entre le 1er décembre 2004 et le 31 mars 2005 le début des émissions et de l’exploitation effective des services.

     

    27 janvier-18 février 2004 : Grève à l’appel des syndicats de journalistes de Radio-France, pour obtenir un alignement des salaires sur ceux pratiqués à France Télévisions. Le 4, à l’Assemblée nationale Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture et de la Communication, juge " non fondée " cette revendication. À partir du 5, initiative de la direction pour ouvrir des négociations pour une " remise à plat " du système salarial de Radio-France. Le 11, extension du conflit avec l’entrée en grève de RFI, station indépendante de Radio-France, sur les mêmes revendications.François Hollande, premier secrétaire du PS, estime, dans un entretien au Monde daté du 13, que le gouvernement " joue le pourissement " et tente une " reprise en main " du service radiophonique public. Fin de la grève, le 13, à Radio-France, le 18 à RFI : accord sur le principe d’une négociation salariale annuelle dans le cadre des conventions collectives de l’audiovisuel public et sur 3 % d’augmentation en 2005, sans satisfaction sur les disparités salariales avec France Télévisions.

     

    21 octobre 2004 : Daniel Boudet de Montplaisir remet à Jean-Pierre Raffarin son rapport sur les modalités d’introduction et de développement de la télévision haute définition en France et sur l’ensemble des modes de diffusion possibles (TNT, câble, satellite et ADSL).

     

    8 novembre 2004:  À l’issue d’un entretien avec le bureau du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, annonce que la télévision numérique terrestre (TNT) sera lancée en mars 2005 en France avec la norme technique MPEG2.

     

    19-30 novembre 2004 : Le 19, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) autorise, sous conditions, la diffusion par satellite en France de la chaîne de télévision du Hezbollah chiite libanais Al-Manar qui s’engage notamment " à ne pas inciter à la haine, à la violence ou à la discrimination pour des raisons de race, de sexe, de religion ou de nationalité ". Le 30, après la diffusion par cette chaîne de programmes antisémites contraires à ses engagements, le CSA lui adresse une mise en demeure et saisit à nouveau le Conseil d’État en référé afin d’obtenir l’arrêt de la diffusion de la chaîne.

     

    9 décembre 2004 : Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, annonce le lancement de la chaîne d’information internationale en 2005.

     

    31 mars 2005 : Lancement des émissions des quatorze chaînes gratuites de la TNT
Par Documentation Française
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 22 janvier 2006

Les autorisations administratives accordées par le Conseil supérieur de l'audiovisuel

Fondement juridique

La loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication, dite loi Léotard, version consolidée au 31 décembre 2005: http://www.legifrance.gouv.fr/texteconsolide/PCEAJ.htm

Les autorisations accordées aux sociétés de télévision pour utiliser des fréquences pour l'exploitation d'un service de télévision privé à caractère local diffusé en clair par voie hertzienne terrestre

Exemple : décision n° 2005-954 du 29 novembre 2005 portant reconduction de l'autorisation délivrée à la société TV 7 bordeaux :

URL : http://admi.net/jo/20060121/CSAX0501954S.html

Par Théâtre Passion
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 22 janvier 2006
Jurisprudence administrative - rubrique 56 RADIODIFFUSION SONORE ET TELEVISION : 4 chapitres :

56-01 Conseil supérieur de l'audiovisuel
56-02 Règles générales
56-03 Organismes publics de radiodiffusion sonore et de télévision
56-04 Services privés de radiodiffusion sonore et de télévision

Jurisprudence administrative afférente au Conseil supérieur de l’audiovisuel – les 8 arrêts du Conseil d’Etat publiés au cours de l’année 2005 :

Classement chronologique.
 
Décision du 22 avril 2003 par laquelle le Conseil supérieur de l'audiovisuel l'a mise en demeure d'assurer l'honnêteté de l'information conformément à l'article 9 de la convention applicable.

54-07-02-03 Le juge soumet à un contrôle normal l'appréciation portée par le conseil supérieur de l'audiovisuel sur l'honnêteté de l'information diffusée par un service autorisé de radio-diffusion sonore.

56-04-01-02 a) L'obligation imposée par convention à un service autorisé d'enregistrer et de conserver les programmes qu'il diffuse ne fait pas obstacle à que le conseil supérieur de l'audiovisuel procède par ses propres moyens à des enregistrements des programmes diffusés, afin d'assurer sa mission de contrôle et de vérifier, sur ces bases, le respect par le service autorisé des obligations qui lui sont imposées.,,b) Le juge soumet à un contrôle normal l'appréciation portée par le conseil supérieur de l'audiovisuel sur l'honnêteté de l'information diffusée par un service autorisé.
 

Décision du Conseil supérieur de l'audiovisuel en date du 27 mai 2003 rejetant la candidature de la radio BFM pour l'attribution d'une fréquence à Nîmes (Gard) et attribuant cette fréquence à Radio Alliance Plus ;

Résumé : 56-04-01-01 Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a pu légalement rejeter la candidature d'une radio qui postulait en catégorie D (service thématique à vocation nationale) qui n'était pas représentée dans la zone de Nîmes, et accorder la fréquence disponible à une radio de la catégorie A (service associatif diffusant un programme d'intérêt local) déjà représentée par quatre radios dans cette même zone dont un service radiophonique d'inspiration catholique, en estimant, d'une part que dans les circonstances de l'espèce, cette radio de catégorie A s'adressait à une communauté protestante, qui est, selon la tradition historique, très présente dans le département du Gard et, d'autre part, que la cible visée par la radio écartée était déjà au moins partiellement satisfaite par la diffusion de cinq radios d'information nationale générale dans cette zone.
 

D'annuler la présentation de la recommandation n° 2005-3 du 22 mars 2005 du Conseil supérieur de l'audiovisuel à l'ensemble des services de télévision et de radio en vue du référendum du 29 mai 2005, en tant qu'elle prévoit que les propos du Président de la République, qu'il s'agisse de l'actualité liée au référendum ou de l'actualité non liée, ne sont rattachés à aucune organisation ;

Résumé : 52-01 En raison de la place qui, conformément à la tradition républicaine, est celle du chef de l'Etat dans l'organisation constitutionnelle des pouvoirs publics, le Président de la République ne s'exprime pas au nom d'un parti ou d'un groupement politique. Par suite, en recommandant aux services audiovisuels de veiller à ce que les partis ou groupements politiques bénéficient dans le traitement de l'actualité liée au référendum du 29 mai 2005 d'une présentation et d'un accès équitables, le Conseil supérieur de l'audiovisuel a exclu à bon droit la prise en compte dans ce cadre des interventions du Président de la République.

56-02-03 En raison de la place qui, conformément à la tradition républicaine, est celle du chef de l'Etat dans l'organisation constitutionnelle des pouvoirs publics, le Président de la République ne s'exprime pas au nom d'un parti ou d'un groupement politique. Par suite, en recommandant aux services audiovisuels de veiller à ce que les partis ou groupements politiques bénéficient dans le traitement de l'actualité liée au référendum du 29 mai 2005 d'une présentation et d'un accès équitables, le Conseil supérieur de l'audiovisuel a exclu à bon droit la prise en compte dans ce cadre des interventions du Président de la République.
 

Délibération du Conseil supérieur de l'audiovisuel du 27 janvier 2004 approuvant l'avenant à la convention conclue entre le Conseil supérieur de l'audiovisuel et la société Métropole Télévision

Résumé : 56-04-03-02-01 a) Il résulte de l'économie de la loi du 30 septembre 1986 et des textes qui l'ont ultérieurement modifiée que le législateur n'a pas entendu soumettre les personnes morales, contrôlant des sociétés titulaires de telles autorisations, à l'obligation de ne pas être elles-mêmes détenues à plus de 49 p. 100 par le même actionnaire.... ...b) En dépit des apparences, qui ne résultent que d'une malfaçon de rédaction, l'application combinée des dispositions des articles 39 et 41-3 de la loi dans sa rédaction antérieure à la loi du 9 juillet 2004 ne peut donc avoir pour conséquence que toute personne physique ou morale contrôlant une société titulaire d'autorisation ou l'ayant placée sous son autorité ou sa dépendance, et devant être par suite regardée comme titulaire d'une autorisation, se verrait soumise, fût-ce dans l'hypothèse de participations dites en cascade, à la limite de détention du capital fixée à 49 p. 100 par le I de l'article 39 de la loi.
 

Délibération du 20 janvier 2004 par laquelle le Conseil supérieur de l'audiovisuel a rejeté son recours gracieux tendant à l'annulation de la délibération du 21 octobre 2003 par laquelle le Conseil supérieur de l'audiovisuel l'a mise en demeure de se conformer aux dispositions du 2ème alinéa de l'article 73 de la loi du 30 septembre 1986, sous peine d'encourir les sanctions prévues aux articles 42-1 et suivants de ladite loi

Résumé : 02-02-03 a) Il résulte des dispositions de l'article 73 de la loi du 30 septembre 1986 que la diffusion d'une oeuvre cinématographique ou audiovisuelle ne peut faire l'objet que d'une interruption unique dont l'objet exclusif est de permettre la diffusion de messages publicitaires.,,b) L'insertion d'un bandeau déroulant au sein d'une oeuvre audiovisuelle, destiné à promouvoir un programme à venir de la même chaîne constitue une interruption de l'oeuvre, prohibée par les dispositions précitées de l'article 73 de la loi du 30 septembre 1986, dès lors qu'il ne s'agit pas d'une interruption publicitaire au sens de cette loi. De même, la diffusion avant celle du générique de fin de l'oeuvre en cours, d'une liaison en duplex avec le plateau d'une émission suivante, afin d'informer le téléspectateur du contenu de celle-ci et de l'inciter à ne pas quitter la chaîne, ne constitue pas une interruption publicitaire de l'oeuvre.

56-02-02 a) Il résulte des dispositions de l'article 73 de la loi du 30 septembre 1986 que la diffusion d'une oeuvre cinématographique ou audiovisuelle ne peut faire l'objet que d'une interruption unique dont l'objet exclusif est de permettre la diffusion de messages publicitaires.,,b) L'insertion d'un bandeau déroulant au sein d'une oeuvre audiovisuelle, destiné à promouvoir un programme à venir de la même chaîne constitue une interruption de l'oeuvre, prohibée par les dispositions précitées de l'article 73 de la loi du 30 septembre 1986, dès lors qu'il ne s'agit pas d'une interruption publicitaire au sens de cette loi. De même, la diffusion avant celle du générique de fin de l'oeuvre en cours, d'une liaison en duplex avec le plateau d'une émission suivante, afin d'informer le téléspectateur du contenu de celle-ci et de l'inciter à ne pas quitter la chaîne, ne constitue pas une interruption publicitaire de l'oeuvre.

Précédents jurisprudentiels : [RJ1] Cf. 20 mars 1991, Société La Cinq, p. 99.
 

Décision du Conseil supérieur de l'audiovisuel en date du 27 mai 2003 rejetant la candidature de la radio RMC Info pour l'attribution d'une fréquence à Alès (Gard) et attribuant cette fréquence à NRJ

Résumé : 56-04-01-01 Le Conseil supérieur de l'audiovisuel peut légalement attribuer une fréquence à une radio déjà titulaire de fréquences proches dans la région voisine en se fondant sur le motif tiré de ce que son affectation à la diffusion d'un autre programme aurait entraîné des phénomènes de brouillage, dès lors d'une part qu'il n'était pas possible de prévenir ces phénomènes en soumettant les émissions à des conditions techniques particulières et d'autre part qu'était signalée dans la décision publiant la liste des fréquences pouvant être attribuées la contrainte pesant sur la fréquence en question.
 

La SOCIETE CANAL CALEDONIE demande au Conseil d'Etat d'annuler le paragraphe III de l'article 4-15 de la convention conclue le 23 janvier 2004 avec le Conseil supérieur de l'audiovisuel fixant les règles particulières applicables au service de télévision Canal Calédonie, pour la programmation des programmes de catégorie V, en tant qu'il stipule que ces dispositions doivent satisfaire aux critères définis par le Conseil supérieur de l'audiovisuel garantissant leur adéquation à l'objectif de protection du jeune public et qu'à défaut du choix explicite par un nouvel abonné, le service sera reçu sans les programmes de catégorie V ;

Résumé : 56-04-03-02 a) Il résulte des dispositions de l'article 15 de la loi du 30 septembre 1986 que le Conseil supérieur de l'audiovisuel tient de la loi compétence pour définir les critères garantissant l'adéquation des procédés techniques utilisés pour contrôler l'accès aux programmes susceptibles de nuire à l'épanouissement physique, mental ou moral des mineurs à l'objectif de protection de l'enfance et de l'adolescence. La convention fixant les règles particulières applicables à un service de télévision autorisée peut dès lors légalement prévoir que le dispositif dit de double-verrouillage doit satisfaire aux critères techniques définis par le Conseil supérieur de l'audiovisuel. Ces critères n'ont pas à faire l'objet d'un accord préalable de la société exploitant le service de télévision.,,b) Les dispositifs de double-verrouillage et de choix explicite de l'abonné prévus par la convention pour l'accès aux programmes de catégorie V permettent d'assurer l'efficacité de la protection du jeune public. A supposer qu'ils aient nécessairement pour effet d'obliger la société exploitant le service de télévision en cause à gérer en mémoire informatisée des données nominatives se rapportant au choix des abonnés sur le point de savoir s'ils souhaitent recevoir le service avec les programmes de catégorie V, ils ne présentent pas un caractère excessif au regard de la finalité de protection du jeune public. Par suite, les clauses prévoyant ces dispositifs ne méconnaissent pas les dispositions de la convention du Conseil de l'Europe pour la protection des personnes à l'égard du traitement automatisé des données à caractère personnel du 28 janvier 1981 ni les objectifs de la directive n° 95/46/CE du 24 octobre 1995 du Parlement européen et du Conseil relative à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données. Par ailleurs les données susceptibles d'être conservées quant au choix des abonnés de recevoir les programmes de catégorie V ne peuvent être regardées comme étant de nature à faire apparaître, même indirectement, les moeurs des personnes concernées au sens des dispositions précitées de l'article 31 de la loi du 6 janvier 1978. Dès lors, le moyen tiré d'une violation des dispositions de cet article doit également être écarté.
 

Décision du 12 novembre 2002 par laquelle le Conseil supérieur de l'audiovisuel a rejeté sa candidature en vue de l'exploitation d'un service de radiodiffusion sonore par voie hertzienne terrestre, dénommé Skyrock, dans le ressort du comité technique radiophonique de Caen, en tant qu'elle concerne les zones de Bolbec, Villedieu-les-Poêles et Louviers-les-Andelys ;
 
Résumé : 56-04-01-01 En écartant la candidature d'une société de radiodiffusion proposant un service thématique à vocation nationale, pour attribuer les deux fréquences disponibles dans une zone à deux services proposant des programmes d'intérêt local, alors que le seul service autorisé était un service local ou régional diffusant un programme d'intérêt local ainsi que le programme d'un réseau thématique à vocation nationale, le Conseil supérieur de l'audiovisuel a fait une inexacte application du critère de sauvegarde du pluralisme des courants d'expression socioculturels sur lequel est fondée sa décision, et méconnu l'objectif, fixé à l'avant-dernier alinéa de l'article 29 de la loi du 30 septembre 1986, de juste équilibre entre les réseaux nationaux de radiodiffusion et les services locaux, régionaux et thématiques indépendants.
Par Théâtre Passion
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 4 mars 2006

SOUTIEN AUX RADIOS LOCALES ASSOCIATIVES : COMMUNIQUE DE PRESSE DU SENAT DU 1er MARS 2006 :

 

L'enquête sur le Fonds de soutien à l'expression radiophonique locale (FSER), demandée à la Cour des comptes dans le cadre des dispositions de l'article 58-2° de la loi organique du 1er août 2001 relative aux lois de finances (LOLF), par la commission des finances du Sénat présidée par M. Jean Arthuis (UC‑UDF‑Mayenne) a donné lieu, le 1er mars 2006, à une audition pour suite à donner.

 

Au cours de cette audition ouverte aux membres de la commission des affaires culturelles, il est apparu que le FSER avait atteint l'objectif fixé par le législateur en 1982 : les aides du FSER ont contribué à l'enrichissement du tissu des radios associatives locales, en aidant près de 600 radios en 2005, soit trois fois plus que lors de la création du fonds en 1982.

 

La direction générale des impôts du ministère de l'économie, des finances et de l'industrie a précisé qu'il n'y avait pas de phénomène d'évasion fiscale à la taxe sur la publicité finançant le fonds, due par les régies publicitaires des télévisions et des radios.

 

A la veille du vingt-cinquième anniversaire de la légalisation des radios libres, la commission des finances du Sénat a toutefois souhaité une réforme du FSER, selon les propositions de M. Claude Belot (UMP-Charente-Maritime), rapporteur spécial des crédits des médias :

 

- alors que les aides du FSER sont actuellement versées de manière quasi-automatique, les subventions devraient être orientées vers des aides à projets ;

 

- il conviendrait de mieux mesurer l'audience des radios locales, conformément à l'esprit de la LOLF ;

 

- le plafond de 20 % de ressources publicitaires pour bénéficier des aides pourrait être rehaussé, afin d'encourager la diversification des ressources des radios locales.

 

La direction du développement des médias (DDM) des services du Premier ministre a annoncé qu'un décret serait soumis prochainement à consultation en vue d'une réforme du FSER, sur la base des observations formulées par la Cour des comptes à l'issue de son enquête, tendant notamment à instituer des aides à projets.

 

Contact presse : Stéphanie Garnier 01 42 34 25 12 ou 25 13 s.garnier@senat.fr 

Par Sénat
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 4 mars 2006

LES INSTANCES DE RÉGULATION DE L'AUDIOVISUEL ET LA DÉONTOLOGIE DES PROGRAMMES

Etude de droit comparé réalisée par le service des études européennes du Sénat en janvier 1997

Le projet de loi modifiant les dispositions du code de la communication et du cinéma relatives à la communication audiovisuelle a été déposé sur le bureau du Sénat le 30 octobre 1996. Il tend notamment à élargir les compétences du Conseil supérieur de l'audiovisuel (C.S.A.) et vise en particulier à renforcer son rôle en matière de " déontologie des programmes ".

A cette fin, l'article 3 du projet, qui tend à modifier l'article 312-3 du code de la communication et du cinéma, énonce : " Dans les programmes diffusés par chaque service de communication audiovisuelle, le Conseil supérieur de l'audiovisuel veille à la déontologie applicable aux programmes, à la protection de l'enfance et de l'adolescence, au respect du pluralisme et de l'honnêteté de l'information, au respect de la vie privée et à la protection des consommateurs. "

Il consolide donc l'action du C.S.A. en matière de protection de la jeunesse et de respect par les diffuseurs des principes de pluralisme et d'honnêteté de l'information. En effet, l'article 312-3 actuellement en vigueur dispose : " Le Conseil supérieur de l'audiovisuel veille à la protection de l'enfance et de l'adolescence dans la programmation des émissions diffusées par un service de communication audiovisuelle ". En outre, la nécessité pour le C.S.A. de faire respecter les principes de pluralisme et d'honnêteté est mentionnée par ailleurs dans le code.

Il introduit en outre trois nouveaux principes :

- la " déontologie des programmes ", alors que le code actuel mentionne seulement la " qualité des programmes " ;

- la " protection de la vie privée " qui complète la notion de " dignité de la personne humaine " figurant déjà dans le code ;

- la " protection des consommateurs ".

Pour évaluer les dispositions du projet de loi français par rapport aux législations en vigueur dans les pays voisins, on a donc cherché à analyser le rôle des instances étrangères de régulation de l'audiovisuel en matière de déontologie des programmes.

Les pays retenus sont les suivants : l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Ils apparaissent particulièrement représentatifs de la diversité qui règne en matière de contrôle de la déontologie des programmes.
*

* *
1) Il n'existe aucune autorité autonome de régulation en Espagne et dans le secteur public allemand.
a) L'Espagne ne s'est pas encore dotée d'une instance autonome de régulation.

La question fait certes l'objet de nombreux débats mais, pour l'instant, c'est une commission parlementaire qui assure le contrôle permanent des chaînes publiques de télévision, tandis que le ministère en charge de la communication contrôle les sociétés privées.

La surveillance exercée par la commission parlementaire se limite le plus souvent à des séances mensuelles de questions orales.

Quant au contrôle du ministère chargé de la communication, il est quasi-inexistant. En effet, bien que le non-respect des principes fondamentaux auxquels sont soumis tous les diffuseurs (exactitude, impartialité, pluralisme, respect de la vie privée, protection de la jeunesse et non-discrimination) constitue, d'après la loi de 1988 sur la télévision privée, une infraction très grave, celle-ci est rarement sanctionnée.

b) L'autorégulation joue un rôle essentiel dans le secteur public allemand.

L'audiovisuel constitue une compétence des Länder. En l'absence de législation fédérale sur le sujet, c'est la jurisprudence de la Cour constitutionnelle qui a fixé le cadre juridique général.

Les établissements du secteur public de l'audiovisuel sont indépendants des Länder qui les ont créés. Chacun d'eux est soumis au contrôle d'un organe interne, le conseil de la radiodiffusion qui, d'après la Cour constitutionnelle, " représente et défend les intérêts de la collectivité ".

La composition de ce conseil varie d'un établissement à l'autre, mais elle doit refléter les différents courants d'opinion du Land d'implantation. En effet, les représentants de la société civile (les Eglises, les fédérations patronales, les syndicats, les chambres de commerce et d'industrie, les associations de jeunes, d'artistes...) doivent constituer au moins les deux tiers de ses membres.

La composition pluraliste des conseils de la radiodiffusion est réputée garantir le respect de la déontologie des programmes.
2) Dans le secteur privé allemand, aux Pays-Bas et en Italie, les instances de régulation s'attachent essentiellement à l'interdiction de la violence et à la protection de la jeunesse.
a) Dans le secteur privé allemand, les instances de régulation sont très actives dans ce domaine et un organe d'autorégulation complète leur contrôle.

· Les instancesde régulation du secteur privé

Le secteur privé de l'audiovisuel est contrôlé par des établissements publics autonomes, les Landesmedienanstalten. Ils sont au nombre de quinze : chaque Land en a créé un, sauf les deux Länder de Brandebourg et de Berlin qui, dans la perspective de leur fusion, en ont créé un seul.

Dans presque tous les Länder, la structure des Landesmedienanstalten est calquée sur celle des établissements de la radiodiffusion publique. En particulier, leur conseil de surveillance doit refléter les courants d'opinion du Land. Cette composition pluraliste constitue théoriquement une garantie du respect des principes déontologiques.

Les Landesmedienanstalten concentrent leurs efforts sur la protection de la jeunesse et sur l'interdiction de la violence sous toutes ses formes.

Ils émettent d'ailleurs, notamment dans ce domaine, des directives qui ont valeur de réglementation. Les quinze Landesmedienenanstalten ont créé des organes communs, parmi lesquels une commission permanente sur la protection de la jeunesse.

· L'organe d'autorégulation

Comme les Landesmedienenanstalten exercent seulement leur contrôle a posteriori, de leur propre chef ou à la suite de plaintes, les chaînes privées allemandes ont, à la fin de l'année 1993, après de vifs débats mettant en cause le contenu de leurs programmes, décidé de créer une instance d'autorégulation dont la compétence est limitée à la protection de la jeunesse et qui examine, avant leur diffusion, les émissions qui lui sont présentées volontairement par les chaînes.

b) Le Commissariat aux médias néerlandais surveille assez peu le contenu des programmes et limite son contrôle à la protection de la jeunesse.

La loi sur les médias, qui s'applique au secteur public comme au secteur privé, ne comporte presque aucune disposition relative au contenu des programmes : elle prohibe seulement la diffusion avant 20 h des films interdits aux enfants de moins de 12 ans, et avant 21 h de ceux interdits aux moins de 16 ans. Compte tenu des nombreuses infractions relevées, le Commissariat aux médias a récemment décidé de renforcer sa surveillance sur les horaires de diffusion.

Dans les domaines autres que la protection de la jeunesse, le Commissariat n'intervient pas et c'est la logique de l'autorégulation qui prévaut.

Elle paraît jouer efficacement dans le secteur public. En effet, depuis 1967, le temps d'antenne sur les trois chaînes publiques est attribué à des associations qui représentent un courant culturel, religieux, spirituel ou social. La répartition se fait proportionnellement au nombre d'adhérents. Ainsi, tout excès dans la programmation risque de se traduire par une perte d'adhérents et donc par une réduction du temps d'antenne.

c) En Italie, le contrôle du contenu des programmes est également très limité.

La loi Mammi de 1990 a confié au Garant, déjà responsable du contrôle de la presse, la surveillance des chaînes publiques et privées de télévision. En matière de déontologie des programmes, le rôle du Garant apparaît limité : il contrôle a posteriori les règles concernant la violence et la protection des mineurs et émet de temps à autre des recommandations sur les horaires de programmation.

Par ailleurs, la commission parlementaire d'orientation et de surveillance des services de la radio et de la télévision, créée en 1975, surveille théoriquement la conformité des programmes des chaînes publiques aux principes généraux de pluralisme, d'objectivité, d'exhaustivité et d'impartialité. Compte tenu de son caractère très politique, la commission n'exerce guère ce pouvoir. De plus, elle ne dispose d'aucun pouvoir de sanction.
3) Les autorités de régulation anglaises disposent de large pouvoirs en matière de contrôle de la déontologie des programmes.
La loi de 1990 sur l'audiovisuel a créé deux autorités de régulation, compétentes à la fois pour le secteur public et pour le secteur privé : le Broadcasting Standards Council et le Broadcasting Complaints Commission.

Les compétences du premier portent sur la représentation de la violence et du sexe et sur la préservation du bon goût et de la décence (ce qui inclut notamment la surveillance de la qualité du langage), tandis que celles de la seconde concernent les atteintes à la vie privée et la présentation exacte et impartiale des faits et des informations.

Ces deux instances rédigent et mettent à jour des codes de bonne conduite, contrôlent a posteriori les programmes, réalisent des recherches sur le contenu des programmes, examinent les plaintes qu'elles reçoivent et peuvent contraindre les contrevenants à diffuser les avertissements qu'elles prononcent à leur encontre.

La loi de 1996 a organisé la fusion de ces deux instances en une seule qui commencera ses travaux le 1er avril 1997.

Par ailleurs, l'Independent Television Commission, qui attribue les licences aux sociétés privées a l'obligation légale de rédiger des codes de bonne conduite sur les programmes et de contrôler qu'elles les respectent. Ces codes recouvrent les mêmes domaines que ceux du Broadcasting Standards Council et de la Broadcasting Complaints Commission : bon goût, décence, exactitude, impartialité et absence de violence.
*

* *
L'élargissement des compétences du C.S.A. en matière de déontologie et d'éthique permettra au système français de se rapprocher du modèle britannique.

Les principes au respect desquels le C.S.A. devra veiller sont peu ou prou ceux que s'efforcent de garantir les instances de régulation britanniques. Seule, la " protection des consommateurs " paraît être une originalité française.
 

ALLEMAGNE

  • ITALIE
  • PAYS-BAS
  • ROYAUME-UNI
  • Par Service des études européennes du Sénat
    Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
    Vendredi 17 mars 2006

    Proposition de résolution du Sénat : "Diversité culturelle et audiovisuel"

    AU NOM DE LA DÉLÉGATION POUR L'UNION EUROPÉENNE SUR LA PROPOSITION DE DIRECTIVE MODIFIANT LA DIRECTIVE VISANT À LA COORDINATION DE CERTAINES DISPOSITIONS LÉGISLATIVES, RÉGLEMENTAIRES ET ADMINISTRATIVES DES ÉTATS MEMBRES RELATIVES À L'EXERCICE D'ACTIVITÉS DE RADIODIFFUSION TÉLÉVISUELLE (E 3038)

    Texte européen E3038 (déposé le 21 décembre 2005)

    Examen par la délégation pour l'Union européenne du 25 janvier 2006

    Proposition de résolution n° 179 (2005-2006) de M. Louis de BROISSIA, déposée au Sénat le 26 janvier 2006.

    Rapport n° 260 fait au nom de la commission des affaires culturelles, déposé le 15 mars 2006 :

    Disponible en une seule page HTML (172 Koctets)
    Disponible au format Acrobat (219 Koctets)

    Lire le dossier : http://www.senat.fr/dossierleg/ppr05-179.html

    Par Théâtre Passion
    Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
    Dimanche 19 mars 2006
    Programme Audiovisuel et Multimédia - Appel à projet 2006

    Ce qui résume le mieux la dynamique actuelle de ce domaine est le mot « dématérialisation ». Qu’il s’agisse d’interopérabilité, de formats d’échanges, de  traçabilité des contenus et des traitements…, ces problématiques sont des effets de la dématérialisation. Sécurité, piraterie, gestion des droits, en découlent de la même façon, tout comme les questions de gestion et d’indexation des données numériques, d’interactivité, ou de nouvelles interfaces, y compris pour la fouille de données. Le processus de dématérialisation concentre la plupart des problématiques d’innovation rencontrées par le secteur audiovisuel et multimédia, depuis la conception et le développement jusqu’à la diffusion, puis l’adoption, l’usage et la standardisation des solutions.

    C’est dans ce cadre que se place le programme de recherche « audiovisuel et multimédia » lancé conjointement par l’Agence Nationale de la Recherche et le Centre National de la Cinématographie. Ce programme partenarial recherche académique - industrie, a été défini avec l’appui du Réseau pour la Recherche et l'Innovation en Audiovisuel et Multimédia (RIAM) et de l’ANRT en ce qui concerne le système de saisie en ligne. 

    Les axes thématiques de cet appel à projets sont :

    1. Nouveaux modes de distribution des contenus audiovisuels et multimédia
       
    2. Outils d’archivages et de compression des médias numériques
       
    3. Numérisation de la production audiovisuelle et cinématographique/jeu et réalité virtuelle
       
    4. Thématiques transversales : sécurité des médias numériques, interfaces, son et musique
    Par ANR et CNC
    Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

    Texte libre


    Copyright Théâtre Passion

    Calendrier

    Novembre 2009
    L M M J V S D
                1
    2 3 4 5 6 7 8
    9 10 11 12 13 14 15
    16 17 18 19 20 21 22
    23 24 25 26 27 28 29
    30            
    << < > >>

    Recherche

    Recommander

    Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus