Présentation

Samedi 6 mai 2006
Communiqué de presse du Sénat du 3 mai 2006
« Droit d'auteur et droits voisins » : Les propositions de la commission des affaires culturelles du Sénat

Interopérabilité, mesures techniques de protection, copie privée ... : le projet de loi relatif au droit d'auteur et aux droits voisins dans la société de l'information soulève des questions techniques, juridiques et culturelles susceptibles d'influencer profondément les modalités de diffusion des créations littéraires et artistique au cours des années à venir.

Après deux années de travail marquées par l'organisation de près de 80 auditions et d'une table ronde consacrée au téléchargement de musique et de cinéma sur Internet, la commission des affaires culturelles du Sénat présidée par M. Jacques VALADE (UMP- Gironde), réunie le mercredi 12 avril, a adopté les 40 amendements proposés par son rapporteur M. Michel THIOLLIERE (RDSE - Loire).
Alors que le développement des technologies numériques tend à ouvrir de nouvelles perspectives au rayonnement de la création et à bouleverser les conditions d'exploitation des œuvres par les titulaires de droits, les modifications proposées par la commission visent à instaurer un nouvel équilibre entre diffusion culturelle et respect des droits des créateurs.

Celui-ci se caractérise notamment, dans le respect des dispositions communautaire et des intérêts légitimes des auteurs, par l'adoption d'un nombre restreint d'exceptions contribuant positivement à la diffusion des œuvres et par la création d'une autorité de régulation susceptible de garantir, au bénéfice des consommateurs, l'interopérabilité des systèmes et le bénéfice effectif des exceptions légales.

I - Défendre le droit d'auteur : un objectif prioritaire
 

Soucieuse d'assurer la défense du droit d'auteur, la commission s'est attachée à réduire le nombre des nouvelles exceptions introduites lors de l'examen du texte par l'Assemblée nationale. C'est ainsi qu'elle a procédé à la suppression :
- de l'article 4 bis proposant d'étendre à la sonorisation des programmes de télévision le régime de licence légale des phonogrammes prévu en matière de radiodiffusion ;
- de l'article 4 ter instaurant une exception générale en faveur des procédures parlementaires de contrôle ;
- de l'article 15 bis exonérant les grands ensembles du paiement du droit de représentation lors de l'acheminement du signal télévisé reçu au moyen d'une antenne collective.

Ce même souci de rigueur l'a conduite à supprimer l'article 5 quater dispensant du paiement de la rémunération pour copie privée les organismes qui utilisent des supports d'enregistrement vierges à des fins d'imagerie médicale.

II - Promouvoir un nombre restreint d'exceptions contribuant à la diffusion des oeuvres

La commission des affaires culturelles s'est montrée plus ouverte à la reconnaissance, à l'article 1er bis, d'exceptions contribuant positivement à la diffusion des œuvres. Elle s'est toutefois attachée à les circonscrire précisément afin de limiter le préjudice éventuel causé aux auteurs et aux titulaires de droits voisins.

La commission a ainsi :
- approuvé l'exception en faveur des personnes handicapées, en substituant cependant au dépôt systématique du fichier numérique des documents imprimés, une obligation pour les éditeurs de le fournir à la demande des personnes morales et établissements qui réalisent des supports adaptés ;
- maintenu l'exception en faveur des bibliothèques, musées et archives en la limitant aux seules reproductions effectuées à des fins de conservation, ou destinées à préserver les conditions de sa consultation sur place ;
- autorisé la reproduction et la représentation libres d'une œuvre graphique, plastique ou architecturale sous la double condition d'un but exclusif d'information immédiate, et du caractère accessoire ou fugitif de la représentation ou de la reproduction.

La commission des affaires culturelles a enfin et surtout institué une exception nouvelle en faveur de l'enseignement et de la recherche, qu'elle s'est attachée à limiter en la subordonnant à des fins d'analyse ou d'illustration de l'enseignement et de la recherche, et en réservant le bénéfice au cercle des élèves, étudiants, enseignants et chercheurs concernés. Elle a prévu qu'elle serait compensée par une rémunération forfaitaire négociée.

III - Garantir, au bénéfice des consommateurs, l'interopérabilité des systèmes et le bénéfice effectif
des exceptions légales

Estimant que le dispositif adopté par l'Assemblée nationale était globalement conforme aux exigences de la directive n° 2001/29 du 22 mai 2001 sur l'harmonisation de certains aspects du droit d'auteur et des droits voisins dans la société de l'information, la commission des affaires culturelles n'a pas modifié le dispositif consacrant le nouveau régime juridique des mesures techniques de protection et d'information, ainsi que les procédures et sanctions qui doivent en garantir le respect.

Estimant toutefois qu'il convenait de conforter les garanties offertes aux consommateurs, elle a profondément remanié les dispositions tendant à favoriser l'interopérabilité des systèmes, et le bénéfice effectif d'un certain nombre d'exceptions légales, dont l'exception de copie privée.

A cette fin, la commission des affaires culturelles a :
- substitué au collège des médiateurs prévu par le projet de loi une Autorité de régulation des mesures techniques de protection ; l'Assemblée nationale avait commencé à élargir les compétences reconnues au collège des médiateurs en matière de copie privée, en complétant son rôle de médiation par une compétence d'ordre quasi réglementaire en matière de copie privée. Le Sénat a souhaité prolonger cette dynamique en créant une véritable autorité indépendante capable d'intervenir en arbitre non seulement du bénéfice des exceptions mais également de l'interopérabilité ;
- garanti le bénéfice effectif des exceptions légales, et en particulier de l'exception pour copie privée ; elle a confié à la nouvelle Autorité la responsabilité de déterminer, par ses recommandations, certaines des modalités d'exercice de ces exceptions, et de fixer notamment le nombre minimal de copies autorisées dans le cadre de l'exception de copie privée, en fonction du type d'œuvre ou d'objet protégé, de leur mode de communication au public, et des possibilités de la technique ;
- recentré l'article 7 sur la définition et la consécration juridique des mesures techniques de protection et d'information puis conforté les dispositions garantissant l'interopérabilité en les regroupant dans un nouvel article additionnel avant l'article 7 bis. Le dispositif ainsi adopté repose, comme celui de l'Assemblée nationale, sur la fourniture des informations essentielles à l'interopérabilité, mais organise celle‑ci suivant des modalités plus respectueuses de la propriété industrielle.

IV - Clarifier le dispositif de sanctions

La commission a approuvé le dispositif de l'article 14 bis qui soustrait les actes de téléchargement au champ de la contrefaçon pour les assimiler à de simples contraventions.

Considérant toutefois que la lutte contre le piratage ne devait pas se limiter à la répression des internautes, elle a également adopté et clarifié l'article 12 bis, qui institue une responsabilité pénale des éditeurs et fournisseurs de logiciels manifestement destinés à des échanges illicites d'œuvres. Elle a en revanche supprimé les procédures civiles prévues à l'article 14 quater visant ces mêmes éditeurs et fournisseurs de logiciels dont la portée lui a paru trop imprécise.

Le rapport du sénateur Michel Thiollière (RDSE - Loire) est en ligne: http://www.senat.fr/rap/l05-308/l05-308.html

Vous pouvez également accéder à l'ensemble du dossier législatif: http://www.senat.fr/dossierleg/pjl05-269.html

Ce texte sera discuté en séance publique jeudi 4 mai, mardi 9 et mercredi 10 mai 2006.

Contact presse : Astrid Poissonnier 01 42 34 22 90
   a.poissonnier@senat.fr

par Sénat publié dans : Droit de la propriété littéraire et artistique
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Lundi 10 avril 2006


DADVSI: la position de l'Interassociation Archives-Bibliothèques-Documentation

L'examen du projet de loi relatif aux droits d'auteur et aux droits voisins dans la société de l'information (DADVSI) va se poursuivre au Sénat en mai 2006. L'Interassociation Archives-Bibliothèques-Documentation continue son action "pour que la société de l'information soit celle d'un accès de tous à l'information et à la culture".

"La société de l'information ne permettra une meilleure diffusion du savoir et de la culture que si un équilibre est respecté entre les droits légitimes des auteurs et des producteurs et ceux, non moins légitimes, des citoyens et des usagers.

Le 21 mars 2006, l'Assemblée nationale a adopté après l’avoir amendé le projet de loi relatif au droit d'auteur et aux droits voisins dans la société de l'information (DADVSI) qui doit transposer en droit français la directive européenne du 22 mars 2001.

Soutenue par les plus de 6 800 signataires de sa pétition et agissant de concert avec des élus locaux et des universitaires, l'Interassociation Archives - Bibliothèques - Documentation se félicite que le texte voté le 21 mars satisfasse deux de ses demandes : une exception « personnes handicapées » mentionnant explicitement les archives, bibliothèques et centres de documentation et une exception de reproduction en faveur des bibliothèques, musées et services d'archives.

Ce vote est une première avancée décisive, mais l'interassociation demeure attentive à ce que la question de la diffusion des documents numériques en bibliothèques et leur utilisation dans l'enseignement et la recherche trouve également une issue par la voie parlementaire. Elle poursuit son action dans la perspective de l’examen du projet par le Sénat en mai 2006.

Pour permettre aux archives, bibliothèques et centres de documentation de continuer à exercer leurs missions au service du public."

Le Site web de cette Interassociation Archives-Bibliothèques-Documentation.

par Interassociation Archives-Bibliothèques-Documentation publié dans : Droit de la propriété littéraire et artistique
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Lundi 10 avril 2006

Les dispositions liées à l'interopérabilité inquiètent les industriels des Etats-Unis ou l'interropérabilité à l'épreuve de la concurrence :
 
Le gouvernement US soutien Apple face à la loi française DADVSI, par Yves Grandmontagne, Silicon.net, 24 mars 2006. 
En anglais : French Assembly approves legislative threat to iTunes, Out-Law News, le 22/03/2006. 

 

Voir aussi http://www.futura-sciences.com/sinformer/n/news8553.php et 

http://www.futura-sciences.com/news-dadvsi-tout-repressif-emporte-contre-p2p_8478.php

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Lundi 10 avril 2006

Etude consacrée au droit de la propriété intellectuelle en Allemagne et en Grande Bretagne, sur le site internet de la Chancellerie.

par Chancellerie publié dans : Droit de la propriété littéraire et artistique
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Samedi 25 mars 2006
Projet de loi relatif au droit d'auteur et aux droits voisins dans la société de l'information: une sélection parmi d’innombrables articles diffusés ces derniers jours…

Le feuilleton DAVSI en épisodes : un juriste de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris a suivi chaque jour les débats parlementaires autour du projet de loi DADVSI. Ou comment suivre de manière un peu romancée les réflexions et les échanges. Et le dossier DADVSI sur agoravox et sur Adminet

Le texte transmis au Sénat le 22 mars 2006, et le rapport d'information de M. le Sénateur Jacques VALADE de la commission des Affaires culturelles intitulé "Quelles réponses législatives apporter au téléchargement illégal de musique et de cinéma ?".
DADVSI et mesures de protection technique : note à l'intention des députés sur le numérique, le P2P et les MTP, par François Pelligrini, Temps réels, 3 mars 2006 :

"Réforme des Droits d'Auteur 2006", Journée d'Actualité Comundi le jeudi 15 juin 2006, à Paris : au programme : modification du statut des agents publics face au droit d'auteur, cadre légal pour la copie privée, mesures techniques de protection obligatoires pour les œuvres numérique, nouveau régime de sanctions… Une journée d'actualité pour faire le point sur la réforme du droit d'auteur. A la tribune : Christian Vanneste, Député et Rapporteur du projet de loi à l'Assemblée Nationale, Giuseppe de Martino, Président de l'Association des Fournisseurs d'Accès et de Services Internet, Ambroise Soreau, Agent Assermenté à l'Agence de Protection des Programmes, Arabelle Baudette, Juriste au CNRS, Blandine Poidevin, Avocat à la Cour, Arnaud Brunet, Directeur des Relations Extérieures de Sony, Thibault Verbiest, Avocat à la Cour, Pierre-Yves Gautier, Professeur, Université Panthéon-Sorbonne, et Thaima Samman, Directrice des Affaires Juridiques de Microsoft. Contact: Marie-Aline Rousseau -  COMUNDI - Tél. : 01 46 29 46 36.
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Samedi 25 mars 2006
Une analyse synthétique du texte voté par l’Assemblée nationale « La loi droit d'auteur et droits voisins promet un avenir numérique incertain »

Le projet de loi a été voté par les députés. Revue de détail d'un texte controversé, des nouveaux équilibres qu'il pose en matière de droit d'auteur, et des interrogations qu'il suscite, par
Philippe Crouzillacq , 01net., le 21/03/2006 à 19h11.

« Ce texte fera jurisprudence à l'étranger », le ministre de la Culture, Renaud de Donnedieu de Vabres, n'en démord pas : en l'état son projet de loi, qui transpose en droit français une directive européenne sur le droit d'auteur et les droits voisins, revêt une dimension quasi-visionnaire. A l'opposé, les détracteurs du texte évoquent « une vision techniquement dépassée » des enjeux, ou une « usine à gaz répressive » contre les internautes (Spedidam).

Les députés viennent de l'adopter ce mardi 21 mars, avec 286 voix pour, 22 abstentions et 193 contre. En mai, les sénateurs devront à leur tour se pencher sur cet épineux dossier. Mais que contient-il exactement ?

La licence globale n'est plus qu'un souvenir

Ce mécanisme de rémunération des artistes et des ayants droit avait surgi au mois de décembre dernier au tout début de la discussion parlementaire à l'Assemblée nationale. A la faveur d'une séance de nuit, des députés de tous les horizons politiques avaient adopté, contre l'avis du Gouvernement, cette disposition légalisant le téléchargement de musique sur les réseaux de peer to peer.

La licence globale reposait sur un forfait perçu auprès des abonnés à Internet. Son adoption par les députés avait provoqué la suspension des débats au Palais Bourbon. En ce début du mois de mars, après plusieurs jours de manoeuvres procédurales contradictoires, le Gouvernement a fini par obtenir le rejet de la licence globale. En lieu et place, le texte pousse à l'utilisation des diverses plates-formes de téléchargement légal.

La reconnaissance des DRM et l'exigence d'interopérabilité

Les mesures techniques de protection (DRM en anglais) des oeuvres sont désormais officiellement reconnues par la loi et leur contournement bientôt considéré comme un délit. Le pirate qui développe les outils permettant de faire sauter ses protections, et les met à disposition, encourt six mois de prison et 30 000 euros d'amende. Le pirate qui s'adonne à cette pratique, mais sans mise à disposition d'autrui, risque 3 750 euros d'amende. Enfin le simple détenteur ou utilisateur d'un moyen de contournement de DRM est, quant à lui, passible d'une contravention de 750 euros.

Le pendant revendiqué par le Gouvernement de ce strict respect des mesures techniques de protection, c'est l'interopérabilité. En clair, toute oeuvre achetée dans le commerce ou fichier légalement téléchargé sur Internet doit être lisible sur n'importe quel logiciel ou équipement prévu à cet effet. Ce qui n'était pas le cas jusqu'à maintenant. A défaut, si les DRM mis en place constituent un obstacle à l'interopérabilité, le texte actuel en légitime, dans ce cas précis, le déverrouillage.

Le périmètre de la copie privée sera défini par un collège de médiateurs

La loi ne précise pas l'étendue du droit à la copie privée. Les opposants au texte parlent d'une remise à en cause de la loi Lang du 3 juillet 1985, qui accordait ce droit à la copie privée.

En fait, il appartiendra à un collège de médiateurs de fixer pour tous les supports concernés le nombre de copies autorisées dans le cadre de la copie privée, y compris pour les DVD. Sur son blog, le député socialiste Christian Paul déplore « que l'on sous-traite les règles et les garanties de la copie privée à un comité Théodule ».

Téléchargement illégal : surveiller et punir

Un internaute qui télécharge, voire qui met (illégalement) à disposition des fichiers récupérés sur le Web ne risque plus trois ans de prison et 300 000 euros d'amende, comme c'était le cas précédemment. Cependant, il n'en sera pas quitte pour autant. En cas de flagrant délit, le téléchargement illégal de musique ou d'un film pour son usage personnel relève désormais de la simple contravention de première classe (38 euros). Une amende qui sera portée à 150 euros en cas de mise à disposition des fichiers incriminés. Cependant des décrets d'application devront spécifier les conditions de surveillance des réseaux et d'établissement des flagrants délits.

Sur ce dernier point de nombreuses inconnues subsistent, notamment quant au respect de la vie privée des internautes. Une question sur laquelle la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) ne manquera certainement pas de s'exprimer le moment venu.

Trois ans de prison et 300 000 euros d'amende pour les éditeurs de logiciel peer to peer

Selon un amendement introduit par deux députés UMP (et vite rebaptisé dans les travées de l'hémicycle « amendement Vivendi »), un éditeur de logiciel qui distribue « sciemment » un programme destiné au piratage, engage sa responsabilité pénale et est passible d'une peine allant jusqu'à trois ans de prison et 300 000 euros d'amende.
par Philippe CROUZILLAC , 01net publié dans : Droit de la propriété littéraire et artistique
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Dimanche 19 mars 2006

Le texte de la loi résultant du vote des députés.

 

par Théâtre Passion publié dans : Droit de la propriété littéraire et artistique
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Samedi 18 mars 2006

Maire Info - 15  Mars 2006

Pas de droit d’auteur pour «les actes de reproductions spécifiques effectuées par des bibliothèques accessibles au public, des musées ou par des services d'archives»

La discussion du projet de loi sur le droit d'auteur s'est poursuivie mardi soir 14 mars à l'Assemblée nationale. Un amendement ajoute à la liste des exceptions au droit d'auteur «les actes de reproductions spécifiques effectuées par des bibliothèques accessibles au public, des musées ou par des services d'archives qui ne recherchent aucun avantage commercial ou économique direct ou indirect».

Le gouvernement avait proposé un amendement modifiant cette liste. S'agissant des bibliothèques, la rédaction en était beaucoup plus restrictive. L'exception portait en effet sur «les copies effectuées par une bibliothèque ou un service d'archives accessible au public, d'oeuvres protégées appartenant à leurs collections, lorsque le support sur lequel est fixée l'oeuvre n'est plus disponible à la vente ou que le format de lecture est devenu obsolète [...]».

Présenté par l'opposition, l’amendement adopté avait reçu un avis favorable du rapporteur et le soutien des parlementaires de la majorité.

Examinant les mesures techniques de protection (MTP) destinées à contrôler l'accès aux oeuvres sur Internet, les députés ont aussi adopté un amendement (UMP) «pour éviter que la gestion des droits d'auteur ne compromette de facto la sécurité des utilisateurs individuels, des entreprises et des administrations». Il prévoit que les MTP «permettant le contrôle à distance direct ou indirect d'une ou plusieurs fonctionnalités, ou l'accès à des données personnelles, sont soumises à une déclaration préalable». «Ce devrait être une interdiction, non une déclaration», a soutenu le président de l'UDF, François Bayrou, en dénonçant une «usine à gaz».

Ces MTP - ou en anglais «DRM» (Digital Rights Management) - désignent les «logiciels de gestion des droits» de lecture des fichiers numériques destinés à empêcher les copies en verrouillant l'accès aux films et musiques sur internet.

La première version du texte assimilait le contournement de ces MTP à un délit de contrefaçon, passible d'une peine de prison. Le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, a proposé, dans la nouvelle rédaction, d'alléger les sanctions contre les «pirates» mais a maintenu l'essentiel: la légalisation des MTP.

Les députés ont adopté un amendement prévoyant que les MTP «ne peuvent faire obstacle au libre usage de l'oeuvre dans la limite des droits prévus» par le Code de la propriété intellectuelle et ceux accordés par les détenteurs des droits». Une précision qui vise à permettre aux consommateurs de lire les oeuvres sur l'ensemble des supports (PC, autoradios…).

Les députés ont en outre garanti, en votant un amendement du rapporteur Christian Vanneste (UMP), «le bénéfice de l'exception pour copie privée», rédaction qu'ils ont préférée à la formule prévoyant de garantir «le bénéfice du droit à la copie privée».

Les députés se prononceront le 21 mars par un vote solennel sur le projet de loi sur les droits d'auteur dans la société de l'information.

par Maire Info - 15 Mars 2006 publié dans : Droit de la propriété littéraire et artistique
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Dimanche 12 mars 2006

Propriétés Intellectuelles de janvier 2006


A signaler deux bons articles de doctrine dans la revue Propriétés Intellectuelles de janvier 2006 : page 10 "Les licences Creative Commons : les outils du maître à l'assaut de la maison maître" ; page 22 "Réflexions sur le rôle et le fonctionnement des sociétés d'auteurs".

par Revue Propriété Intellectuelle publié dans : Droit de la propriété littéraire et artistique
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Dimanche 12 mars 2006

Lancement du site internet - lestelechargements.com : le discours du ministre de la culture le 22 février 2006

"La propriété littéraire et artistique est l'une des plus belles conquêtes des Lumières et de la Révolution française. Je veux vous dire combien je suis fier de défendre les droits des auteurs et des créateurs, en les adaptant aux réalités des évolutions des nouvelles technologies de l'information et de la communication. J'ai le souci permanent depuis de nombreux mois que s'instaure un dialogue et que tous les arguments et opinions se confrontent pour que chacun ait des droits et des devoirs et que surtout la création française originale puisse continuer à vivre et à se développer, car elle est la fierté de notre pays. Le projet que je présente est un texte de réconciliation et d'équilibre pour un enjeu de société majeur : l'utilisation d'Internet pour écouter de la musique et regarder des films. Je veux préserver les libertés de tous ! Liberté de l'internaute, bien sûr, qui est d'abord la liberté d'accéder aux oeuvres, dans leur diversité, à une offre sécurisée, riche et diversifiée, économiquement viable et à un prix raisonnable. Liberté des créateurs, des artistes, de voir leur travail et leurs droits qu'ils ont mis tant d'énergie, tant de temps, tant d'efforts à conquérir, reconnus et respectés. Le projet de loi concilie la liberté des créateurs et la liberté des internautes, il garantit une juste rémunération des créateurs et met fin à des sanctions disproportionnées : la prison pour l'internaute c'est terminé ! Le projet de loi crée un équilibre entre la protection de la créativité et l'impératif de l'innovation technologique et de la recherche : il permet le développement du logiciel libre. Le projet de loi concilie la protection des oeuvres et l'utilisation par chacun des oeuvres licitement acquises : il garantit la copie privée ! Le projet de loi concilie le principe de l'interopérabilité : une oeuvre acquise légalement doit pouvoir être lue sur n'importe quel matériel ! Ces enjeux ne pouvaient que susciter un grand débat entre internautes, consommateurs, créateurs, artistes, auteurs et compositeurs, ils ont été nourris, vifs et médiatisés. J'ai souhaité ouvrir un véritable débat de société sur la propriété littéraire et artistique, l'économie de la culture, la culture elle-même. J'ai voulu, avec le lancement de ce site, permettre le dialogue le plus concret le débat le plus large, en offrant à chacun un espace de discussion. Ce site doit être un outil d'intérêt général, un outil de démocratie participative. Très concrètement, comme vous allez pouvoir le découvrir dans la présentation qui va suivre, des témoignages, que je souhaite les plus nombreux possibles, d'artistes et de professionnels seront quotidiennement mis en ligne. Tous les métiers de la création pourront s'exprimer, ceux qui sont en coulisse, ceux que l'on ne voit pas, réalisateurs, ingénieurs du son, éclairagistes, techniciens... Chacun pourra réagir librement, la discussion aura lieu sur les forums, de nombreux « chats » seront organisés, et j'espère pouvoir y participer. Ce site n'est pas un espace de propagande. Il est libre et n'est au service d'aucun intérêt particulier ou corporatiste. C'est le premier site réellement pluraliste sur le sujet du téléchargement. Il n'a pas d'autre but que d'amener artistes, créateurs et internautes à s'entendre sur les modalités du téléchargement de musique et de cinéma. Les points de vue les plus opposés pourront s'affronter, comme par exemple sur la question de la licence globale comme vous allez le constater lors d'une courte démonstration. La transparence sera le maître mot de ce site. Enfin, parce que la création naît de l'échange, le site proposera aux artistes qui le souhaitent de profiter de la fréquentation et de la médiatisation du site pour faire découvrir leurs créations. Un espace gratuit de téléchargement sera mise à disposition car Internet est un tremplin, un révélateur de talents, c'est une étape dans le parcours des oeuvres et des artistes. Ce site ambitieux met en valeur l'importance du débat dans notre démocratie, dans notre République, qui doivent demeurer fidèles à leurs messages et à leurs principes, dans l'ère numérique dans lequel nous nous trouvons désormais. Je veux remercier chaleureusement de leur présence les nombreux artistes qui sont ici ce soir et tous ceux qui sont présents sur le site, je veux également remercier tous les parlementaires présents et tous les internautes qui se connecteront sur le site":
www.lestelechargements.com

par Ministère de la culture publié dans : Droit de la propriété littéraire et artistique
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