Le Droit de la Culture
LE DROIT DU CINEMA : PRESENTATION GENERALE :
Le site du Centre National de la Cinématographie CNC: http://www.cnc.fr/
L'incidence des évolutions technologiques sur le droit du cinéma: les analyses de Bercy: http://www.minefi.gouv.fr/minefi/ministere/documentation/revuesdeweb/cinema.htm
Bibliographie: Raphaël Romi et Gaëlle Bossis, LGDJ, Collection SYSTEMES. DROIT, 2004, 222 pages.
Résumé: "Le droit du cinéma, entre régulation publique et libéralisme, n'est pas seulement un droit national, il est aussi un droit européen, et est confronté aux logiques du droit économique international. Le présent ouvrage décrit en conséquence tous les rouages, complexes et en permanente évolution, du régime juridique de la liberté de création et de la liberté d'expression cinématographique, sous ses aspects nationaux, européens et internationaux : - régime juridique de l'économie de la création cinématographique et régime de la liberté d'expression en droit français, - situation des divers soutiens au cinéma en regard du droit européen des aides et de la concurrence, - mais aussi aspects juridiques de la promotion du cinéma européen, - émergence et défense de la notion d'œuvre européenne, pour ce qui concerne le champ du droit européen et du droit économique international."
Gaëlle BOSSIS, auteur de plusieurs articles en droit européen et droit économique international, est chargée d'enseignement en droit européen et droit économique international à la faculté de droit de Nantes. Raphaël ROMI, professeur à la faculté de droit de Nantes, est l'auteur d'un manuel de droit de l'environnement et co-auteur d'un manuel de droit public économique.
La Cour administrative d’appel de Paris a, par un arrêt du 31 mai 2005, confirmé l’annulation de l’agrément des investissements accordée par le Centre National de la Cinématographie au film réalisé par Jean-Pierre JEUNET intitulé "Un long dimanche de fiançailles", prononcée par le Tribunal administratif de Paris le 10 novembre 2004.
Cette solution s'explique par le fait que la société française productrice du film "2003 Productions" a, selon la méthode du faisceau d'indices, été considérée comme étant indirectement contrôlée par la société américaine Warner Bros.
CAA Paris, 31 mai 2005, Centre National de la Cinématographie et Société 2003 Productions / Association des Producteurs indépendants et Syndicat des Producteurs indépendants, n° 05PA00028, 05PA00029, 05PA00077: le texte de cet arrêt est accessible sur le site de droit public économique du cabinet d'avocats Claisse et associés: http://www.presse.laldpe.fr/modules.php?name=News&file=article&sid=103&mode=thread&order=0&thold=0
LE CONTENTIEUX DU FILM L'EX FEMME DE MA VIE :
Dépêche de l'AFP du 12/08/2005 :
"Le Centre national de la cinématographie a gagné en appel dans l'affaire des aides financières accordées aux producteurs du film "L'ex-femme de ma vie" de Josiane Balasko.
Par un arrêt rendu le 21 juillet, la Cour administrative d'appel de Paris a annulé le jugement du Tribunal administratif de Paris du 5 novembre 2004 annulant la décision du CNC accordant en décembre 2003 son agrément aux sociétés productrices déléguées Josy Films et Ice 3, leur permettant ainsi de bénéficier d'aides financières publiques.
Cette décision du CNC était attaquée par le Syndicat des producteurs indépendants (SPI, regroupant des petites sociétés) et l'Association des producteurs indépendants (API, regroupant des mastodontes comme Gaumont, UGC, Pathé, MK2).
Au coeur de cette affaire se trouve la société 2003 Productions, également coproductrice du film de Josiane Balasko (sorti le 2 février).
Détenue à 32% par Warner Bros France (filiale à 97% du studio américain Warner Bros), 2003 Productions est accusée par le SPI et l'API d'être de cheval de Troie de Warner Bros France, qui s'en servirait pour détourner des aides françaises au profit d'Hollywood, normalement exclu de cette manne publique en raison de sa nationalité extra-européenne.
Dans sa décision rendue le 1er juillet, la Cour administrative d'appel de Paris a rejeté les requêtes du SPI et de l'API. La Cour a souligné que l'agrément du CNC avait été accordé aux seules sociétés Josy Films et Ice 3, et non à la société 2003 Productions "qui ne l'avait d'ailleurs pas sollicité, même si (elle) était coproductrice du film".
Le SPI et l'API avaient eux considéré que le CNC avait accordé un agrément global pour ce film, et non plusieurs agréments accordés indépendamment à chacun des producteurs.
En novembre, après le jugement du tribunal administratif, le CNC avait expliqué qu'il "ne donnait jamais d'agrément global à l'ensemble des coproducteurs, contrairement à ce qu'a estimé le Tribunal administratif, qui a fondé son jugement notamment sur cette notion".
Début juin, la Cour administrative d'appel de Paris avait en revanche confirmé l'annulation de l'agrément du CNC accordé à 2003 Productions pour le film "Un long dimanche de fiançailles" de Jean-Pierre Jeunet, en raison du caractère extra-européen de cette maison de production.
Compte tenu de la polémique ces derniers mois sur l'attribution d'aides publiques à des sociétés extra-européennes de production cinématographique, le gouvernement avait chargé en avril le CNC de définir les modalités de soutien aux producteurs de cinéma extra-européens.
Le ministre de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres avait alors confirmé que les aides à la production, gérées par le CNC, étaient ouvertes aux sociétés extra-européennes mais avait souhaité que la réglementation actuelle soit "révisée" et les règles d'attribution des aides précisées.
Le CNC a ainsi lancé en avril une mission de révision de la réglementation actuelle, confiée à Isabelle Lemesle, chargée de la mener en concertation avec la profession.
En mai, le SPI, l'API et la Chambre syndicale des producteurs de films (CSPF) s'étaient déclarés prêts à participer à cette mission d'expertise. Ce sujet épineux de l'ouverture des aides aux producteurs extra-européens divise les professionnels français du cinéma."
Le texte de l'arrêt de la Cour administrative d'appel de Paris est accessible à l'adresse suivante : http://www.affaires-publiques.org/textof/jurisp/bibc/7/12760190184.htm
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Organismes officiels
Bases de données
Bandes-annonces
News (France)
News (US)
Critiques de cinéma (France)
Critiques de cinéma (USA)Parmi le grand nombre de sites américains de cinéma, voici pêle-mêle ceux que nous préférons:
Revues (France)
Courts métrages
Box Office (franþais)L'organisme qui recense les entrées, en France, est le CNC. Il communique les chiffres au Film Français. C'est de cette source que les sites récupèrent les chiffres. Parmi ceux qui en font l'écho:
Box Office (US)Le business étant l'âme de la culture américaine, d'innombrables sites font mention des recettes des films. En voici quelques uns:
Divers
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REVOIR LA RÉGLE DU JEU - Mieux évaluer l'efficacité des aides publiques au cinéma
GAILLARD (Yann)
RAPPORT D'INFORMATION 276 (2002-2003) - COMMISSION DES FINANCES
Rapport au format Acrobat ( 787 Ko )
Table des matières
Exploitation cinématographique : le spectacle est-il encore dans la salle ?
THIOLLIERE (Michel) ; RALITE (Jack)
RAPPORT D'INFORMATION 308 (2002-2003) - commission des affaires culturelles ; MISSION D'INFORMATION
Rapport au format Acrobat ( 1031 Ko )
Table des matières
ASSEMBLÉE NATIONALE
CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
ONZIÈME LÉGISLATURE
Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 20 février 2002
RAPPORT D'INFORMATION
DÉPOSÉ
en application de l'article 145 du Règlement
PAR LA COMMISSION DES AFFAIRES CULTURELLES,
FAMILIALES ET SOCIALES(1)
sur
le cinéma
et présenté
par M. Marcel ROGEMONT,
Député.
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INTRODUCTION 9
PREMIÈRE PARTIE : ÉTAT DES LIEUX 11
I.- LE CINÉMA EN FRANCE : UN REGAIN DE DYNAMISME DANS UN ENVIRONNEMENT MOUVANT 11
A. LE CINÉMA FRANÇAIS, ENTRE EUPHORIE ET MUTATIONS 11
1. Les résultats exceptionnels de 2001... 11
2. ... s'expliquent par une évolution des pratiques et des mentalités 15
3. ... mais ne doivent pas cacher l'importance des mutations structurelles 16
4 ... et la permanence de points faibles 20
a) L'amont des films : l'écriture et les scénarios 20
b) L'aval des films : la promotion et la distribution 22
c) Les industries techniques 23
B. LE SYSTÈME DE SOUTIEN : UN MODÈLE QUE L'EUROPE NOUS ENVIE ! 24
1. Des mécanismes complexes et juxtaposés... 24
a) Le compte de soutien 26
b) Les obligations des diffuseurs 32
c) Les mécanismes fiscaux et de garantie financière 39
d) Des aides régionales encore modestes 41
e) Le soutien à l'exportation 42
2. ...globalement performants pour l'accompagnement du marché... 44
3. ...mais fragiles et critiqués 45
a) L'omniprésence des télévisions : une menace à moyen terme 45
b) Un système opaque... pour le plus grand confort des initiés ? 49
II.- LE CINÉMA EN EUROPE : LE TEMPS DE LA PRISE DE CONSCIENCE 51
A. LES CINÉMAS EUROPÉENS DANS L'ESPOIR D'UNE RELANCE 51
1. Une reprise généralisée pour les cinémas nationaux 51
2. Des systèmes d'aides diversifiés 57
a) En Allemagne 58
b) En Italie 61
c) En Espagne 64
d) Au Royaume-Uni 65
B. UNE ACTION COMMUNAUTAIRE ENCORE EN CONSTRUCTION 69
1. L'exception culturelle : une prise de conscience récente 69
2. La position encore ambiguë de la Commission sur les systèmes nationaux de soutien au cinéma 70
3. Des mécanismes de soutien communautaires diversifiés mais encore insuffisants 73
a) MEDIA PLUS 73
b) Europa Cinemas 75
c) Eurimages 76
DEUXIÈME PARTIE : LES PROPOSITIONS 77
I.- ASSURER AU CINÉMA FRANÇAIS LES CONDITIONS D'UN DÉVELOPPEMENT DURABLE 79
A. PRÉSERVER LES CONDITIONS DE LA CONCURRENCE ET DE L'INDEPENDANCE POUR UNE PLUS GRANDE DIVERSITÉ DE LA CRÉATION 79
_ Revoir les règles applicables en matière de contrôle des concentrations 80
_ Préserver une production indépendante par un aménagement des obligations des diffuseurs 81
_ Clarifier la politique de soutien des chaînes publiques 82
_ Assurer une exposition équitable pour tous les films 84
B. OUVRIR LE FINANCEMENT DU CINÉMA 85
_ Mettre à contribution les nouveaux diffuseurs 86
_ Restructurer les dépenses du compte de soutien 87
_ Réformer le régime des SOFICAS 88
_ Donner une nouvelle dimension aux aides régionales 89
_ Mieux assurer l'amortissement des risques financiers 91
C. FORMER LES CITOYENS À L'IMAGE 92
_ Réaffirmer le rôle de la télévision publique en matière de diffusion de la culture cinématographique 92
_ Renforcer la place du cinéma à l'école 93
II.- RÉACTIVER LA COOPÉRATION BILATÉRALE 95
_ Adapter les critères d'aide nationaux pour faciliter les coproductions 95
_ Développer la coopération en matière de distribution 96
_ Organiser l'ouverture réciproque des systèmes nationaux d'aide automatique 96
III.- CONSTRUIRE UN VÉRITABLE ESPACE CINÉMATOGRAPHIQUE EUROPÉEN 99
A. ENCADRER LES CONCENTRATIONS POUR PRÉSERVER LA DIVERSITÉ DES ACTEURS 100
_ Adapter les règles européennes en matière de concentration aux spécificités du secteur de la communication 100
_ Insérer une définition de la production indépendante dans la directive « Télévision sans frontières » 101
B. INTENSIFIER LE SOUTIEN À LA DISTRIBUTION 101
_ Accroître les moyens et les actions de MEDIA PLUS en faveur des distributeurs 102
_ Créer un fonds européen de garantie pour les distributeurs 103
_ Favoriser une meilleure connaissance des performances des films européens 103
C. RENFORCER LES ACTIONS COMMUNES EN FAVEUR DE LA PROMOTION DU CINÉMA EUROPEN 104
_ Mettre en réseau les Académies nationales du cinéma 104
_ Harmoniser les calendriers de sortie des films en Europe 105
_ Fédérer les initiatives nationales en faveur de la promotion et de l'exportation des films au sein de l'Union et dans le reste du monde 105
D. MIEUX FORMALISER LES OBLIGATIONS DES DIFFUSEURS DANS LA DIRECTIVE « TÉLÉVISION SANS FRONTIÈRES » 106
_ Définir une obligation de diffusion des oeuvres cinématographiques européennes 106
CONCLUSION 109
ANNEXES 111
ACTES DU COLLOQUE DU 20 FEVRIER 2002 SUR L'AVENIR DU CINÉMA EN FRANCE ET EN EUROPE 121
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A propos du droit d'auteur : Innovation technologique, réseaux internet ...et logiciel PeerCache ont fait irruption dans l'industrie cinématographique, amplifiant ce "phénomène de dissémination numériques non contrôlée" bien connu des ayants droit et industriels de la musique (Nouveaux écrans, nouveaux médias. Eléments pour une stratégie internet de la production audiovisuelle française, Marc Wélinski, avril 2003 / Study : U.S. swappers shrug off copyrights, CNET news, 1er août 2003). La mutation actuelle s'inscrit dans un contexte industriel particulièrement favorable, où par exemple le tiers des internautes américains est connecté à des réseaux haut débit, un accroissement de 50% en l'espace d'un an. A leur tour, les titulaires de droits sur les oeuvres audiovisuelles multiplient les initiatives pour maîtriser l'expansionnisme de l'environnement numérique (Le cinéma, prochaine cible des pirates du Net, Les Echos, 20 mai 2003).
Le mariage du cinéma et des technologies numériques dans une optique résolument industrielle... Les chaînes de télévision sont longtemps apparues comme autant d'alternatives au mode traditionnel de consommation des films de cinéma. En France, sur 91 chaînes diffusées, 16 thématiques sont dédiées au cinéma (Le guide des chaînes thématiques, CNC, janvier 2003). Le web, offrant une nouvelle fenêtre de diffusion des oeuvres, touche un public élargi et représente un mode de distribution d'une grande souplesse. Ce qui pose la question de l'adaptation des règles du droit du cinéma (Les auteurs de cinéma face à l'internet, Wilhelm & Associés, 2001). D'autant que l'actuelle génération d'Internet est particulièrement mobilisée par l'échange de fichiers et le téléchargement.
-- L'effort des industriels gestionnaires de droits d'auteur pour canaliser l'innovation technologique (Les magnétoscopes numériques sous la loupe de la justice américaine, Les Echos, 11 juin 2002) ne doit pourtant pas masquer l'exigence première de leur métier : la sélection des contenus à diffuser. Le produit doit en effet permettre à l'utilisateur final l'accès à un catalogue important et à un large panel de chaînes thématiques diffusées en continu sur internet. Sa mise à disposition doit se faire en amont dans la "chronologie des médias*". Il doit enfin intégrer des services interactifs susceptibles d'apporter de la valeur ajoutée (rapport Wélinski). L'Union européenne a d'ailleurs demandé aux Etats membres de se concentrer sur le "développement des compétences dans l'industrie des contenus interactifs en Europe" (Résolution du Conseil du 19 décembre 2002 sur le contenu des médias interactifs en Europe). -- La création de sites web dédiés à l'exploitation des films de cinéma repose sur divers modèles économiques : paiement à la séance, abonnement, diffusion gratuite financée par l'exploitation publicitaire du site. Si l'adossement du site aux major companies n'est pas une garantie de bon fonctionnement (MovieLink : Long Wait for Films, Wired, 12 novembre 2002), il peut permettre d'éviter quelques aléas, comme ceux inhérents à la négociation des droits de diffusion en ligne (Liberafilms.com). Les sites appartenant aux studios sont naturellement les mieux placés pour offrir des exclusivités aux abonnés (...an Exclusive "first look"..., Universal Studios, 24 mai 2002). Une autre stratégie commerciale pourra s'appuyer sur la mutualisation des ressources (Mega Consortium in IP phone bid, The Japan Times, 18 octobre 2002) ou sur l'approche communautaire (LAIN International). -- Internet a modifié le rapport entre le créateur et le public, apportant aux auteurs sur leurs oeuvres un contrôle direct de leur diffusion et de ses modalités : un avocat spécialisé croit discerner dans cette tendance "l'émergence d'une civilisation du droit d'auteur" (Le droit d'auteur réécrit par le réseau, Libération, 8 janvier 2002). Des industriels ont entrepris de concevoir et de produire leur propre contenu audiovisuel, selon un modèle économique nouveau. Les films BMW sont ainsi diffusés uniquement sur le Net, pour contourner les vecteurs traditionnels mais dévalués de recherche d'audience (cinéma, télévision). Les courts métrages autour d'un produit de la marque bénéficient en effet d'importants moyens financiers, de réalisateurs et acteurs de renom : la série d'oeuvres a déjà séduit plus de 40 millions d'internautes (Quand Internet concurrence le cinéma et la télévision, Le Figaro, 28 juin 2003).
A l'heure de la fusion annoncée entre l'ordinateur personnel et le téléviseur, l'ADSL* offre la possibilité de créer un nouveau réseau télévisuel. Au-delà du mode traditionnel de diffusion (multicast, le même programme pour tous), la communication point à point (unicast) autorise une consommation individualisée des oeuvres : c'est par exemple la vidéo à la demande (VoD*). Cette nouvelle forme de distribution intéresse l'ensemble des opérateurs (télévision, télécoms, fourniture d'équipements). Des projets industriels se développent en France.
A l'horizon 2007, le potentiel d'abonnés français au service ADSL serait de 400 000 foyers, équivalent au nombre d'utilisateurs actuels dans le monde (Télévision : l'ADSL va-t-il supplanter le câble, le satellite et la TNT ? Réseau francilien, 19 février 2003). D'autres grands projets sont développés au Canada (SaskTel Launches Digital Interactive TV Service, 27 septembre 2002), au Japon (La bataille du très haut débit, Le Journal du Net, 22 mai 2003).
-- L'étroite imbrication des marchés permet souvent de dégager des complémentarités. Ainsi la technologie du DVD, dont l'impact commercial se lit tant dans l'expansion du chiffre d'affaires des éditeurs (Résultats de l'année 2002, SEV, 5 février 2003) que dans les nouvelles formules d'abonnements en ligne proposées par la grande distribution (Wal-Mart expands its online DVD rental plan, DSN Retailing Today Online, 10 juin 2003). Au point qu'on a pu évoquer la remise en question du développement d'autres plate-formes techniques : "Le triomphe du DVD va-t-il remettre en cause la croissance des réseaux haut débit?" (Téléviseurs et terminaux vidéonumériques, IDATE, décembre 2002). -- Les solutions industrielles peuvent être fondées sur des stratégies divergentes : maîtrise globale d'un secteur ou simple remède à la crise. On peut ranger dans le premier cas le lecteur multimédia de Microsoft (Windows Media Player 9 Series). Cette technologie devrait améliorer notablement la diffusion des images vidéo en mode streaming* et leur qualité d'affichage (WMP9 Series, plateforme stratégique pour Microsoft, VNUnet, 7 janvier 2003). Microsoft, titulaire des technologies DRM*, vise désormais la gestion des techniques de distribution de l'industrie cinématographique "from digital dailies to theatrical releases to digital cable and DVDs" (Microsoft Plays to Film Industry, Wired.com, 9 juin 2003). Dans le second cas, il s'agit pour un industriel (Sony) de mettre un terme à la dégradation des ventes de ses consoles de jeux. La nouvelle station (PSX) est à la croisée de multiples technologies ("un enregistreur de vidéo disques DVD compatible avec la PlayStation2 et l'internet"). Ce magnétoscope d'un nouveau genre serait commercialisé avant la fin 2003 au Japon (Sony veut combiner jeux vidéo et internet, AFP / Le Soir, 5 août 2003). ...est porteur d'une double exigence : la protection des publics et le respect des auteurs. Environ 1400 films ont été réalisés en 2000 en Europe et aux Etats-Unis. La production américaine (46% du total) représentait 66% de la diffusion de films sur le marché européen. En revanche, la diffusion des films européens sur le territoire américain formait une part de marché d'à peine 4,5% (Une distribution aux mains des Américains, extrait du rapport Blum, Assemblée nationale, juin 2001).
-- L'usage équitable, exception du droit américain, permet d'utiliser librement des oeuvres à des fins d'éducation ou de critique. Dans ce cadre, de nombreuses associations ont contribué à donner quelque légitimité à un mouvement en faveur d'une meilleure prise en compte des intérêts des consommateurs. Ces associations sont parties prenantes à la contestation du DMCA* et à l'engagement des procédures judiciaires découlant de l'expansion de l'environnement numérique, bref pour un retour à une situation plus équilibrée entre les auteurs et les consommateurs (The Legislative Timeline, Protect Fair Use). -- Pour certains membres du Congrès américain, ce retour à l'équilibre s'appuierait originellement sur une jurisprudence (Reestablishes Betamax Standard, Congressman Rick Boucher, 7 janvier 2003) qui avait décrit la loi fédérale sur le copyright comme "a difficult balance between the interests of authors (...) and society's competing interest in the free flow of ideas, information and commerce" (Sony Corp. vs Universal City Studios Inc., 1984). Selon ces parlementaires, le DMCA entraverait les droits du consommateur en règle (legitimate consumer), qui ne peut contourner les restrictions technologiques pour accéder à une oeuvre audiovisuelle, que ce soit dans le cadre du principe de "fair use" ou d'une lecture des oeuvres à l'aide d'un autre procédé numérique. L'intention du Congrès a été détournée de son but --"has been interpreted to prohibit all users - even lawfull ones" (Bill... to safeguard the rights and expectations of consumers who lawfully obtain digital entertainment, Congresswoman Zoe Lofgren, 2003). -- C'est dans ce contexte qu'un logiciel (DVD X Copy software) est apparu, permettant de réaliser à bon marché des copies parfaites de DVD commerciaux à partir d'un ordinateur personnel (Hollywood's Most Wanted, Business Week, 14 juillet 2003 / Attack of the clones becomes a legal drama, Financial Times, 15 juillet 2003). La société 321 Studios, à la base du développement et de la commercialisation de ce logiciel, espère obtenir la légalisation de sa vente. Société en expansion internationale rapide depuis sa création en 2001, 321 Studios prend une initiative originale : elle conteste en justice la constitutionalité de la loi sur le copyright, publie une page d'information sur le sujet (The lawsuit)... et propose un voyage de circonstance par l'intermédiaire d'un site associé (Win a trip for two to Hollywood). Le procès, qui engage désormais la MPAA*, devrait se prolonger jusqu'en mai 2004. Il permettra peut être de lever "le flou juridique" qui entoure la sauvegarde de DVD (Logiciels de gravure de DVD : les éditeurs jouent la prudence, ZDNet, 5 juin 2003).
-- Des messages publicitaires (a 30-second television advertisement) ont investi les chaînes de télévision et les salles de cinéma américaines à l'initiative de la MPAA* (Technology Briefing Internet : Film Industry Begins Antipiracy Campaign, The New York Times, 23 juillet 2003). C'est une sorte d'écho à la publication d'un rapport du cabinet de consultants Deloitte & Touche (The Impact of Piracy on the Film Industry) qui a relancé le débat sur les difficultés de la lutte contre la fraude. L'ampleur du phénomène est connue : 600 000 films sont téléchargés chaque jour aux Etats-Unis; le cinquième des ventes européennes de DVD concerne des produits piratés, dans un contexte général d'accroissement des ventes de 11% par an depuis 1998 (Home entertainment bullion worth billions, Onfilm, Juillet 2003). En Grande-Bretagne, où 570 000 internautes téléchargent des films sur internet, trois vidéos sur dix sont des copies pirates et plus de 3 millions de DVD sont copiés par an. Coût pour l'industrie : 400 millions de livres (This DVD will self-destruct in 48 hours..., Financial Times, 24 juin 2003). -- L'industrie cinématographique américaine, qui évalue le coût moyen d'un film majeur à 80 millions de dollars, estime que quatre oeuvres sur dix ne permettront jamais d'espérer le retour intégral des investissements. La copie illicite participe de ce phénomène, générant un manque à gagner supérieur à 3 milliards de dollars par an, la fraude sur internet n'ayant pu être évaluée (Anti-piracy, MPAA). Pour la captation illégale des oeuvres audiovisuelles, le marché parallèle utilise une multiplicité de modes opératoires, qui peuvent être
-- Dans un pays où le lecteur de DVD a pénétré dans 50 millions de foyers, les commerçants américains estiment que le piratage concernant le support DVD ne touche pas beaucoup ("is not a big problem") les Etats-Unis. Leur réaction serait plutôt d'ordre technique : la mise au point d'un standard unique de DVD haute définition, susceptible de dominer le marché vers 2005 ou 2006, en remplaçant le plus rapidement possible la cassette VHS (DVD industry takes steps to stop piracy, DSN Retailing Today, 7 juillet 2003).
-- La multiplication du nombre des supports de stockage peut conduire à des situations fiscales n'ayant "aucun rapport avec la copie privée" : par exemple un "paiement multiple par le consommateur" qui utiliserait successivement divers supports pour le transfert d'une oeuvre achetée en ligne (Les industriels inquiets du projet de redevance sur les disques durs, Les Echos, 18 décembre 2001). En France, la rémunération des auteurs est en effet complétée par une redevance sur les supports de stockage (décisions de la commission Brun-Buisson*) : 30% du prix du disque pour les DVD vierges. Les données fournies par les industriels permettent de noter une évolution contrastée : explosion des recettes "audio" mais stagnation des recettes "visuel" sur une période de cinq ans (1997-2001). Les industriels perçoivent les demandes d'augmentation de la redevance réclamée par les ayants droit comme une manoeuvre "pour compenser l'augmentation du piratage" (Le Simavelec réaffirme son soutien à la copie privée, 01Net, 6 février 2003). -- Selon le rapport Deloitte & Touche précité, l'industrie du cinéma devrait lutter contre la "soft piracy" sur internet, plutôt que de concentrer ses investigations sur la commercialisation de supports pirates. La portée du message serait plus probante (mettant directement en cause les consommateurs) : réaliser une copie sauvage du film "Hulk" deux semaines avant sa sortie en salle et la distribuer à partir d'un site web établi aux Pays-Bas pourrait coûter de six à douze mois de prison et 250 000 dollars d'amende à Kerry Gonzalez pour violation de la loi fédérale sur le copyright. Le verdict de ce procès ("the first in which an Internet movie pirate has been charged") est annoncé pour le 26 septembre (Federal case made of "Hulk" piracy, Philadelphia Inquirer, 26 juin 2003). -- Lors de l'évaluation triennale du DMCA, le Copyright Office a relevé l'impact négatif sur l'utilisateur (chapitre Views of the public) des procédés de protection des DVD, tant en matière de lecture (protégée par la technologie CSS*) que de zonage géographique par continents, region coding (DMCA Section 104 Report, août 2001). Comme les éditeurs de musique, les studios se retournent contre les opérateurs de sites web qui diffusent des programmes contournant les systèmes de cryptage (Universal City Studio vs Corley, 28 novembre 2001). La jurisprudence européenne sur la sécurisation des contenus protégés est plus prudente (DeCSS author Jon Johansen found innocent in norvegian court, 2600.com, 7 janvier 2003 / Copyright et DVD : le procès Johansen sera jugé en appel cet automne, ZDNet, 3 mars 2003)...d'autant que le code de décryptage est toujours en ligne sur internet à l'été 2003. -- Victime de disparités nationales dans les législations, l'Union européenne n'en poursuit pas moins l'harmonisation de son régime de sanction pour réaliser l'impossible "maintien de la pluralité" culturelle (Mesures et procédures visant à assurer le respect des droits de propriété intellectuelle, Proposition de directive, 30 janvier 2003). En France, le Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique a rendu un avis sur l'avant-projet de loi visant à adapter le droit d'auteur à l'ère numérique (Avis n° 2003-1, 26 juin 2003 / Libertés et droits d'auteur : le CSPLA sévère à l'égard des internautes, ZDNet, 4 juillet 2003). Le Conseil, portant à trois années la durée de détention de données par les opérateurs techniques, "souhaite que le Parlement trouve (...) une solution permettant aux sociétés de gestion et aux ayants droit de procéder à la constitution de (...) fichiers dans le seul but d'assurer la protection de ces droits". -- La loi américaine contient des dispositions incitant les titulaires de droits à mettre des oeuvres audiovisuelles à la disposition du public sur internet en les rendant moins vulnérables à la contrefaçon en ligne. La Walt Disney Company teste actuellement de nouveaux canaux de distribution : un portail de téléchargement de films (Movies.com) et un système de diffusion décrypté par décodeurs à disque dur intégré. Mais elle s'est également engagée dans la technologie EZ-D (le DVD jetable). Ce dernier support s'autodétruit par simple réaction chimique quelques heures après l'ouverture de l'emballage de protection (Flexplay introduces "EZ-D", the 48 Hour DVD, Flexplay, 16 mai 2003 / Le DVD sitôt vu sitôt jeté, Le Monde, 30 mai 2003). Huit films doivent être commercialisés dans les supermarchés américains le 19 août 2003. Eviter le circuit des vidéoclubs et des câblo-opérateurs pourrait offrir aux studios un accroissement notable de leurs marges commerciales. |
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| © Ministère de l'Économie, des finances et de l'industrie - créé le 27 octobre 2004 modifiée le 08/11/2004 |
LE BUDGET DU CINEMA ET DE L'AUDIOVISUEL POUR 2006 :
LE COMPTE SPÉCIAL « CINÉMA, AUDIOVISUEL ET EXPRESSION RADIOPHONIQUE LOCALE » 59
A.- LES INDUSTRIES CINÉMATOGRAPHIQUES 59
1.- Les recettes 59
2.- Les dépenses 61
B.- LES INDUSTRIES AUDIOVISUELLES 62
1.- Les recettes 62
2.- Les dépenses 63
C.- L'EXPRESSION RADIOPHONIQUE LOCALE 63
Copyright Théâtre Passion
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