Présentation

Lundi 10 avril 2006

Le mécénat

Le mécénat est, non seulement une source de fonds, mais un remarquable outil de communication pour les mécènes comme pour la collectivité ainsi aidée. Les DRAC n’ont plus –ou presque- une roupie pour la restauration du patrimoine, mais elle peuvent vous accompagner sur le montage d’un dossier ainsi que la Fondation de France. Juridiquement, la collectivité doit pouvoir délivrer les reçus fiscaux après avoir mis en œuvre la procédure du rescrit fiscal, sinon, le recours à une association intermédiaire agréée est bien pratique. Pour participer à une formation sur ce thème : voyez http://www.sciencespo-grenoble-formationcontinue.fr/calendrier.php.

 

Remco WALLIG, Consultant en gestion publique, SAGITTA, 249, rue de Pessac, F-33000 BORDEAUX, internet: www.wallig.com

 

par Remco WALLIG publié dans : Le rôle du secteur privé
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Samedi 11 mars 2006
LE MECENAT

La première édition du Salon - Festival du Mécénat se déroule du 16 au 18 Mars 2006 au Palais des Congrès de Lyon. Le site du salon. Voir aussi la rubrique mécénat sur le site du Ministère de la Culture et de la Communication.

Un élan pour le mécénat
 
En 2003, le Président de la République et le Premier Ministre se sont engagés à favoriser les initiatives, invitant tous les acteurs de notre société, à s’impliquer encore plus largement en faveur des causes d’intérêt général, ceci pour répondre au retard pris dans ce domaine par rapport aux autres pays européens et aux Etats-Unis.

La loi du 1er août 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations a amélioré le régime fiscal du mécénat et le statut des fondations, la charte pour le développement du mécénat culturel signée le 15 mars 2005 entre Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication et Jean-François Bernardin, président de l'assemblée des CCI, la journée des fondations votée par le sénat en septembre dernier et enfin la signature le 4 octobre 2005 du premier protocole national pour le développement du mécénat culturel avec le Conseil supérieur du Notariat, symbolisent l'expression de la confiance que l'Etat marque à la prise de responsabilité puisqu’il vise à développer les engagements de la société civile, des particuliers et des entreprises

1. Définitions

1.1. Le mécénat
 
« Il n’existe pas de définition légale du mécénat. La terminologie utilisée est celle prévue par l’arrêté du 6 janvier 1989 « relatif à la terminologie économique et financière ». Ce texte définit le mécénat comme étant le soutien matériel apporté sans contrepartie directe de la part du bénéficiaire, à une œuvre ou à une personne pour l’exercice d’activités présentant un intérêt général. » Source : www.admical.org

1.2. Différence entre le mécénat et le parrainage/sponsoring

Il n'existe pas de définition précise du mécénat et du parrainage notamment en raison de la diversité des opérations qu'il peut concerner. La loi du 23 juillet 1987 relative au développement du mécénat, qui est essentiellement une loi d'encouragement fiscal pour les donateurs, n'a pas apporté de précision quant à la définition juridique de ces deux notions. On peut toutefois se reporter à la terminologie utilisée par l'arrêté du 6 janvier 1989 " relatif à la terminologie économique et financière " (JO du 31 janvier 1989), qui définit le mécénat comme étant le " soutien matériel apporté, sans contrepartie directe de la part du bénéficiaire, à une œuvre ou à une personne pour l'exercice d'activités présentant un intérêt général".

Le parrainage constitue quant à lui " soutien matériel apporté à une manifestation, à une personne, à un produit ou à une organisation en vue d'en retirer un bénéfice direct ". Les opérations de parrainage sont destinées à promouvoir l'image du parrain (personne qui apporte le soutien) et comportent l'indication de son nom ou de sa marque.

2. Le mécénat des associations

2.1. Comment savoir si mon association peut recevoir des dons de mécénat ?

Pour avoir la garantie que votre association est d'intérêt général, vous pouvez envoyer une demande aux services fiscaux. Si vous n'avez pas de réponse dans les 6 mois, votre association est considérée comme d'intérêt général. Il existe à présent une division spéciale aux impôts : "la correspondance aux associations". Cependant, vous pouvez également juger vous-même si vous êtes d'intérêt général, il suffit de respecter les conditions nécessaires évoquées ci-dessous.

2.2. L’intérêt général

Afin d’être déclarée d’intérêt général par les services fiscaux plusieurs critères sont à remplir.

a- Le caractère non lucratif des activités de l’association

Si les 5 critères suivants sont réunis, le caractère non lucratif est avéré :

-l’association a une activité économique, celle-ci doit entrer strictement dans le cadre de l’activité générale désintéressée de l’association et contribuer par sa nature et non simplement financièrement à la réalisation de ce projet.
-la gestion de l’association ne doit pas procurer aucun avantage matériel direct ou indirect aux fondateurs, dirigeants et membres de l’association.
-la réalisation d’excédents de recettes ne doit pas être systématiquement recherchée.
-lorsqu’ils existent, les excédents doivent être réinvestis dans l’œuvre elle-même.
-l’œuvre doit présenter une utilité sociale en assurant la couverture des besoins qui ne sont pas pris en compte par le marché.

b- Le caractère désintéressé de la gestion

Si les 3 conditions suivantes sont réunies, le caractère désintéressé de la gestion est avérée :

-l’organisme est géré et administré à titre bénévole par des personnes n’ayant, elles-mêmes ou par personne interposée, aucun intérêt direct ou indirect dans les résultats de l’exploitation.
-l’organisme ne procède à aucune distribution directe ou indirecte de bénéfice, sous quelque forme que ce soit.
-les membres de l’association ne peuvent en aucun cas s’attribuer ou se répartir les biens de l’association, sous réserve du droit de reprise des apports.

c- Ne pas fonctionner pour un cercle restreint

Par exemple, les associations doivent servir les intérêts d’une ou plusieurs familles ou entreprises, faire connaître les œuvres de quelques artistes ou les travaux de certains chercheurs…

2.3. Je suis une fondation, association reconnues d’utilité publique, établissement à but non lucratif…?

Certaines catégories très particulières d’organismes ouvrent également droit au dispositif. Pour cela, il faut répondre à l’une des définitions inscrites ci-dessous (Seule la liste des activités est indiquée dans la loi, en revanche les définitions données ci-dessous n’ont qu’une valeur indicative.)

Philanthropique
: Les associations ayant pour but de venir en aide à ceux de leurs membres qui sont dans le besoin, les comités chargés de recueillir les fonds pour les victimes d’un sinistre.

Scientifique
: Les organismes ayant pour but d’effectuer certaines recherches d’ordre scientifique ou médical.

Educatif
: Les associations de parents d’élèves, les associations familiales crées en vue de venir en aide aux établissements d’enseignements privés.

Social ou familial
: Les organismes qui concourent à la protection de la santé publique sur le plan de la prophylaxie ou de la thérapeutique, des organismes d’action sociale en particulier dans l’insertion, des organismes ayant pour but d’héberger à prix modique des jeunes gens, des clubs de troisième âge.

Humanitaire
: Les organismes dont l’activité consiste à secourir les personnes qui se trouvent en situation de détresse et de misère en leur venant en aide pour les besoins indispensables et en favorisant leur insertion et leur promotion sociale.

Sportif
: Les organismes ayant pour vocation de promouvoir la pratique du sport non professionnel.

Culturel
: Les organismes dont l’activité est consacrée, à titre prépondérant, à la création, à la diffusion ou à la protection des œuvres d’art et de l’esprit sous leurs différentes formes :
-concourant à la mise en valeur du patrimoine artistique : les organismes qui ont pour objet d’assurer la sauvegarde, la conservation et la mise en valeur des biens immobiliers appartenant au patrimoine artistique national, régional ou local.
-concourant à la défense de l’environnement naturel : les organismes qui exercent leur activité dans un ou plusieurs domaines suivants : lutte contre la pollution et les nuisances, prévention des risques naturels et technologiques, préservation de la faune, de la flore et des sites, préservation des milieux et des équilibres naturels, amélioration du cadre de vie en milieu urbain ou rural.

2.4. Quels renseignements et pièces dois-je fournir pour demander l’avis des services fiscaux ?

Ils sont tout à fait similaires à ceux à fournir pour demander à connaître son régime au regard des impôts commerciaux.
-renseignements généraux sur l’association (identité, duplicata de déclaration en préfecture et JO, statuts, nombre et qualités des membres, personnel salarié, matériel, locaux).
-gestion (identité et qualité des dirigeants, rémunérations et avantages, attribution de l’actif).
-ressources (cotisations, dons, subventions, mise à disposition, parrainage, manifestations de soutien, ventes).
-activités exercées (y compris économiques) à titre permanent ou occasionnel et dans quelle zone géographique ?
-modalités d’exercice des activités économiques (produit, public, prix, publicité).

2.5. Existe-t-il un contrat de mécénat ?

Il n'existe pas de contrat type, mais il est nécessaire qu’apparaissent :

-la définition des contractants.
-la définition du projet, c'est-à-dire l’objectif du partenariat avec une date limite d’exécution fixée.
-les obligations du mécène : Lorsque le soutien est financier : le bénéficiaire à recevoir ce don, le mécène qui a la capacité d’effectuer ce don, la mention du montant du don. Lorsque le soutien est en nature : mise à disposition de matériel, de personnel, de locaux. Lorsque le soutien est financier : le bénéficiaire à recevoir ce don, le mécène qui a la capacité d’effectuer ce don, la mention du montant du don. Lorsque le soutien est en nature : mise à disposition de matériel, de personnel, de locaux.
-les obligations du bénéficiaire : mentionner le nom du mécène. L’institution fiscale autorise l’existence de contreparties à condition qu’il existe une disproportion entre les sommes données et la prestation rendue. mentionner le nom du mécène. L’institution fiscale autorise l’existence de contreparties à condition qu’il existe une disproportion entre les sommes données et la prestation rendue.
-les conditions d’annulation : l’association s’engage à rembourser l’entreprise si elle décide de ne pas réaliser le projet ou de ne plus faire participer l’entreprise. : l’association s’engage à rembourser l’entreprise si elle décide de ne pas réaliser le projet ou de ne plus faire participer l’entreprise.
-les modalités de résiliation.

3. Le mécénat d’entreprise

3.1. A quels avantages fiscaux le mécénat me donne t’il droit ?


La réduction fiscale
:

La réduction de l’impôt de l’entreprise atteint 60% du montant du don effectué à une association ; toutefois elle se limite à 0,5% de son chiffre d’affaire, au-delà l’entreprise peut reporter l’excédent sur les 5 ans à venir.

Les dons peuvent passer soit dans les charges d’exploitation (compte 6238 « Divers », subdivision du compte « Publicité, publication, relations publiques », compte 62385 « mécénat ».
Dans la déclaration d’impôt sur les sociétés, afin de ne pas déduire deux fois le don, l’entreprise réintègre le montant du don dans le calcul du résultat fiscal puis déduit ce montant de l’impôt calculé.

3.2. Comment déclarer son don ?

Pour les dons des entreprises, le bénéficiaire peut remettre à l’entreprise un reçu similaire à celui adressé aux particuliers. Il est à noter que l’entreprise donatrice à l’obligation de joindre à sa déclaration de résultat une déclaration spéciale n°2069-M-SD.
3.3. Comment fonctionne le mécénat lorsque l’on achète une œuvre d’art ?

Aux termes de l’article 238 bis AB du code général des impôts, qui complète la loi du 23 Juillet 1987, les entreprises qui achètent des œuvres originales d’artistes vivants et les inscrivent à un compte d’actif immobilisé, peuvent déduire du résultat imposable de l’exercice d’acquisition et des 4 années suivantes, une somme égale au prix d’acquisition sans que la déduction opérée sur un même exercice puisse dépasser 1/3 de ce prix.

Le bénéfice de la déduction susvisée est subordonné à l’exposition à titre gratuit de l’œuvre au public (dans un musée, dans l’entreprise ou lors de manifestations) pour une période correspondant à la période sur laquelle la déduction du bien est étalée, soit cinq ans.

3.4. Quels dons ouvrent droit aux réductions d’impôt ?

Des cotisations , des dons financiers et des dons en nature : prêt de matériel, de personnel

4. Le mécénat des particuliers : l
es dons des particuliers

4.1.
Quels avantages ?

Premier alinéa du 1 de l’article 200 du Code général des impôts, le taux de défiscalisation sur les dons de mécénat de « 60% » est remplacé par un taux à « 66% »
Par ailleurs, le taux de réduction est porté à 75 % pour les versements effectués au profit d’organismes sans but lucratif procédant à la fourniture gratuite de repas à des personnes en difficulté, qui contribuent à favoriser leur logement ou qui procèdent à titre principal, à la fourniture gratuite de soins. (dans la limite de 470 €.)

4.2. Le plafond de défiscalisation

La réduction d'impôt est égale à 66 % des sommes versées, retenues dans la limite annuelle de 20 % du revenu imposable. Ce seuil est doublé par rapport à la situation antérieure.. Ce seuil est doublé par rapport à la situation antérieure.

Exemple : Un particulier a un revenu imposable de 50 000 euros. Il décide de verser 200 euros à une association d'intérêt général. Au titre de 2003, il bénéficiera d'une réduction d'impôt de 66 %, soit 132 euros. Le coût réel de son don sera de 68 euros. Si le plafond de 20 % des revenus est dépassé, le bénéfice de la réduction peut être reporté sur les 5 années suivantes. . , le bénéfice de la réduction peut être reporté sur les 5 années suivantes.

Autre exemple : Un autre particulier, chef d'entreprise, a un revenu imposable de 150 000 euros. Avec d'autres amis, il souhaite participer à la constitution d'une fondation en faveur de la musique ou des arts plastiques. En octobre 2003, il verse 40 000 euros en dotation initiale de la fondation. Cette somme dépasse le seuil des 20 % de son revenu imposable de 10 000 euros. Au titre de 2003, il bénéficiera d'une réduction d'impôt de 66 % dans la limite de 30 000 euros (seuil de 20 %), soit 19.800 euros. Il reportera les 10 000 euros excédentaires sur l'année 2004, ce qui lui apportera un avantage au même taux, soit 6 600 euros. Sur deux années, la réduction cumulée sera de 26 400 euros, ce qui correspond bien en définitive à un avantage fiscal égal à 66 % du don. Le coût réel de la dotation en capital qu'il fera à la fondation lui reviendra à 16 000 euros (pour 40 000 versés effectivement)..

Pour un revenu qui serait stable sur cinq ans
, le donateur peut déduire (sur cette période) de son impôt sur le revenu 60 % d'un don égal à la totalité du revenu imposable de l'année initiale.

Cette disposition est destinée à permettre à des particuliers de constituer ou d'augmenter le capital d'une fondation, grâce à un apport ponctuel important.

4.3. Les dons défiscalisés

La réduction d’impôt concerne tous les dons consentis aux œuvres et organismes d'intérêt général versés à compter du 1er janvier 2003. A noter que les dons peuvent être des sommes d'argent, mais aussi des dons en nature (ex : œuvres d'art) y compris "l'abandon don exprès de revenus et produits".

4.4. Les dons de salariés aux fondations d’entreprises

Enfin, les salariés des entreprises sont désormais autorisés à bénéficier des avantages fiscaux pour tous les dons apportés à la fondation de leur entreprise, ou de la fondation de leur groupe.

4.5. Les dons sur héritage
Sur la part nette de tout héritier, donataire ou légataire servant au calcul des droits de succession, il est institué un abattement égal au montant des dons consentis à certains organismes d'intérêt général, à l'Etat, aux collectivités territoriales ou leurs établissements publics.
L'abattement concerne toutes les successions, quelle que soit la nature des biens qui la compose (meubles ou immeubles).
Mais attention : pour les dons effectués au profit d'une association reconnue d'utilité publique, de l'Etat, des collectivités territoriales ou de leurs établissements publics, seuls sont pris en compte les dons de sommes d'argent ; pour les dons effectués au profit d'une fondation reconnue d'utilité publique, l'héritier a la possibilité, soit de verser une somme d'argent, soit de réaliser une libéralité en nature (ex : don d'une collection d'œuvres d'art, d'un immeuble de rapport, etc.)... Ces dons doivent être effectués à titre définitif et en pleine propriété dans les 6 mois qui suivent le décès. S'agissant de dons en nature, l'appréciation de la valeur du bien est laissée à la charge du donateur. ; pour les dons effectués au profit d'une fondation reconnue d'utilité publique, l'héritier a la possibilité, soit de verser une (ex : don d'une collection d'œuvres d'art, d'un immeuble de rapport, etc.)... Ces dons doivent être effectués à titre définitif et en pleine propriété dans les 6 mois qui suivent le décès. S'agissant de dons en nature, l'appréciation de la valeur du bien est laissée à la charge du donateur.
par Salon - Festival du Mécénat publié dans : Le rôle du secteur privé
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Samedi 4 mars 2006

L'encouragement du mécénat culturel : étude de droit comparé réalisée par le service des études juridiques du Sénat en novembre 2003

Le 17 décembre 2002, le Premier ministre a exposé le plan de relance du mécénat et des fondations. Ce plan prévoit, d'une part, le développement du mécénat des particuliers et des entreprises par un renforcement des incitations fiscales et, d'autre part, un allègement de la fiscalité des fondations. Les dispositions de nature législative de ce plan ont été reprises par le projet de loi relatif au mécénat et aux fondations, qui a été présenté en conseil des ministres le 5 mars 2003.

La réforme envisagée conduit à s'interroger sur les dispositions en vigueur chez nos voisins européens, l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suisse.

Pour chacun des pays retenus, la présente étude analyse donc :

- l'incidence des dons faits par les particuliers sur l'imposition de leurs revenus ;

- l'incidence des dons faits par les entreprises sur l'imposition de leurs résultats, au titre de l'impôt sur les sociétés ou de l'impôt sur le revenu et, le cas échéant, au titre d'autres impôts ayant la même assiette ;

- les particularités du régime fiscal des fondations, d'une part, en matière d'imposition des résultats et, d'autre part, pour ce qui concerne les droits de succession et de donation, que les fondations aient ou non le statut juridique de fondation.

En effet, bien qu'il existe dans tous les pays des structures juridiques ad hoc correspondant à la fondation française et permettant d'affecter un patrimoine à un objet précis, dans certains cas, les fondations fonctionnent sous une autre forme juridique, l'association par exemple.

Comme le régime fiscal des dons peut varier selon le domaine d'activité du bénéficiaire, seules les mesures applicables au mécénat culturel ont été étudiées.

Dans tous les pays étudiés, les dons des particuliers et des entreprises apportent des avantages fiscaux, dont la diversité (réduction de l'assiette imposable, octroi d'un crédit d'impôt, remboursement d'une partie de l'impôt payé) reflète les structures des différents systèmes fiscaux nationaux.

De même, dans tous les pays étudiés, les organismes sans but lucratif bénéficient d'un régime fiscal favorable dès lors qu'ils poursuivent des objectifs d'intérêt général et que leurs activités marchandes présentent un caractère marginal. Ce régime fiscal est donc souvent indépendant du statut juridique.

Pour encourager le mécénat culturel, les différents pays européens recourent donc aux même dispositifs, mais les appliquent selon des modalités différentes. Plutôt que d'analyser ces divergences, développées dans le corps de l'étude, il est apparu important de souligner ici :

- les récentes modifications apportées aux dispositifs d'encouragement du mécénat en Allemagne, en Espagne, en Italie et au Royaume-Uni ;

- les incitations spécifiques pour les dons réguliers faits par les particuliers aux Pays-Bas et au Royaume-Uni ;

- le régime fiscal très favorable des organismes sans but lucratif en Espagne et au Royaume-Uni.

1) Les récentes modifications apportées aux dispositifs d'encouragement du mécénat en Allemagne, en Espagne, en Italie et au Royaume-Uni

L'Allemagne, l'Espagne, l'Italie et le Royaume-Uni ont récemment modifié leur dispositif législatif encadrant le mécénat et les fondations : l'Espagne l'a complètement réformé, tandis que les trois autres pays ont procédé à quelques
adaptations.

a) Deux lois espagnoles adoptées en décembre 2002 ont réformé le dispositif législatif encadrant le mécénat et les fondations

La loi espagnole du 23 décembre 2002 relative au régime fiscal des entités sans but lucratif et aux incitations fiscales au mécénat a défini le concept d'« organisme sans but lucratif » et modifié le régime fiscal des dons, afin de le rendre plus attractif. Elle a notamment porté de 20 % à 25 % la part des dons des particuliers déductibles de l'impôt sur le revenu et prévu que les lois de finances annuelles définissent des programmesprioritairespour lesquels le pourcentage déductible pourra s'élever à30 %.

Cette réforme fiscale a été complétée par l'adoption de la loi du 26 décembre 2002 sur les fondations. Entrée en vigueur le 1er janvier 2003, cette loi facilite la création et le fonctionnement des fondations, en supprimant le régime de l'autorisation administrative préalable et en allégeant leurs obligations comptables.

Les deux lois de décembre 2002 ont remplacé la loi du 24 novembre 1994 relative aux fondations et aux incitations fiscales en faveur du mécénat, jugée insuffisamment efficace.

b) L'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni ont apporté quelques modifications au régime du mécénat et des fondations

En Allemagne, les dons aux fondations stricto sensu bénéficient d'un régime fiscal particulier depuis l'entrée en vigueur de la loi du 14 juillet 2000 sur les incitations fiscales supplémentaires octroyées aux fondations. Cette loi prévoit en effet des déductions supplémentaires pour les dons faits à des fondations de droit privé ou de droit public. Alors que les dons faits à des oeuvres d'intérêt général sont déductibles du revenu imposable dans la limite de 10 % du revenu brut global, les dons faits à des fondations permettent des déductions supplémentaires : 20 450 € par an et 307 000 € pour les dons faits dans les douze mois qui suivent la création d'une fondation, cette déduction pouvant être étalée sur dix années.

La portée des récentes mesures fiscales destinées à encourager les dons aux fondations a été amplifiée par la loi du 15 juillet 2002 sur la modernisation du droit des fondations, qui facilite leur création.

En Italie, loi du 21 novembre 2000 portant diverses mesures fiscales a modifié le régime du mécénat d'entreprise, en élargissant et en assouplissant les possibilités de déduction fiscale. Traditionnellement,seulsles dons faits à certaines catégories d'organismes, parmi lesquels les associations et les fondations reconnues, ouvrent droit à une réduction du bénéfice imposable, cette réduction étant limitée à 2 % du bénéfice imposable pour les dons faits à des organismes actifs dans le domaine du spectacle. Par ailleurs, lorsque les dons sont faits à des organismes dont l'activité concerne le patrimoine, le projet doit être autorisé par le ministère de la Culture. La nouvelle loi, qui laisse subsister le dispositif traditionnel, offre aux entreprises la possibilité de déduire de leur bénéfice imposable la totalité des dons en espèces faits à des organismes culturels, indépendamment du statut de ces derniers et de la nature du projet réalisé.

De plus, le décret du 10 février 2000, portant mesures pour la simplification de la reconnaissance des personnes morales de droit privé, a simplifié la procédure de reconnaissance des associations et des fondations, permettant ainsi auxparticuliers de mieux utiliser les possibilités de déduction.

Au Royaume-Uni, la loi de finances entrée en vigueur en avril 2000 a apporté quelques incitations supplémentaires aux donateurs. Elle a ainsi simplifié les procédures, notamment pour les entreprises et pour les particuliers imposables au taux le plus faible, elle a supprimé la condition de don minimal et aligné le régime des dons en actions sur celui des dons en nature.

2) Les incitations spécifiques pour les dons réguliers faits par les particuliers aux Pays-Bas et au Royaume-Uni

Dans ces deux pays, les dons ponctuels sont certes encouragés, mais les dons réguliers font l'objet de mesures particulières.

Aux Pays-Bas, les dons ponctuels sont déductibles du revenu imposable dans la limite de 10 % du revenu brut et la déduction s'applique seulement à la fraction des dons supérieure à 1 % de ce revenu brut. En revanche, lorsque le donateur s'engage par acte notarié à effectuer des dons échelonnés sur une période d'au moins cinq ans, les dons sont intégralement déductibles. Les frais d'acte sont également déductibles.

De même, au Royaume-Uni, où, compte-tenu du système de retenue à la source de l'impôt sur le revenu, l'avantage fiscal consécutif à un don en espèces consiste le plus souvent dans le remboursement à l'organisation bénéficiaire du don de la part d'impôt payée par le donateur sur le montant du don, les dons réguliers jouissent d'un régime particulier. Les salariés et les retraités peuvent en effet demander à leur employeur ou à leur caisse de retraite de retenir à la source les dons qu'ils souhaitent effectuer. Depuis avril 2000, le Trésor public abonde le montant de ces dons de 10 %.

3) Le régime fiscal très favorable des organismes sans but lucratif en Espagne et au Royaume-Uni


La loi espagnole du 23 décembre 2002 qui définit le régime fiscal des entités sans but lucratif apparaît comme une transposition des dispositions qui existent au Royaume-Uni.

Au Royaume-Uni, les organisations philanthropiques sont très nombreuses : on en compte plus de 180 000 dans les deux parties du royaume que sont l'Angleterre et le Pays de Galles. La procédure de l'enregistrement permet à l'organisme public de surveillance de vérifier l'intérêt général de l'objet. Celui-ci entraîne l'octroi d'avantages fiscaux. Indépendants du statut juridique et du domaine d'activité de l'organisation, ils sont particulièrement importants, puisque la plupart des revenus, même d'origine commerciale, échappent à l'impôt. C'est notamment le cas des revenus liés au travail des bénéficiaires de l'organisation et de ceux que la loi considère comme limités, parce qu'ils ne dépassent pas 25 % de la totalité des ressources de l'organisation et restent inférieurs à 50 000 £ (soit environ 75 000 £).

De plus, toute organisation philanthropique qui a des revenus imposables a la possibilité de les « loger » dans une société commerciale dont elle détient la totalité des capitaux et qui constitue le support de l'activité à l'origine de ces revenus. Cette société, qui est imposable, peut à son tour céder ses bénéfices à l'organisation qui la détient, afin que ces bénéfices, considérés comme des dons, soient déductibles.

De même, la récente loi espagnole qui définit le régime fiscal des entités sans but lucratif soustrait du champ d'application de l'impôt sur les sociétés la plupart des revenus de ces organismes. C'est en particulier le cas des revenus de leur patrimoine, mobilier ou immobilier, ainsi que des revenus engendrés par des activités économiques, qu'elles soient liées à leur objet ou qu'elles soient qualifiées d'annexes (parce que ne correspondant pas à plus de 20 % de la totalité de leurs ressources) ou de non significatives (parce que limitées à 20 000 €). Quant aux revenus non exonérés, ils sont imposables au taux de 10 %, alors que le taux normal de l'impôt sur les sociétés est de 25 %.
*

* *
Outre les mesures fiscales reprises par le projet de loi, le plan de relance du mécénat prévoit de simplifier le régime juridique des fondations. Il apparaît donc tout à fait comparable aux dispositifs récemment adoptés en Allemagne, en Espagne et en Italie, qui allient la modernisation du droit des fondations au renforcement des incitations fiscales.
par Service des études juridiques du Sénat publié dans : Le rôle du secteur privé
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Jeudi 13 octobre 2005

LE MECENAT CULTUREL

Un nouveau régime pour le mécénat culturel

La loi du 1er août 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations - qui s'applique également aux particuliers - a mis en place un nouveau régime, plus incitatif pour le mécénat. Il convient de préciser que la loi ne vise pas que le mécénat culturel mais tous les domaines, par exemple l'humanitaire ou l'insertion par l'économie, et que les fondations ont la faculté de soutenir financièrement toute structure ou opération qui leur agrée.

On est loin des origines, puisqu'il y a 2000 ans les pratiques de Mécène, richissime ami de l'empereur romain Auguste, visaient la protection politico-économique. Si, dans le monde anglo-saxon, il n'est pas fait de distinction entre mécénat et sponsoring, ce dernier - qui d'ailleurs n'amène pas d'avantages fiscaux - désigne, en France, une opération promotionnelle pour un produit, alors que le mécénat revêt un caractère désintéressé, le nom du mécène n'apparaissant, lorsqu'il s'agit d'une entreprise, qu'à titre indicatif.

Les nouvelles dispositions

L'aspect incitatif du nouveau régime réside principalement dans le fait qu'il double l'avantage fiscal. Ainsi, la loi prévoit une réduction de 60 % du montant de l'impôt versé par une entreprise (dans la limite de 0,5 % du chiffre d'affaires).

Allégeant la fiscalité des fondations, la loi facilite le développement de celles qui sont reconnues d'utilité publique et autorise les fondations d'entreprise à recevoir des dons de leurs salariés.

Pour les particuliers, la réduction est de 60 % sur les sommes verseés (dans la limite de 20 % du revenu imposable). Les droits de succession sont diminués par les dons faits par les héritiers à certains organismes. L'exonération des droits de mutations applicable aux dons manuels est confirmée. La loi encourage la transmission temporaire d'usufruit, technique originale et efficace, et maintien le régime avantageux de la dation.

Dans le domaine culturel, des mesures spécifiques ont été prévues pour le patrimoine, l'art contemporain, la musique, le spectacle vivant et le cinéma.

Le rôle de la DRAC

Les services de l'Etat n'interviennent pas financièrement et n'ont pas à jouer les intermédiaires entre mécènes et structures ou opérations "mécénables". Ils ont un rôle de conseil en direction des mécènes culturels, afin que ceux-ci soient informés au mieux sur les dispositions législatives et réglementaires.

Ce nouveau dispositif constitue une avancée par rapport aux autres pays européens, en particulier ceux du monde anglo-saxon et du Nord, qui jusqu'à présent étaient en pointe sur les questions de mécénat culturel.

La politique destinée à favoriser le mécénat culturel :

http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/politique/mecenat/mecenat.htm

Voir aussi :

- Institut de France (www.institut-de-France.fr)
- Fondation de France (www.fdf.org)
- ADMICAL (www.admical.org)
- Centre français des fondations (www.centre-francais-fondations.org)
- Fondation du Patrimoine (www.fondation-patrimoine.com)

par Théâtre Passion publié dans : Le rôle du secteur privé
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