Présentation

Dimanche 9 octobre 2005

Culture : À l'heure de la décentralisation, les collectivités montent au créneau

Devenues des acteurs majeurs, les collectivités territoriales ont aussi compris que la culture fait partie intégrante de l'attractivité du territoire. L'État en prend acte, leur transfère certaines compétences et se montre soucieux d'un meilleur aménagement culturel de l'Hexagone.

Les premières lois de décentralisation avaient délaissé le domaine de la culture. En 1982 n'ont été transférées aux collectivités locales qu'une partie des enseignements artistiques, les bibliothèques et les services d'archives. Mais au fil des ans, les élus locaux ont élargi leurs champs d'intervention, comprenant que la culture constitue un élément d'attractivité et d'aménagement du territoire, comme le rappelait en janvier dernier l'ex-ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon lors de la présentation de ses vœux à la presse. Au point que ces collectivités sont devenues aujourd'hui des partenaires incontournables de l'État, comme en témoignent leurs efforts financiers et la multiplication des événements festifs, valorisant l'ensemble des disciplines artistiques ainsi que le patrimoine historique. Les départements consacrent en moyenne 820 millions d'euros par an à la culture, soit près de 15 euros par habitant. Leurs interventions concernent aussi bien la conservation, la production, la diffusion artistique, que l'animation ou la formation. La musique et le livre occupent une place privilégiée. Les communes, quant à elles, ont bien compris l'enjeu fédérateur de la culture et agissent désormais souvent à l'échelon intercommunal. Les régions ne sont pas en reste qui soutiennent, à l'instar de Rhône-Alpes, de nombreux festivals au même titre que l'art contemporain ou la production cinématographique.

La nécessaire clarification des compétences locales de gestion du patrimoine

À l'occasion des nouvelles lois sur la décentralisation, il n'est donc pas étonnant que les collectivités territoriales soient montées au créneau. Ainsi, les régions héritent l'inventaire général du patrimoine culturel, créé il y a quarante ans par André Malraux. Environ 250 agents travaillant dans les drac (directions régionales des affaires culturelles) seront transférés aux collectivités locales. Après des expérimentations dans les régions candidates, 110 millions d'euros de crédits d'entretien et de restauration du patrimoine n'appartenant pas à l'État pourront être transférés aux conseils régionaux. Les départements ont d'ores et déjà demandé que cette mission puisse leur être confiée si la Région n'est pas candidate.

Concernant les enseignements relatifs au spectacle vivant, les compétences sont clarifiées, les communes ayant la charge de structurer les enseignements fondamentaux, les départements de coordonner le réseau constitué par ces communes, et les régions de veiller aux cycles d'orientation professionnelle. L'État consacrera 30 millions d'euros à une répartition plus équitable de ces enseignements.

Plus de 150 monuments historiques propriétés de l'État (sur 400) pourront être transférés aux collectivités locales intéressées. Un plan national prévoit la mobilisation de 20 millions d'euros supplémentaires pour les monuments historiques en 2004 sur tout le territoire. Un effort budgétaire qui doit être poursuivi jusqu'en 2008 pour atteindre 260 millions d'euros.

La construction de grands équipements régionaux se poursuit, comme l'antenne du Centre Pompidou à Metz, et du Louvre dans le Nord-Pas-de-Calais ou en Picardie, ou encore l'installation du Musée des civilisations d'Europe et de la Méditerranée à Marseille. Le président de la Cité des Sciences, pour sa part, doit relancer les partenariats avec les acteurs de la culture scientifique et technique en région.

Afin de renforcer les prêts des collections nationales aux musées régionaux, une exposition itinérante, « la France », proposera une série de voyages à travers l'histoire et la culture de notre pays. La première édition se tiendra à Annecy, l'été prochain, et circulera dans une dizaine de villes dont La Rochelle et Montauban. Par ailleurs, une nouvelle génération de médiathèques de proximité, Les Ruches, a été lancée, et plus de cent projets ont été enregistrés, dont trente démarrent dès cette année. Un conseil national des parcs et jardins a également été formé l'an passé pour mieux valoriser les multiples jardins de l'Hexagone, tandis que la manifestation « Rendez-vous aux jardins » - reconduite pour sa seconde édition en juin sous l'égide du ministère - a accueilli 600 000 visiteurs.

Un portail culture sur l'Internet

Témoin de l'effervescence culturelle qui sévit sur l'ensemble du territoire, un portail « culture. fr » a été créé le 7 octobre dernier, référençant 5 000 sites, 10 000 manifestations, 1 000 musées et recevant déjà plus de 13 000 visiteurs par jour. En outre, le ministère de la Culture, constatant le déséquilibre dans l'aménagement du territoire et dans l'intervention financière de l'État en matière de spectacle vivant, entend davantage tenir compte de la disparité des situations pour attribuer son concours. Un label « Festival d'intérêt national » devrait désigner les manifestations majeures de notre pays. Et la réforme du régime de l'intermittence du spectacle, actuellement en renégociation, risque d'obliger les collectivités territoriales à repenser l'intervention publique en faveur du spectacle vivant. Enfin, la diminution des effectifs de l'administration centrale du ministère de la Culture est en marche au profit de services déconcentrés. Les réformes sont programmées pour cette année.

L'Union européenne elle aussi souhaite participer au développement des régions en finançant des projets culturels via ses fonds structurels. Des équipements de proximité aux projets d'actions dans les domaines du patrimoine, du livre, des arts, du spectacle et de l'audiovisuel sont cofinancés par ces fonds. Entre 1994 et 1999, ce ne sont pas moins de 220 millions d'euros qui ont été mobilisés par le biais de cette procédure, au bénéfice de projets culturels émanant de dix-huit régions.

Martine Robert

Peu de statistiques analysent action culturelle et territoire

« Les grandes institutions culturelles parisiennes commencent à essaimer sur le territoire », se félicitait encore en mars l'ex-ministre de la Culture, Jean-Jacques Aillagon. Il ajoutait : « j'ai inversé la clé de répartition des investissements entre Paris et la province, au profit de cette dernière ». Certes, mais n'est-il pas étonnant, pour un ministre qui a fait de la décentralisation culturelle l'un de ses chevaux de bataille, de ne pas avoir mis en place de statistiques complètes de l'action culturelle région par région, département par département ?

« Le ministère ne s'est jamais posé la question sur la part de chaque collectivité territoriale dans le financement de la culture, par exemple », confiait Muriel Jenthon, ex-conseillère technique à l'action territoriale auprès de Jean-Jacques Aillagon. « Nous avons bien lancé deux régions tests, Midi-Pyrénées et la Lorraine, pour essayer d'y voir plus clair sur les financements, les circuits de décision, la programmation culturelle, mais c'est encore trop tôt pour avoir des résultats. Notre objectif est de parvenir à mutualiser davantage les efforts de l'État et des collectivités. Le diagnostic est lancé, mais les chiffres sont difficiles à compiler, nous les rendrons publics fin 2004», annonçait-elle. M.R.

www.lesechos.fr/regions/atlas/atlas_07_06_2004.htm

 "Pour une République territoriale : l'unité dans la diversité", par MERCIER (Michel), RAPPORT D'INFORMATION DU SENAT 447 tome 1 (1999-2000) - MISSION COMMUNE D'INFORMATION - 

V. LA CULTURE

A. L'INTERVENTION DES COLLECTIVITÉS LOCALES A PRIS SON ESSOR AVANT LA DÉCENTRALISATION

B. LES PRINCIPES RETENUS PAR LES LOIS DE DÉCENTRALISATION

1. La confirmation des compétences exercées par les collectivités territoriales dans le domaine culturel

2. Des compétences partagées

3. Des compétences encadrées

4. L'évolution depuis 1983

5. Les cas particuliers des départements d'outre-mer, puis de la Corse

C. LES FAITS  : DYNAMISME ET EFFICACITE DE L'ACTION CULTURELLE DES COLLECTIVITES LOCALES, RETICENCE DE L'ETAT

1. Un dynamisme local avéré

2. L'emprise de l'Etat

par Théâtre Passion publié dans : L'action des collectivités territoriales
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Commentaires

Aucun commentaire pour cet article

Trackbacks

Aucun trackback pour cet article

Texte libre


Copyright Théâtre Passion

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
blog rêver sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus